‹ La génération humaine (volume 2)Chapitre 8 sur 50 · I.A GÉNl’ltATIÜN HÜ.MAIM · texte numérisé non relu

I.A GÉNl’ltATIÜN HÜ.MAIM

UI^AIVO. llYI»OSI»AI>IAS. UALA!%!IXK. VÊOETAXIOIVS.

Le gland (8, fig. 24) coiffe l’extrémité antérieure des corps cavernei à la manière d’un casque. Il fait saillie hors de la peau de la verg comme le fruit du chêne hors de sa capsule : ressemblance qui a m< tivé sa dénomination.

Fig. 24. — Coupe antéro-postérieure des organes sexuels de l'hoinuie. (Riclict )

i. Vessie. — 2. ncctum. — 3. Anus. — .4. Vésicule séminale — 5. Prostate. — 0. Porlio prostatique do l’urèthre. — 7. Bulbe de rurètlire. — 8 Gland. — 9. Fosse navicul aire.

La forme conique qu’il présente a pour but de faciliter son intromission dans l’étui vaginal de la femme ; sa base est circonscrite pai un rebord saillant, appelé couronne, et son sommet est percé de l’ouverture antérieure de l’urèthre ou méat urinaire. Cet orifice peut, dans certains cas, s’ouvrir à une distance plus ou moins éloignée di; sommet du gland, et, selon qu'il occupe la partie inférieure ou supérieure de la verge, il constitue les vices de conformation connus sous les noms d'hypospadias et d'épispadias (de 67:0, sous, ïi:\, sur et irzâw, je divise).

■' Ces anomalies entraînent avec elles l’inaptitude à la fécondation, parce qu’elles s’opposent au jeu régulier de l’éjaculation et que, pendant cet acte, le sperme est déposé au dehors du vagin. Henri H était

ORGANES GÉNITAUX DE l’IIOMME.

hypospade, et ce ne fut qu’en suivant les conseils de son médecin Fernel, que la reine Catherine de Médicis eut plusieurs rejetons, après onze années de stérilité.

Le gland est revêtu d’une membrane muqueuse très-mince recevant un grand nombre de rameaux nerveux; aussi jouit-il d’une exquise sensibilité. L’épiderme de cette membrane s’épaissit chez les personnes qui ont le gland à découvert. Cette conformation émousse quelque peu la sensibilité de cet organe ; mais elle a l’avantage de le mieux préserver de la contagion syphilitique. La muqueuse du gland est le siège fréquent de productions charnues végétantes (tig. 2o), auxquelles on a donné les noms de choux-fleurs, poireaux, framboises, crêtes de coq, selon leur forme. Cette membrane est souvent aussi envahie par l’inflammation et donne lieu, dans ce cas, à la balanite (de Sâ/a;o;. gland).

Fij. io. — Végétations de la base du gland. (Fort.)

muquiîuse de E’ERÈximE. — Le canal de l’urèthre est tapissé, dans toute son étendue, d’une membrane muqueuse de couleur blanchâtre dont la surface est hérissée d’un grand nombre de papilles recouvertes d’un vernis épithélial que rinflararaation fait tomber. L’urine est alors en contact avec les papilles nerveuses mises à nu et détermine, à son passage, l’excessive cuisson qui a valu à Yurélhrite ou blennorrhagie (de pXÉvva, mucus et prjYrjp.t, je chasse dehors) le nom vulgaire de «chaude-pisse B. Delà encore l’expression populaire «pisser des lames de rasoir».

A l’état normal, la sensibilité de l’urèthre est assez vive; aussi le premier cathétérisme est-il très-pénible ; mais cette sensibilité s’émousse à la longue et permet aux individus alfectés de rétention d’urinr, 1 introduction journalière des sondes sans provoquer de douleur.

LA GÊNÉUATION HUMAINE.

Slh toute la circonférence de l’urèthre sont disséminées les dépressions et les ouvertures de diverses grandeurs que nous avons signalées en décrivant chaque portion de ce canal. Les plus importantes peuvent aiiêter le bec de la sonde dans le cathétérisme et devenir l’origine de fausses routes plus ou moins graves. Sur la paroi supérieure, on lencontre la valvule de Guérin (tig.^3) et les lacunes de Morgagni ; sur la paroi inférieure, le cul-de-sac du bulbe, les embouchures des canaux éjaculateurs et l’orifice de Vutricule prostatique. D’où le précepte de faire suivre au bec de la sonde la paroi inférieure de l’urèthre dans la partie antérieure de ce canal et la paroi opposée dans la partie profonde.

De nombreuses fibres élastiques sont disséminées dans l’épaisseur de la membrane muqueuse et donnent au canal de l’urèthre la grande dilatabilité qui lui permet de recevoir des instruments plus volumineux que son. calibre ordinaire. En outre, la muqueuse uréthrale est doublée, dans toute son étendue, d’une couche de fibres musculaires lisses, disposées en faisceaux longitudinaux, qui rétractent cette membrane lorsque la verge est à l’état de flaccidité. Ce sont les contractions de ces fibres musculaires qui font tomber dans la vessie les corps étrangers (cure-dents, épis de blé, porte-plumes) que des individus dépravés s’introduisent par le méat urinaire. Afin d’éviter cet accident aux sondes placées à demeure dans la vessie, il faut prendre la précaution de les fixer solidement, soit en les attachant aux poils du pubis, soit en les retenant à la verge elle-même avec des bandelettes de diachylon ou un appareil spécial (fig. 26).

La muqueuse uréthrale reçoit les mêmes nerfs Fig. 26. — Fi.w-sonde que la vessie ; c’est pourquoi toute irritation du col

en caoutchouc. . . , ,

vésical, comme on l observe dans la pierre, donne lieu à une pénible démangeaison du gland. Cette sensation peut être comparée à l’illusion bien connue des amputés, qui éprouvent de la douleur à l’extrémité du membre dont ils ont été privés.

DE EA BLENNORRHAGIE. — Plus connue SOUS les noms de chaude-pisse, àQ coulante, d'échaiiffement ou de gonorrhée (de yivoc, semence et peTv, couler), la blennorrhagie est une inflammation spéciale de la muqueuse uréthrale. Cette affection a pour cause habituelle les excès vénériens ; c’est dire qu’elle a existé de tout temps.

Moïse semble y faire allusion dans ce passage du Lévitique :

OUUANES UtNITAUX DK l’hOMME,

« L’homme affecté d’un écoulement de semence sera déclaré impur ; on reconnailra qu’il est affecté de ce mal <à ce qu’une humeur impure s’attachera à sa personne... Tous les lits où il dormira, tous les endroits où il se sera reposé, seront impurs... Vous apprendrez aux enfants d’Israël à se garder de l’impureté, afin qu’ils ne meurent pas dans leurs souillures. »

Le flux menstruel et les flueurs blanches, mais plus rarement que les excès vénériens, provoquent aussi l’uréthrite et souvent, comme l’a dit Ricord, en parodiant un axiome bien connu , « la plus belle femme du monde peut donner ce qu’elle n’a pas. »

« Telle femme inotîensive pour l’un, fait remarquer d’autre part M. A. Fournier, donne ou mieux semble donner une chaude-pisse à tel autre, qui s’est « échauffé » davantage avec elle, qui s’est livré au coït après des libations immodérées, qui d’ailleurs présente une prédisposition évidente à la maladie soit en raison de son tempérament, soit par suite d’une conformation spéciale de la verge, soit enfin comme conséquence de blennorrhagies antérieures. C’est là l’éternelle histoire de la femme mariée qui ne donne rien à son mari, et de laquelle reçoit la chaude-pisse un amant plus passionné. Cela explique encore pourquoi la blennorrhagie se prend bien plus souvent avec une maîtresse, près de laquelle on s’excite, que dans le rapport avec une fille publique, rapport habituellement unique, froid, et rapide. »

Ainsi, cet auteur a recherché l’origine de la blennorrhagie dans 387 cas, et il a trouvé que 12 avaient été contractées avec des filles publiques, 2(i avec des femmes mariées, 41 avec des domestiques, 44 avec des prostituées clandestines, 126 avec des ouvrières et 138 avec des filles de théâtre et des filles entretenues. Quant à la fréquence de la blennorrhagie, elle est telle que Lisfranc a pu dire que sur 100 individus, il y en a au moins 80 qui l’ont eue, qui l’ont ou qui l’auront.

Ricord a spirituellement groupé les causes nombreuses qui développent la blennorrhagie dans sa célèbre recette "pour attraper la chaude-pisse. « Voulez-vous, disait-il, attraper la chaude-pisse ? en voici les moyens : prenez une femme lymphatique, pâle, blonde plutôt que brune, aussi fortement leucorrhéique que vous pourrez la rencontrer ; dînez de compagnie ; débutez par des huîtres et continuez par des asperges ; buvez sec et beaucoup de vins blancs, champagne, café, liqueurs, tout cela est bon ; dansez à la suite de votre repas et faites danser votre compagne; échaufl'ez-vous bien, et ingérez force bière dans la soirée ; la nuit venue, conduisez-vous vaillamment; deux ou trois rapports ne sont pas de trop, et mieux vaut davantage ; au réveil, n’oubliez pas de prendre un bain chaud et prolongé; ne négligez

LA GÉNÉItATlON lllIMAlNl!:.

pas non plus de faire une injection; ce programme rempli consciencieusement, si vous n’avez pas la chaude-pisse, c’est qu’un Dieu vous protège.»

On tirera facilement de ces conseils donnés sous une forme plaisante, les principes hygiéniques qui doivent être suivis pour éviter l’uréthrite. Nous rappellerons en même temps ce précepte de l’école de Salerne : PoSt coitum si mingas apte servabis urethras. (En urinant après le coït vous conserverez l’urèthre en bon état.) Il sera prudent aussi d’observer la loi inscrite par Moïse dans le Lévüique : « La femme qui souffre ce qui, dans l’ordre de la nature, arrive chaque mois, sera séparée de son épou.v .» Enfin on fera bien de se souvenir des recommandations faites par M. Langlebert dans ses Lettres à Emile : « L’amour prudent doit être alerte et égoïste. Point de pause, de retard volontaire... Et aussitôt après, au moment propice où l’amour quitte son bandeau, où le regret succède à l’enseignement, où le désir satisfait fait place à la crainte, vite, vite 1 un lavage complet, attentif, minutieux, plusieurs fois répété, de toutes les surfaces que le virus a pu toucher, de tous les plis et replis où il a pu se glisser. Pas une minute, une seconde à perdre, les instants sont précieux : fugit irreparabile tempus ! »

Il peut arriver que la blennorrhagie passe à l’état chronique, elle constitue alors la blennorrhée. Gomme cette affection est caractérisée par un léger suintement de pus qui apparait surtout le matin au méat urinaire, on lui donne communément le nom de goutte matinale ou goutte militaire.

ARTICLE III nÉSERVoms nu sperme.

VÉSICUÏ.ES SÊMI.XAlEES. EEER FORME EX EEER SXREC-

XERE. — Les vésicules séminales (5, lig. 27) sont deux poches membraneuses destinées à recevoir le sperme. Elles ont la forme d’une poire très-allongée dont le sommet ou col se confond avec l’extrémité terminale des canaux déférents (6) et communique avec les conduits éjaculateurs (m, fig. 1).

A la coupe, les vésicules séminales paraissent constituées par des loges cellulaires communiquant toutes entre elles ; mais en réalité elles sont formées d’un canal flexueux de 10 centimètres de long, qui reçoit de nombreux diverticules auxquels ces vésicules doivent leur aspect bosselé.

Les parois des réservoirs spermatiques sont, en grande partie, coin-

ORGANES GÉNITAUX DE u’UOMME. 1

posées de fibres musculaires qui se contractent pendant l’éjaculation pour lancer le sperme dans l’urèthre. Les contractions de ces fibres sont indépendantes de la volonté ; aussi est-il impossible d’arrêter l’émission du sperme dès qu’elle est commencée.

SITUA.XIOIV EX JRAÏ*PORXS OES VÉSICULES SÉSIIWEES. —

Les vésicules séminales (4, fig. 24) sont placées entre le rectum et la vessie à laquelle elles

adhèrent intimement. 1

Ces rapports j ermettent d’une part, de reconnaître, à l’aide du toucher rectal, les atl'ections des vésicules séminales, les tubercules par exemple, et expliquent, d’autre part, l’écoulement involontaire du sperme au moment des etibrts de la défécation, ainsi que les érections matinales résultant de la compression de ces vésicules par l’accumulation de l’urine dans la vessie.

Fig. 27. — Face postérieure de la vessie.

1. Vessie. — 2. Uretères. — 3, 4. Prostate. — 3. Vésicules séminales. — 6. Canaux déférents.

ARTICLE IV

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