APPAREIL DE L’ ACCOUPLEMENT
»E LA AfERGE. — L’appareil qui sert è porter le liquide spermatique dans les voies génitales de la femme est la verge ou membre viril. En latin, il porte les différents noms de mentula, virga, membrum virile, priapiis, colis, fascinus, mute, verpa, hosta et pénis.
Flasque et pendante à l’état de repos, la- verge s’allonge et se redresse à l’état d activité.
Ses dimensions varient selon les individus, et ne sont pas toujours proportionnées au reste du corps. En général même, la verge des hommes trapus est plus développée que celle des hommes de haute taille.
LA GKNÉKATION HUMAINE.
De tout temps, on a remarqué qu’il existait un certain rapport entre le volume du nez et celui du membre viril, ainsi que le constate cet axiome des anciens :
Noscitur ex naso quanta sit liasta viri.
En Italie, il existe un adage analogue : Al nazzo cognoscete il cazzo.
De même, un poète du seizième siècle a dit ;
Regarde au nez et tu verras combien
Grand est cela qui aux femmes convient.
j.,a physiologie nous apprend aussi que le développement de l’appareil vocal est étroitement lié à celui de l’appareil génital et que, jusqu’à un certain point, on peut conclure de l’intensité de la voix au degré de la virilité ; les eunuques, par exemple, ont tous la voix efféminée.
Certaines maladies, comme l’hydropisie et les hernies volumineuses, tendent à diminuer le volume de la verge ; d’autres, au contraire, l’augmentent considérablement, par exemple l’éléphantiasis.
La structure de la verge comprend ; l** les corps caverneux (fig. 18), qui recouvrent la portion spongieuse de l’urèthre, et lui servent de tuteurs ; 2° les enveloppes ou fourreau de la verge.
1“ CORPS CAVERIVECX 9- 1
Fig. 28. — Conpe de la verge pendant l’érection.
l. Pean. — 2. Cnuclie musculaire. — 3, 7. Enveloppe libreuse. — i- Paroi des corps caverneux. — S. Cloison des corps caverneux — 0 Conpe de l’iirothie. — 7. Coupe de la veine dorsale superficielle de la verge.
8. Coupe de l’artère dorsale et des veines dorsales profondes.
. EECR COIVFORMAXIOTV. — LcS COPpS
caverneux représentent à peu près les deux tiers du volume de la verge. Ils ont la forme de deux cylindres adossés comme les canons d’un fusil à deux coups. Parfois la soudure de ces organes ne s’effectue pas et chacun d’eux conserve son indépendance ; il en résulte alors une double verge. L’extrémité antérieure des corps caverneux est coiffée par le gland et leur extrémité postérieure se bifurque en deux branches ou racines divergentes (2, lig. 18), qui viennent se fixer aux deux côtés de l’arca le pubienne et assez solidement pour qu’il soit possible de soulever un cadavre par la verge.
structture des corrs c/weriveex. Ces organes sont composés d’une masse de tissu propre contenue dans une enveloppe de nature fibreuse. La cavité circonscrite par cette membrane est divisée
ORGANES GÉNITAUX DE l’hOM.ME.
en deux galeries parallèles, séparées l’une de l’autre par une cloison appelée pectinée (de pecten, peigne), à cause de ses nombreux interstices qui lui donnent une certaine ressemblance avec les dents d un peigne. Cette cloison semble destinée à limiter l’extension de l’enveloppe fibreuse lorsque la verge augmente de volume.
Le tissu propre des corps caverneux est, comme tous les tissus érectiles, constitué par des fibres s’entrecroisant en tous sens et formant des aréoles ou petites cavernes analogues aux vacuoles d’une éponge. Delà vient le nom de corps caverneux donné à ces organes. Les espaces aréolaires qu’ils renferment communiquent tous entre eux, ainsi qu’on le démontre en poussant une injection d’eau par un point quelconque de l’enveloppe fibreuse. On voit alors la verge se gonfler et prendre le développement qu’elle acquiert pendant Vérection, « dans l’état où les femmes la demandent » , selon 1 expression de Dionis.
Chez cei'tains animaux, comme le chien, la baleine, la chauve-sou-
ris, etc., la verge acquiert au moment de l’érection, une rigidité considérable, due à la présence d’un 03 pointu, l’os du pénis (fig. 29), qui est logé dans l’extrémité terminale des corps caver-
Fig. 29. — Os du pénis dn chien.
a, a. Rainure dn bord inférieur. — b. Extrémité antérieure. — c. Extrémité postérieure.
neux.
2“ einveloppes de ea -verge. — Les enveloppes de la verge qui servent de fourreau à cet organe sont au nombre de quatre : les enveloppes élastique, celluleuse, musculaire et cutanée.
I. L’enveloppe élastique est la plus profonde ; elle unit intimement la portion spongieuse de l’urèthre à la partie inférieure des corps caverneux. C’est elle qui, par sa résistance, donne à la verge sa conformation extérieure et limite son extensibilité.
IL L’enveloppe celluleuse ne contient jamais de graisse ; aussi dans l’obésité, la verge est-elle la seule partie du corps qui conserve un volume normal. Cette enveloppe donne à la peau du pénis sa grande mobilité et lui permet de sui-vxe toutes les variations des corps caverneux. Elle est l’analogue du tissu cellulaire sous-cutané des autres régions, et ses mailles s’infiltrent de sérosité dans les hydropisies qui s'étendent à la verge.
III. L’enveloppe musculaire, ou muscle péri-pénien, a la même structure que le dartos des bourses: elle est constituée par des fibres circulaires nombreuses, qui deviennent de plus en plus obliques à mesure qu’elles se rapprochent de l’extrémité antérieure de la verge. C’est
LA GlÎNÉnATION HUMAINE.
à l’action de ces fibres que M. Sappey attribue la rétraction considérable de la peau de la verge lorsqu’elle est incisée.
IV. L’enveloppe cutanée a la finesse, la couleur et l’élasticité de la peau des bourses. Elle est dépourvue de poils qui, s’ils existaient, rendraient les rapports sexuels douloureux.
La peau de la verge est sillonnée en tous sens d’innombrables vaisseaux lymphatiques qui aboutissent, comme ceux du scrotum, aux ganglions de l’aine ; aussi les chancres du fourreau de la verge (fig. 30) déterminent-ils l’engorgement de ces glandes et donnent-ils lieu aux adénites inguinales (de à^hv, glande) ou bubons (de (îou%v, aine). La peau de la verge est, on le sait, le siège de prédilection des premiers accidents de la syphilis. Cette maladie ne se propage qu’à la suite d’un contact sexuel avec un sujet infecté, mais non à distance, comme on le pensait autrefois. Ainsi en 1520, le cardinal Wolsey eut à comparaître devant la Chambre haute, parce qu’il était accusé d’avoir voulu communiquer la syphilis, dont il était atteint, à Henri VIH, en lui parlant bas à Toreille.
PRÉPUCE. RERPÈs pRÉpuxiAi-iK'. — A l’extrémité de la verge, les enveloppes celluleuse, musculaire et cutanée se - replient sur ellesmêmes pour former au gland une gaine protectrice appelée calotte du
l-'ig. su. — liuboDS (lu chancre syphilitique. (D’après Cullerier.)
1. Chancre du fourreau de la verge. — 2. Pléiade ganglionnaire.
ORGANES GÉNITAUX DE l’hOMME.
1 J ^rénurp Mp Dræ avant et putium, membre viril). Après “n«e dt a soT,'la peaa Zt les caracléres d'une mem- Itrp et vient se terminer à la base du gland, ou elle se
Lfond avec l’enveloppe de cet organe. Il résulte de cette JO^^bon un ruWe-sac circulaire dans lequel «’-cumule. chez les personr^^^^^^^^^^ soi-neuses, une matière blanchâtre qui a la consistance du fromage raou et une odeur très-fétide ; cette matière est connue sous le nom de smegrna préputial. Elle est sécrétée par les glandes du prepuce qui s’ouvrent dans ce sillon. Ce produit de sécrétion irrite parfois la muqueuse préputiale et détermine une éruption de vésicules d herpès qui laissent, en se crevant, de petites excoriations prises souvent pour des ulcérations syphilitiques. Vherpès préputialis peut aussi survenir à la suite d’un accès fébrile, comme on l’observe pour 1 herpès labialis, appelé communément « bouton de fièvre » , qui occupe le pour tour des lèvres.
Le prépuce adhère à la portion spongieuse de l’urèthre par un repli triangulaire nommé frein ou filet. S’il remonte jusqu’au méat urinaire, il s’oppose au « décalottement » du gland et doit être excisé. Le plus souvent, l’opération est inutile, et il se déchire de lui-même pendant le premier rapprochement sexuel, en déterminant une petite hémorrhagie.
DE D’i^FiBiJEiAxioNi. — Les reügieux turcs calenders se passaient à travers les lèvres de l’orifice préputial un anneau de fer qui les obligeait à la continence. De même à Rome, on appliquait 1 infibulation (de fibula, boucle) aux jeunes gens pour empêcher la masturbation et le coït prématuré, aux gladiateurs et aux chanteurs pour conserver leur vigueur ou leur voix.
Les dames romaines étaient, parait-il, très-friandes des acteurs et tenaient beaucoup à les défibuler, dans l’espoir, dit Broca, de recueillir tous les profits de la continence longue et forcée qui leur était imposée. Elles faisaient aussi infibuler leurs esclaves pour être assurées qu'ils ne se fatigueraient pas avec d’autres femmes.
Voici, d'après Celse, le mode opératoire de cette pratique singulière: « On perce le prépuce avec une aiguille chargée d’un fil ; on noue ensuite les deux bouts de ce fil qu’on a soin de mouvoir tous les jours, jusqu'à ce que les bords des trous qu’on a ouverts soient cicatrisés. Alors, on ôte le fil qu’on rem p ace par une boucle qui sera d’autant meilleure qu’elle sera plus légère. »
Diimiosis EX PAEt AmiiMosis. — L’orifice du prépuce est parfois trop étroit (fig. 31) pour permettre au gland de se découvrir : cet
État caractérise le phimosis (de (pipow, je serre). Il paraît que Louis XVI était atteint de ce vice de conformation. Si, à la suite d’efforts
plus ou moins violents, chez un sujet affecté de phimosis, l’orifice préputial a été ramené en arrière du gland, cet organe subit un étranglement qui le fait augmenter de volume et empêche le prépuce de revenir à sa place primitive :
d’où l’affection connue sous le nom de paraphimosis (de Tra/ià, au delà et tpi^ow, je serre). On réduit le paraphimosis en cherchant, de la main gauche, à ramener le prépuce en avant, pendant que le pouce de la main droite refoule le gland en arrière (fig. 31).
Le phimosis est souvent compliqué de Fig. 31- — Réduction du paraphimosis. hdlttflO-pOSthitC (de j3a).avoc, gland et
1. Main gauche tenantia verge em- prépuce), par Suite de l’accumu-
brassée. — 2. Main droite répons- latiou du smegma préputial et de la stagsant le gland. nation prolongée de l’urine dans la cavité
du prépuce. Il peut encore s’y déposer des graviers qui, quelquefois, finissent par acquérir un volume considérable ; Duméril en a vu un qui pesait 225 grammes. Enfin, l’étroitesse de l’orifice préputial s’oppose à l’éjaculation du sperme et peut être, chez l’homme, une cause de stérilité. On remédie à ces divers inconvénients par la circoncision (de circum, autour et cœdere, couper).
oE EA ciRcoiv’cisioiv. — Cette opération consiste à enlever un lambeau annulaire, plus ou moins grand, du prépuce (fig. 32) ; puis à réuni-’ les bords de la plaie avec despinces en argent, dites serresfines, îovmaüt autour du gland une circonférence de petits instruments piquants, que Ricord compare à une couronne d’épines. On sait que la circoncision est l’équivalent du bapteme catholique dans les religions juive et mahométane. Chez les Israélites, la circoncision se fait le huitième jour après la naissance ; elle s’effectue , comme le baptême catholique, en présence d’un parrain et d’une marraine. Le mohel, (d’un mot hébreu qui signifie tailler), après avoir fait quelques légères frictions sur la verge de 1 enlant, sans doute pour la mettre en érection, coupe (llüonch) avec un couteau l’enveloppe cutanée du prépuce et en déchire (Periah) avec l’ongle l’enveloppe muqueuse qui reste appliquée sur le gland ; puis il saupoudre les surfaces avivées
ORGANES GÉNITAUX DE l’hOMME. 47
d'une pondre astringente et les maintient en conlact à l’aide de plusieurs bandelettes.
Il y a quelques années, le mohel terminait 1a circoncision par la succion '{Mezirah) de l'a plaie avec la bouche ; mais cette pratique repoussante a été supprimée parce, qu’elle exp isait à la contagion des maladies vénériennes. Les Archives israélites de 1812 et 1843 ont cité plusieurs faits de transmission de la syphilis soit du mohel à 1 enfant, soit do ce dernier au premier.
F;g. 32. — Opératioa de la circoncision. — Fig 33. Pliimosig.
1. rinces alliranl le prépnee. — 2 Pinces à pression armées rie dents — 3. Partie exnliérante du prépuce. — 3 . Cette même partie après la section. (Figures tirées de la Médecine opératoire de M. Fort.)
Cette opération est un des nombreux exemples des rapports fréquents qui existent entre les | réeeptes religieux et ceux de l’hygiène. Elle a, en elfet, l’avantage de faire acquérir à la muqueuse du gland une certaine résistance, qui rend cette membrane moins apte à l’absorption du virus syphilitique. M. Hutchinson a remarqué dans un hôpital de Londres, situé au milieu d’un quartier habité par beaucoup de juifs, que, chez eux, la syphilis était plus rare que chez les autres habitants du même quartier. La circoncision restreint donc la propagation des maladies vénériennes. Elle peut, en outre, servir de moyen préservatif et même curatif de l’onanisme : car, en évitant l’accumulation du smegma à la base du gland, elle s’oppose à l’irritation qui porte les enfants à exercer sur la verge des tiraillements répétés et leur fait contracter de mauvaises habitudes.
ARTICLE V
PÉRINÉE DE l’homme.
On désigne sous le nom de périnée (de irepc, autour et vaûç, temple), toutes les parties molles qui ferment l’orifice, ou détroit inférieur, du bassin.
Il se compose de quatre feuillets aponévrotiques séparés les uns des
autres par une couche musculaire ; ce qui fait sept plans superposés.
La multiplicité de ces couches membraneuses, a pour effet d’augmenter la résistance du plancher pelvien.
En allant de l’extérieur vers les parties profondes, nous rencontrerons dans le périnée de l’homme les couches suivantes :