ORGANES GÉNITAUX INTERNES
Ces organes, sont renfermés dans une cavité osseuse appelée, le bassin (fig. 65) ; ils se composent : 1° des ovaires (fig. 64), glandes dans lesquelles se forment les œufs humains ou ovules ; 2" des trompes utérines
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rine, 3 \ utérus ou matrice, organe dans lequel séjourne l'œuf,
Du bassin. — Le bassin (de baccinum, cuvette), que Michelet appelle, chez la femme, « la profonde coupe d'amour », est un canal courbe, situé entre le tronc et les membres inférieurs, auxquels il sert de point d'appui. Sa largeur est plus considérable chez la femme que dans le sexe masculin ; il en résulte une obliquité plus grande des cuisses qui donne à sa démarche, surtout lorsqu'elle fait de grands pas, une certaine ressemblance avec la progression des oies. Le D"" Porak, plus galant, exprime la même idée en disant que « courir est la seule chose qu'une femme ne puisse faire avec grâce. »
La charpente osseuse du bassin est formée de quatre os : le sacrum^
Fio. G4. — Organes génitaux internes do la femme.
G. Col de l'utérus. — L. Ligament large du côté gauche. — L. Ligament large du côté droit (La plus grande partie de ce ligament a été enlevée). — M. Ligament de l'ovaire droit. — 0, 0'. Ovaire. — P, P. Pavillon de la trompe. — R, R. Ligament rond. — T, T. Trompe. — U. Corps de l'utérus. — V. Vagin, incisé de bas en haut. — V. Colonne médiane do la face postérieure du vagin.
ainsi appelé parce que la région qu'il occupe était offerte aux dieux dans les sacrifices d'animaux ; le coccyx^ qui doit son nom à sa ressemblance avec le bec d'un coucou [cuculus) ; et les os coxaux (de coxœ,
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hanches), qui sont des os plats, tordus sur eux-mêmes, à la façon des ailes d'un moulin à vent (fig. 66).
Les os coxaux sont eux-mêmes divisés, dans l'enfance, en trois pièces qui se soudent chez l'adulte : ce sont le pubis [de pubère, commencer à avoir du poil), ainsi nommé parce qu'il correspond au mont de Vénus qui se recouvre de poils à la puberté ; Vischion (de la/^tov, hanche), dit « os de l'assiette», nom qu'il doit à ce qu'il est terminé par une grosse tubérosité sur laquelle repose le corps dans l'attitude assise ; et Vilion (de ilia, flancs), qui s'articule en arrière avec le sacrum.
Fig. 65. — Surface intérieure du bassin.
A. Dernière vertèbre lombaire. — B. Fosse iliaque inlerne. — C. Épine iliaque antérieure et supérieure. — D. Épine iliaque antérieure et inférieure. — E. Éminence ilio-pectinée. ■ — F. Épine du pubis. — G. Symphyse pubienne. — H. Grand ligament saoro-sciatique. — I. Petit ligament sacro-sciatique. — K. Grand trou sciatique. — N. Petit trou sciatique. — 0. Pointe du coccyx.
Division du bassin. — La cavité du bassin est évasée dans sa partie supérieure et rétrécie dans sa partie déclive ; d'où sa division en deux régions distinctes : le grand bassin et le petit bassin (fig. 67).
Le grand bassin loge les dernières circonvolutions de l'intestin grêle, le cœcum ou commencement du gros intestin et le côlon iliaque; il contient, en outre, le muscle psoas iliaque (fig. 68) et les vaisseaux iliaques qui se rendent dans les membres inférieurs.
hepetit bassin ou excavation pelvienne [depelvis, bassin), comprend
tous les organes internes de la génération. Il renferme, de plus, en avant, la vessie et en arrière, le rectum ou portion terminale du gros intestin.
L'excavation pelvienne est limitée, en haut et en bas, par deux ouvertures nommées détroits (fîg. 65), parce qu'elles sont moins larges que la cavité intermédiaire qui les sépare. De telle sorte que l'on peut comparer la forme générale du petit bassin à celle d'un tonneau dont le centre est plus bombé que les extrémités.
Le détroit supérieur sert de ligne de démarcation au grand et au petit bassin. Il présente une échancrure postérieure due à la saillie de l'articulation du sacrum avec la dernière vertèbre lombaire ou angle sacrovertébral : cette particularité l'a fait comparer à un cœur de cartes à jouer, ou encore, selon Vésale, à un plat de barbier.
Sur un bassin revêtu de ses parties molles, c'est le diamètre oblique qui présente, au détroit supérieur, la plus grande longueur. Nous verrons bientôt la conséquence de cette disposition anatomique.
he détroit inférieur (fîg, 69) est comblé par des parties molles qui forment le plancher du bassin et dont l'ensemble constitue le périnée. Quoique très extensible, cette cloi=on, que Chailly a comparée à une toile d'araignée, se laisse quelquefois déchirer pendant l'accouchement ;
Fio. 66. — Os oxal dans l'enfance.
A. Ilion. — B. Pubis. — G» Ischion.
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aussi, le médecin doit-il avoir bien soin de soutenir cette région, lors du passage da l'enfant. La forme du détroit inférieur est à peu près circulaire; mais le diamètre antéro-postérieur gagne, parle refoulement du coccyx en arrière, jusqu'à deux centimètres au moment de l'accouchement et peut être considéré comme le plus grand diamètre du détroit inférieur.
En vertu de la loi, si bien formulée par le professeur Pajot, sur l'adaptation des formes et dimensions du contenu aux formes et à la capacité du contenant, on conçoit pourquoi les parties les plus dévelop-
FiG. 67. — Bassin. La partie antérieure a été enlevée.
k. Fosse iliaque interne. — B. Section de l'os. — G. Grand ligament sacro-sciatique. — D. Petit ligament sacro-sciatique. — E. Grand trou sciatique. — F. Dernière vertèbre lombaire. — G. Ligament ilio-lombaire. — H. Ligament sacro-vertébral.
pées du fœtus se dégagent, pendant l'accouchement, au détroit supérieur suivant la direction du diamètre oblique, tandis qu'arrivées au détroit inférieur, elles se dégagent selon l'axe du diamètre antéro-postérieur. Cette loi de l'adaptation rend compte du mouvement de rotation qu'exécute la tête, lorsqu'elle a franchi la vulve; ce mouvement résulte du passage des épaules au détroit supérieur suivant son diamètre oblique. C'est une manœuvre analogue à celle que l'on exécute pour passer entre les barreaux d'une grille : on engage d'abord la tête de face, puis on fait subir au corps une rotation de 90° pour le passage des épaules.
Tous les livres d'anatomie disent que le petit bassin, recouvert de ses parties molles, présente une courbure, fortement accusée en avant, qui indique la direction prise par l'enfant pendant l'accouchement (fig. 70). Ainsi l'enfant suivrait dans la moitié supérieure une ligne LG, qui irait de l'ombilic au coccyx, et, dans la moitié inférieure, une autre ligne AN, qui irait de l'angle sacro-vertébral à l'orifice vulvaire. Or, cette direction que prend l'enfant tient non pas à la courbure du bassin qui est cylindrique, comme Fabbri l'a démontré, en prenant le moule en plâtre de plusieurs bassins de femmes mortes en couches,
Fig. 68. — Bassin revfitu de ses parties molles.
A. Aorte. — B. Veine cave inférieure. — P- Muscle psoas. — I. Muscle iliaque. — R. Rectum. —
U. Utérus. — V. Vessie.
mais à l'angle formé par les axes du vagin et de l'utérus, ainsi qu'on peut le voir sur la figure 59. Cet angle explique pourquoi les instruments qui doivent pénétrer dans cette cavité sont recourbés à l'une de leurs extrémités. L'ignorance de ce fait est la cause d'ace dents mortels chez les personnes qui, dans un but d'avortement, se servent de tiges métalliques rectilignes qu'elles dirigent vers la matrice : au lieu d'atteindre cet organe, elles perforent la paroi postérieure du vagin et pénètrent dans la cavité abdominale.
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La largeur du petit bassin est la même, quelle que soit la taille de la femme; sa longueur seule est différente. Mais de ce que le trajet à parcourir est plus court chez les femmes de petite taille, on ne doit pas en conclure, comme on le fait communément, que l'accouchement
FiG. 69. — Détroit inférieur du bassin.
de'celles-ci est moins laborieux que celui des autres. Chez les femmes grasses, l'accouchement est plus lent que chez les femmes maigres parce que les premières ont de l'inertie utérine et non, comme on le croit généralement, parce que les organes du bassin sont entourés
d'une graisse abondante qui réduit d'autant les dimensions du canal pelvien et ralentit la descente de l'enfant.
Vices de conformation du bassin. — Sous l'influence de Vostéomalacie (de oWov, os, et iJ.aXay.ov, mou), ou ramollissement des os, et du rachitisme [de ^ijiz, épine), ou arrêt dans l'évolution du tissu
A. Angle sacro-vorlébral. — B. Poinl où l'axe du détroit supérieur tombe sur le détroit. Le même axe roiiiîonire, en arrière, le coccyx. Prolongé en haut, il correspond à l'ombilic en L. — AP. Plan du détroit sup(*rieur. — CM. Plan du détroit inférieur. — DD. Divers plans de l'excavation. — NA. Aie du détroit inférieur. — NVVH. Axe do l'excavation. — HO. Ligne horizontale.
osseux, le bassin peut être vicié par excès amplitude ou par excès dé Irait esse.
Les bassins trop amples se trouvent ordinairement chez les femmes vigoureuses, de vraies viragos aux larges hanches.
Les bassins rétrécis ffîg. 71, 721 le sont dans toutes leurs dimensions ou dans quelques-unes de leurs dimensions, les premiers sont uniformément rétrécis et les autres relativement rétrécis:
1° Les bassins uniformément rétrécis s'observent surtout chez les naines (fîg. 73) ; des femmes de haute taille, en apparence bien faites.
FiG. 70. — Plans et axe de l'excavation pelvienne.
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mais aux hanches étroites, peuvent aussi présenter ce vice de conformation, à la grande surprise non seulement de leur entourage mais
FiG. 71. — Rétrécissement par compression latérale.
FiG. 72. — Réti'éoissemônt par compression antéropostéricure.
même de l'homme de l'art. Les naines comprennent deux variétés :
les rachitiques de beaucoup les plus nombreuses, dont nous parlerons plus loin et les femmes dont le squelette a subi un arrêt dans son développement. Celles-ci sont petites mais bien proportionnées ; leur enfant est ordinairement petit, et dans ce cas, l'accouchement peut être facile: les difficultés du travail chez cette variété de naines dépend donc du volume du fœtus ;
2° Les bassins relativement rétrécis se rencontrent chez les rachitiques, les bossues, les boiteuses, dans Vostéomorlacie et les bassins obliques ovalaires (fîg. 74).
Les rachitiques sont des êtres rabougries, aux os incurvés, aux jambes torses ; leur physionomie a un caractère spécial, grosse tête, front saillant, asymétrie du visage, c'est ce que Pajot
F.a. 73. - Naine do 07 centimètres JPP*^^^^ ^'^^'^ famille deS rachiliqUCS.
ayant subi l'opération césarienne. LcS inCUrvatioilS dOS OS SOUt COmmunCS
aux membres inférieurs,etraresàlacolonnevertébraleetaux bras; les rachiliques sont donc ordinairement droites. Elles ressemblent assez aux ostéomalaciques, mais le rachitisme est une maladie de l'enfance et 1 ostéomalacie ne s'observe que dans l'âge adulte. Tous les accouchements, dès le premier, peuvent être difficiles chez les rachiliques.
V ostéomalacie, au contraire, n'oppose d'obstacle sérieux au travail que chez les multipares et ces difficultés augmentent avec le nombre d'accouchements.
Les boiteuses accouchent ordinairement bien, contrairement à l'opinion populaire. L'accoucheur Peu croyait que les boiteuses étaient
FiG. 74. — Bassin oblique ovalaire de Nœgelé.
plus sujettes à l'avortement que les autres; aussi ne voulut-il pas épouser une demoiselle qui avait une jambe un peu trop courte.
Les bossues comprennent plusieurs variétés ; deux seulement nous intéressent : les scoliotiques et les cyphotiques :
l» hes scoliotiques ou femmes dites en cor de chasse, présentent une inclinaison latérale de la colonne vertébrale ; elles ont une épaule beaucoup plus basse que l'autre; c'est une maladie de l'adolescence qui survient de 15 à 20 ans et n'offre aucun obstacle à l'accouchement. Il n'en est pas de même quand la scoliose estdue au rachitisme, le pronostic est beaucoup plus grave. Ainsi la jeune femme représentée (fîg. 75 et 76) succomba six jours après avoir subi l'opération césarienne par la méthode de Porro ;
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2** Les cyphoiiques ressemblent aux échassiers; les bras sont très longs, le tronc est aplati sur lui-même, mais les épaules sont au même niveau. Il y a les bossues du dos et les bossues des reins: les premières oiit la tête enfoncée dans les épaules; chez les autres, le tronc se porte en avant, et la tête domine les épaules. Les bossues des reins accouchent beaucoup plus difficilement que les bossues du dos.
FiG. 76. — Femme scoliotique.
Les bassins obliques ovalaires (fig. 74) sont très difficiles à reconnaître, même pour les hommes rompus à ce genre d'examen.
Pour reconnaître sur le vivant si un bassin est vicié, il faut en mesurer les principaux diamètres ; on se sert, à cet effet, soit du compas
d'épaisseur de Baudelocque (fig. 77), soit de l'index que l'on introduit dans le vagin, en le dirigeant vers l'angle sacro-vertébral (fig. 78).
Du vagin. Sa situation. — Le vagin est un conduit membraneux destiné à recevoir le liquide fécondant; il permet, en outre.
Fig. 76. — Même femme vue de profil et à terme.
au flux menstruel, de s'écouler au dehors et livre passage au produit de la conception.
Situé dans l'excavation du petit bassin, entre la vessie et le rectum (fig. 59), il s'étend de la vulve au col de la matrice qu'il embrasse à la façon d'une gaîne, en formant un cul-de-sac circulaire dont la con-
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formation rappelle assez bien celle d'un fond de bouteille vue par le goulot. L'extrémité inférieure de ce conduit répond à l'anneau vul-
FiG. 77. — Pelvimètre de Baudelocque.
vaire qui, nous l'avons vu, est en partie obturé par la membrane hymen (fig. 60).
Calibre du vagin. — Le diamètre du vagin est, en moyenne, de 3 à 4 centimètres. Mais les parois de ce canal jouissent d'une élasticité
considérable, puisqu'au moment de l'accouchement, la tête du fœtus, large de 11 centimètres, peut le traverser. C'est celte grande extensibilité qui a permis, dans certains cas, l'introduction de corps étrangers souvent volumineux. Ainsi, Dupuytren a retiré du vagin d'une jeune fille un pot de confiture que des soldats y avaient placé, après l'avoir violée. Quant à l'extrémité inférieure du vagin ou anneau vulvaire, elle est très peu extensible et forme, parfois, le principal obstacle à la sortie de l'enfant. D'après le professeur Richet, ce serait à la rigidité de cet anneau membraneux, et non à la rupture de l'hymen, qu'il faudrait attribuer la difficulté et la douleur de la défloration.
de son introduction.
Longueur du vagin. — Suivant M. Sappey, la longueur du vagin n'est que de 10 centimètres; aussi est-il facile d'explorer, à l'aide de l'index, les différentes parties de ce canal. Chez certaines femmes, le vagin est très court et ne mesure que 4 ou 5 centimètres. On prend souvent cette brièveté congénitale du vagin pour une chute delà matrice et l'on fait porter des appareils nommés pessaires (flg. 79, 80, 81) aux femmes qui présentent celle anomalie, alors qu'elles n'en ont pas besoin. « Tous les jours, dans la pratique, dit Cruveilhier, ces deux choses sont confondues ; rien cependant n'est plus facile à distinguer. Car, dans le cas de brièveté, l'utérus ne peut être soulevé ; dans le cas d'abaissement, il cède sans résistance au doigt qui le refoule et reprend sa position naturelle. Cette brièveté congénitale est souvent une cause de stérilité, souvent aussi la cause de douleurs très vives dans la copulation, et la source d'engorgements inflammatoires
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aigus ou chroniques de l'utérus. J'ai vu un cas de raccourcissement considérable du vagin, dans lequel l'orifice de la matrice avait été dilaté par le membre viril au point d'admettre , largement le doigt indicateur.»
FiG. 81. — Pessaire Gariel en caoutchouc, avant son introduction.
Surface intérieure du vagin. — Le vagin est formé de deux parois, appliquées l'une sur l'autre. La paroi antérieure est la plus courte; de là, le précepte de suivre cette paroi pour explorer, avec le doigt, le col delà matrice.
FiG. 82. — Pessaire Gariel, distendu par l'air.
La surface intérieure du vagin est tapissée d'une membrane muqueuse d'un rouge pâle, qui devient violacée au début de la grossesse. Cette membrane présente, surtout au voisinage de l'anneau vulvaire, des lignes saillantes et transversales, analogues à celles que l'on remarque au palais des ruminants. Ces saillies, très accusées chez les vierges, forment, sur le milieu de chaque paroi du vagin
un cordon longitudinal, appelé colonne du vagin. La colonne antérieure, plus marquée que la postérieure, se termine à l'anneau vulvaire par le tubercule que nous avons signalé au-dessous du méat urinaire.
Les rides du vagin ne s'effacent pas au moment de l'accouchement ; elles servent vraisemblablement à multiplier et à rendre plus sensible les frottements 'pendant la copulation. La muqueuse vaginale est dépourvue de glandes ; elle devient cependant le siège d'une sécrétion abondante sous l'influence de l'inflammation ou vaginite. Cette membrane ne possède qu'une sensibilité très obtuse ; aussi le vagin con-
FiG. 83. — Variétés dos fistules vaginales.
1. Fistule urétro-vaginale. — 2. Fistule vôsico-vaginale. — 3. Fistule vésioo-utérine. — 4. Fistule recto-vaginale. — A. Vessie. — B. Utérus. — G. Vagin. — D. Rectum.
serve-t-il facilement les corps étrangers qu'on y introduit. Une pomme de terre placée au fond de ce canal pour remédier à un abaissement de la matrice y resta plusieurs mois sans inconvénient ; mais la chaleur et l'humidité firent pousser des germes qui provoquèrent de la douleur et il fallut l'extraire. M. Gosselin procéda, un jour, à l'extraction d'un pessaire qui, pendant plus de trente ans, était resté dans le vagin, sans déterminer d'accidents.
Le D' E. Verdalle a observé un cas plus curieux encore. Une femme
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de vingt-six ans, mariée, se plaignait de pertes blanches puriformes et sanguinolentes, et ne pouvait accomplir l'acte conjugal en raison des douleurs qu'elle éprouvait dans le bassin. A l'examen, le docteur découvre à quelques centimètres de l'orifice vulvaire un corps dur enchâssé dans les parties. Il parvient à mobiliser ce corps, l'extrait et le
FiG. 84. — Cystocèle vaginale.
présente immédiatement à sa légitime propriétaire qui s'écrie : « Tiens ! c'est la canule de mon irrigateur que j'ai perdue il y a deux mois et que j'ai vainement cherchée par toute la maison ; elle est cause que j'ai renvoyé ma bonne. Ah ! ah ! ah ! diable si j'aurais été la chercher là. »
Rapports du vagin. — La paroi antérieure du vagin est en rapport avec la vessie et le canal de l'urètre, qui, nous l'avons dit, semble sculpté dans son épaisseur.Ce rapport explique : 1° la possibilité d'explorer la vessie par le vagin ; 2° celle de retirer par la même voie les calculs urinaires ; 3° la fréquence de la propagation du cancer de la matrice au vagin, puis à la vessie ; 4" les communications morbides qui peuvent s'établir entre ce réservoir ou l'urètre avec le vagin et qui constituent les fistules vésico et urélro-vaginales (fig. 83) ; 5° la hernie de la vessie ou cystocèle (de xCatT), vessie, et xtjXt), hernie) dans le vagin, d'où elle peut s'échapper pour former, à l'entrée de la vulve, une saillie plus ou moins considérable (fig. 84).
La paroi postérieure du vagin est, en grande partie, adossée au rec-
lum (fig. 59) ; elle n'est séparée de cet organe que vers sa partie supérieure par un repli du péritoine (de nepl, autour et T£'.vEtv, étendre) (1), appelé cul-de-sac recto-vaginal, dans lequel descendent les dernières circonvolutions de l'intestin grêle. C'est cette disposition qui laisse sortir les anses intestinales par le vagin, lorsque ce canal est perforé ou déchiré vers sa partie profonde, soit à la suite d'une manœuvre maladroite pendant l'accouchement, soit par un instrument piquant, comme dans les tentatives d'avortement. La Brinvilliers, qui connaissait cette particularité anatomique, essaya de se donner la mort en s'enfonçant un bâton dans le vagin, au moment où on vint la prendre pour la conduire au supplice.
La situation du péritoine près de la partie supérieure du vagin donne de la gravité aux blessures de cette région, parce qu'elles sont toujours accompagnées d'une péritonite; les plaies de la partie inférieure du conduit vaginal sont au contraire d'une innocuité à peu près complète. Ainsi, il n'est pas rare d'observer, à la suite d'accouchements laborieux, une fistule recto-vaginale (fig. 83), c'est-à-dire la perforation de la paroi postérieure du vagin et la communication de ce canal avec le rectum. Cette solution de continuité laisse passer les excréments liquides et les gaz qui s'échappent ensuite par la vulve.
Enfin, de même que la vessie, le rectum refoule parfois la paroi postérieure du vagin et s'engage dans ce canal en y formant une hernie ou rectocèle vaginale.
Anomalies du vagin. — Les vices de conformation du vagin ne sont pas rares ; tantôt ce conduit est double (fig. 85), tantôt il n'est qu'imperforé, ou bien il fait complètement défaut. Rokitanski a établi un vagin artificiel chez une dame dont le méat urinaire distendu recevait, jusqu'alors, le membre viril pendant la copulation. Lieutaud a connu une jeune fille qui ne présentait aucune trace de vagin ni d'urètre et qui urinait par l'ombilic. Quand le vagin est imperforé, ce canal s'ouvre soit dans la vessie, soit dans le rectum. Barbant a rapporté deux exemples de cette dernière variété où il y eut fécondation et accouchement par le rectum. Plus souvent, on rencontre l'anomalie inverse : l'anus est alors imperforé et le rectum s'ouvre dans le vagin. On peut heureusement remédier, par une opération, à ces dégoûtantes infirmités.
Le chirurgien pratique quelquefois l'accolement du vagin contre
(1) C'est une membrane transparente qui enveloppe tous les viscères abdominaux et dont l'inflammation produit la péritonite.
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la chute de la matrice; dans ce but, il avive un point correspondant de chaque paroi vaginale et maintient en contact les surfaces saignantes jusqu'à ce que leur soudure soit complète. Le sang des menstrues s'écoule alors par deux orifices latéraux. On pratique l'obli-
FiG. 85. — Vagin et utérus doubles d'une fille âgée de dix-noufans (Eisenmann). — a. Orifîcô vaginal double avec un hymen double. — b. Méat urinaire. — c. Clitoris. — d. Urètre. — e, e. Vagin double. — f, f. Orifices utérins. — gr, g. Portions cervicales. — h, h. Corps et cornes. — i, i. Ovaires. — fc, fc. Trompes de Fallope. — /, /. Ligaments ronds. — m, vi. Ligaments larges.
tération complète du vagin pour remédier aux inconvénients des fistules vésico-vaginales, inopérables par la cure radicale. Dans ce cas, le sang des menstrues s'écoule par l'urètre.
Morgagni et Velpeau citent une femme chez laquelle le vagin s'ouvrait au-dessus du pubis et qui permit la fécondation.
Bulbe du vagin. — L'anneau vulvaire est embrassé par un organe éreclile nommé bulbe du vagin (fig. 86), dont la forme rappelle celle de deux sangsues gorgées de sang, ou encore celle d'une besace qui serait à cheval sur le clitoris. Le bulbe du vagin se gonfle pendant l'érection et concourt, par son augmentation de volume, à rétrécir l'orifice vulvaire, afin de rendre le contact génital plus intime et la sensation voluptueuse, qui en résulte, plus vive.
De l'utérus. Ses usages. — Vutérus (de uier, outre), ou matrice (de malrix, moule), est une poche membraneuse destinée à
Fig. 86. — Bulbe du vagin.
A. Clitoris. — B, B. Bulbe du vagin. — C, D. Constricteur du vagin.
protéger et à nourrir le produit de Ta conception, puis à l'expulser au dehors dès qu'il a atteint son complet développement.
Sans doute, l'utérus joue un rôle important dans l'économie de la femme et exerce une grande influence sur son système nerveux; mais il ne faut pas être aussi exclusif que les médecins de l'antiquité qui attribuaient à cet organe l'origine de toutes les maladies du sexe féminin. Ainsi, Hippocrate a dit que « la matrice était cause d'un nombre infini de maux ». Rabelais décrit en son langage pittoresque l'action de l'appareil utérin sur le système nerveux : « Nature ha dedans le corps de la femme posé, en lieu secret et intestin, un animal, lequel n'est ès homme ; onquel quelquefois sont engendrées certaines hu-
meurs nitreuses bauracineuses, acres, mordicantes, lancinantes, chatoiiilantes amèrement : par la poincture et frétillement doloreux desquelles (car cet animal est tout nerveux et de vif sentiment) tout le corps est en elles esbranlé, tous les sens ravis, toutes affections intérimées, touts pensements confondus. De manière que, si la nature ne leur eust arrosé le front d'un peu de honte, vous les voiriez xomme forcenées, courir l'aiguillette plus espouvantablement, que ne feirent onques les Prœtides et les Thyades bachiques au iour de leurs bacchanales; parce quecestui terrible animal a colli-
guance à toutes les parties principales du corps, comme est évident en l'anatomie. Je le nomme animal, suivant la doctrine, tant des académiques, que des péripatétiques.
Car, si mouvement propre est indice certain de chose animée, comme escrit Arislote, et tout ce qui de soi se meut est dict animal, a bon droit Platon le nomme animal, recognoissant en lui mouvements propres de suffocation, de précipitation, de corrugation, de indignation : voire si violents, que bien souvent par eulx est tollu à la femme tout aultre sens et mouvement, comme si fust lepothymie, syncope, épilepsie, apoplexie, et vraie ressemblance de mort (catalepsie). »
Ces symptômes, décrits par le médecin de Montpellier, se rapportent aux formes épileptoïdes et cataleptiques de la maladie que l'on désigne vulgairement sous le nom de vapeurs, d'attaques de nerfs, et, scientifiquement, sous celui d'hystérie (de ùaxEpa, utérus), parce qu'on a supposé qu'elle avait son siège dans l'utérus. Mais il est démontré que le foyer hystérpgène est l'ovaire et qu'il suffit de comprimer cet organe pour arrêter l'attaque. M. Charcot a même proposé, comme remède préventif des convulsions hystériques, l'usage d'une ceinture spéciale (fig. 87) qui exerce une compression permanente sur la région abdominale correspondante aux ovaires.
Le point de départ ouVaura de la crise hystérique est, en effet, une douleur qui naît de l'ovaire et s'irradie vers la région de l'estomac, en produisant une sensation de « boule » qui remonte jusqu'au cou. Cette boule hystérique élait prise par les anciens pour l'utérus luimême qui, croyaient-ils, se déplaçait à chaque crise ; et, dans le but
de le remettre en place, les matrones faisaient respirer à la malade des odeurs repoussantes, comme Tassa fœtida, le castoreum, etc., tandis
FiG. 88. — Position de l'utérus quand la vessie est vide.
qu'elles pratiquaient des titillations sur le clitoris, ou qu'elles appliquaient sur le nombril un emplâtre contenant de la civette qui pas-
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sait pour être agréable à la matrice. Jusqu'à la fin du siècle dernier, on a cru aux pérégrinations de l'utérus, conformément à l'opinion de Platon et d'Aristote qui regardaient cet organe comme un animal
Fio. 89. • Position de l'utérus quand la vessie est distendue par Turine.
1. Origine du rectum logé dans la concavité du sacrum. — 2. Coupe du rectum refoulé contre le sacrum par rutérus. — 3. Coupe du col utérin. — 4. Cul-de-sac recto-vaginal formé par le péritoine. — 5. Coupe du vagin. — 6. Cloison recto-vaginale. — 7. Anus. — 8. Coupe du corps de 1 utérus. — 9. Cul-de-sac vésico-utérin. — 10. Cavité du corps utérin. — 11. Coupe du col utérin. — 12. Coupe de la vessie. — 13. Cloison vésico-vaginale. — 14. Coupe du pubis. — 1.5. Canal do 1 urètre. — 16. Méat unnaire placé au-dessous du clitoris. — 17. Grande lèvre gauche.
vivant dans un autre animal. Ainsi Riolan disait que « la matrice est une beste cruelle et envenimée dont le venin, qui n'est pas moins agissant que celuy des bestes venimeuses, s'empare presque en moins de rien des parties nobles ». Avant cet anatomiste, Galien avait
avancé que les ligaments de l'utérus étaient destinés à enchaîner cet organe.
La croyance des anciens au déplacement de la matrice explique les différents moyens de compression qu'ils employaient pour empêcher cet organe de sortir du bassin pendant les attaques hystériques. Au XVI« siècle, Monardi plaçait une grosse pierre sur l'abdomen de ses malades; au XYIII" siècle, on se servait de pesants chenets, de lourds pilons, ou bien on serrait le ventre avec de longues bandes que l'on tirait fortement à droite et à gauche; d'autres fois enfin, plusieurs personnes montaient sur le corps du malade (1). Ces pratiques donnaient de bons résultats, parce qu'en voulant comprimer la matrice, on agissait en même temps, mais sans le savoir, sur les ovaires.
Rapports, direction et déviations de l'utérus. — Cet organe est situé à l'extrémité du vagin, entre la vessie et le rectum, et il est recouvert par les circonvolutions de l'intestin grêle. Sa direction est subordonnée à l'état de vacuité ou de réplétion de la vessie. Dans le premier cas (fig. 88), l'extrémité supérieure de la matrice est inclinée en avant, tandis que son extrémité inférieure regarde en arrière ; il en résulte que l'axe de l'utérus forme avec celui du vagin un coude plus ou moins accusé et ouvert en avant. Dans le second, l'utérus fait bascule en arrière et son axe répond à celui du vagin (fig. 89).
Sous l'influence de certains états morbides, ou même sans cause définie, l'utérus subit dans sa direction des déviations fréquentes. Nonat a peut-être exagéré en reconnaissant à cet organe vingt-quatre manières de se déplacer. L'extrémitj supérieure de l'utérus s'incline tantôt en avant, tantôt en arrière, tantôt sur les côtés : le premier état constitue Vantéversion (fig. 90), le second la rétroversion, et le dernier, la latéroversion. En outre, on peut observer une inflexion de la partie supérieure de l'utérus sur sa partie inférieure qui donne lieu aux anomalies connues sous les noms d'anlé flexion, de rélroflexion (fig. 91), de latéroflexion. Dans ces divers cas, l'utérus prend la forme d'une cornue.
Parmi les causes accidentelles qui déterminent les déformations
(1) « Une chose curieuse, dit le D' F. Brémond, c'est que cet usage est resté dans le peuple, du moins dans une partie de notre population. Vous pouvez voir, dans un faubourg de la ville, un alcoolique qui a des attaques épiieptiformes ; quand une crise le prend, sur la route ou ailleurs, sa femme et sa fille, qui l'accompagnent, s'assoient sur lui et invitent quelques passants à en faire autant, »
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utérines, on a signalé, avec raison, l'usage d'un corset trop serré qui, en refoulant les intestins sur la matrice, tend à déplacer cet organe. On remédie aux déviations utérines à l'aide ÙQpessaires de diverses
FiG. 90. — Divers degrés de rantéversion (A, A') et de Rétroflexion de l'utérus,
la rétroversion (R, R', R") de l'utérus. — U. Utérus normal.
formes (fig. 79, 81, 92 et suivantes), maintenus en permanence dans le vagin ; mais les avantages que l'on retire de ces appareils n'en compensent pas les inconvénients. Il en est de même des ceintures
FiG. 92. — Pessaire de Smith, en forme d'S. Fig. 93. Pessairo Fie. 94. — Pessairô
en bondon. en gimblette.
hypogastriques (fig. 101), dont on conseille souvent l'emploi contre l'antéversion et l'antéflexion. Elles ne sont réellement efficaces que dans
les cas d'éventralion, c'est-à-dire de relâchement des parois abdominales, ainsi qu'on l'observe chez les femmes qui ont eu beaucoup d'enfants.
Mobilité de l'utérus. — Cet organe est maintenu en position par des replis du péritoine ou ligaments, qui se fixent sur les parois du bassin. J.es principaux sont : les ligaments larges (fig. 64) sur les côtés, leur forme a été comparée aux ailes d'une chauve-souris ; les
ligaments ronds en avant, et les ligaments utéro-sacrés en arrière. Les moyens d'attache de l'utérus jouissent d'une extrême laxité qui est en rapport avec l'énorme développement que cet organe est destiné à acquérir pendant la grossesse. Cette propriété est aussi la cause de la grande mobilité de l'utérus et de la fréquence de ses déviations; elle permet, en outre, d'attirer à la vulve le col utérin, pour lui faire subir un examen plus direct ou une opération urgente. Dans certains cas pathologiques, ces ligaments peuvent être relâchés au point de favoriser la chute complète de la matrice en dehors de l'orifice vulvaire. C'est surtout le relâchement des ligaments utéro-sacrés
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(D, fig. 63) qui produit cette affection et c'est leur tiraillement qui provoque les douleurs de reins dans les engorgements utérins.
Fig. 96. — Autre forme du pessaire de Hodge.
Les ligaments ronds sont deux cordons qui partent des côtés de l'utérus et se terminent dans les grandes lèvres, après avoir traversé
FiG. 97. — Pessaire de Schilling.
FiG. 98. — Hystôrophore de Brcslau.
le canal inguinal. Parfois, les intestins s'engagent dans le trajet que suivent ces ligaments pour faire hernie dans la grande lèvre correspondante. Le ligament rond du côté gauche est plus long que celui
FiG. 99. — Pôssaire à dilatation continue de Perlusio. — E. Orifice dans lequel on peut introduire le doigt pour placer le possaire.
du côté droit; cette différence de longueur explique l'obliquité que prend à droite l'utérus, lorsqu'il est chargé du produit de laconceplion. Comme les autres moyens d'attache de l'utérus, les ligaments ronds
FiG. 101. — Ceinture hypogaslrique.
servent à fixer cet orpane et à en prévenir les déplacements. Certains accoucheurs pensent que ces cordons jouissent de la propriété de se contracter et qu'au moment de l'accouchement, ils concourent à faciliter le passage du fœtus, en écartant les grandes lèvres.
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Volume de l'utérus. — Le volume de l'ulérus varie suivant l'âge el certaines conditions physiologiques; il s'accroît à la puberté et s'atrophie dans la vieillesse. A chaque époque menstruelle, il augmente d'une façon très sensible. Mais c'est surtout pendant la grossesse que l'utérus atteint son maximum de développement. Cet organe se laisse distendre par l'œuf qu'il renferme : à trois mois, il dépasse les pubis; à six mois, il atteint l'ombilic et, à neuf mois, il remonte jusqu'à -la région de l'estomac.
FiG. 102. — Utérus d'une femme vierge.
M. Portion vaginale du col. — 0. Isthme utérin séparant le corps du col. — P. Corps de l'utérus. — T. Trompe. — V. Vagin.
FiG. 103. — Utérus d'une femme multipare.
M. Museau de tanche. — 0. Islhme utérin. — T. Trompe. — V. Vagin.
Les conséquences de l'accroissement de l'utérus, pendant la grossesse, sont subordonnés à ses rapports avec les organes du voisinage tels que vessie, intestin, estomac, diaphr agme, sur lesquels il exerce une compression d'autant plus forte que la grossesse est plus avancée : de là, les envies fréquentes d'uriner, la constipation plus ou moins opiniâtre, la difficulté des digestions et lagêne de la respiration. De plus, la compression exercée sur les vaisseaux du bassin (fig. 67) et sur ceux qui se rendent aux membres inférieurs déterminent souvent les varices des jambes, les hémorrhoïdes ou varices de l'anus, et l'œdème ou gonflement des extrémités.
Conformation extérieure de l'utérus. Corps et col. —
L'utérus a la forme d'une petite gourde légèrement aplatie. On le com-
pare encore à une poire tapée. Son extrémité supérieure a reçu le nom de corps (fig. 102) et son extrémité inférieure, plus étroite, celui de col.
FiG. 106. — Fauteuil à spéculum.
Au moment de la naissance, le col est plus volumineux que le corps; à l'âge adulte, c'est le contraire. Le corps de l'utérus présente une
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extrémité supérieure ou fond qui est convexe chez la fille vierge etrectiligne chez la femme qui a eu des enfants. Ses bords latéraux donnent attache aux ligaments larges qui se dirigent vers les parois du bassin (fig 64) en recouvrant Vovaire^ la trompe de Fallope et le ligament rond.
Fig. 107. — Table d'examen et d'opération.
Le col de l'utérus, que les anciens comparaient au museau d'un petit chien nouveau-né, et que les modernes ont appelé le museau de tanche, fait saillie au fond du vagin. Aussi, est-ce la seule partie de
FiG. 108. — Spéculum à glace de Fergusson.
l'utérus qui soit accessible au doigt et au regard. Mais en raison de sa situation profonde, on ne peutl'apercevoir qu'en écartant les parois du vagin avec les valves du spéculum (en latin www) (fig. 104 et 105).
Pour faciliter cet examen, les médecins ont l'habitude de disposer la malade sur un fauteuil spécial (fig. 106). En Angleterre et en Amérique,
FiG. 109. — Position des mains dans l'inlroduction du spéculum de Sims.
on se sert surtout du spéculum de Sims (fig. 109) : la femme doit se
FiG. 110. — Décubitus genu-pectoral obtenu par l'appareil do Bozeman.
placer dans la position que représente la figure 111. Bozeman fait
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prendre une position analogue pour les opérations des organes génitaux (fig. 110) ; la posture de la femme est différente dans l'application des écarteurs de Simon (fig. 112).
Fig. 111. — Position de la femme dans l'examen au spéculum de Sims.
Chez les femmes qui n'ont pas eu d'enfants, le museau de tanche est €0nique (fig. 102) et présente à son sommet une petite fente : c'est
iB dorso-sacrô recommandé par Simon, pour appliquer ses écarteurs.
'orifice par lequel on pénètre dans la cavité de l'utérus. La sensation
que l'on éprouve en touchant, avec l'index, l'extrémité inférieure du col a été comparée par A. Dubois, à celle que l'on ressent quand on
applique la pulpe du doigt sur le lobule du nez. Pendant la grossesse, la consistance du col se modifie et donne au toucher la sensation molle des lèvres.
L'orifice utérin des femmes qui ont eu des enfants (fig. 103) s'évase transversalement et divise le museau de tanche en deux lèvres, l'une antérieure, l'autre postérieure.
La conformation du col présente parfois des anomalies curieuses ; il peut s'hypertrophier (fig. 113) et simuler une chute de matrice en faisant saillie au Fm. 113. - Hypertrophie du col. (Johors dc la vulvc. Daus Certains cas,
il est double comme l'utérus (fig. 114), et cette dernière anomalie a donné lieu à une singulière erreur de
Fig. 114. —
Utérus double avec vagin unique.
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diagnostic, rapportée par Tiedeman : deux docteurs furent appelés auprès d'une femme qui croyait accoucher ; l'un d'eux trouva le col dans l'état naturel, tandis que l'autre affirmait que le col était dilaté et la tête engagée. Or, il s'agissait d'un col double et d'une grossesse qui s'était développée d'un seul côté de l'utérus biloculaire ; chacun des médecins s'était prononcé d'après le col qu'il avait touché.
Dans les cas d'utérus bicorne (fîg. 115), le col est généralement unique.
FiG. 115. — Grossesse dans une corne utérine.
Le col est peu fourni de nerfs ; aussi, peut-on cautériser cet organe sans déterminer aucune douleur, comme pour les granulations (fîg. 116) et le cancer du col (fîg. 117). Cedéfaut de sensibilité explique pourquoi une femme atteinte d'affection cancéreuse de la matrice ne consulte les médecins que lorsque le mal commence à envahir les régions voisines. Le sentiment de la pudeur empêche souvent aussi les femmes de recourir à temps aux secours de l'art. « Les femmes, dit Montaigne, donnent leurs appas à médiciner difficilement, mais à garçonner tant que l'on veut. »
Cavité utérine. — L'utérus est creusé d'une cavité très petite
(fig. 119) , qui a la forme d'un triangle pour le corps et celle d'un fuseau pour le col. La cavité du corps communique, au niveau de ses angles supérieurs, avec les trompes de Fallope; c'est elle qui est destinée à
Fig. 116. — Granulations du col. Fig. 117. — Cancer du col.
recevoir l'œuf fécondé. La cavité du col est hérissée de nombreuses saillies transversales partant d'un cordon médian et longitudinal. Celle disposition rappelle assez bien une arête de poisson, ou encore
Fig. 118. — Coupe antéro-postérieure de Fio. 119. — Coupe transversale de l'utérus.
l'utérus. . „ ■ , , , , . ^ ■
A. Cavité du col et arbre do vie. — G. Gavité
A. Muqueuse. — B. Tissu musculaire. — G. Ca- du corps. — 0. Islhme séparant le corps du
vilé du corps. — E. Conduit vaginal. — col. — S. Tissu propre.
F. Cul-de-sac vésico-utérin du péritoine. —
G. Cul-de-sae recto-vaginal du péritoine.
une feuille de fougère. Les anatomistes ont comparé ces rugosités aux branches d'un arbre et leur ont donné pour ce motif le nom d'arbre de vie.
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Dans les interstices de ces colonnes ramifiées, on trouve un grand nombre de glandes qui prennent souvent un développement exagéré et se transforment en kystes. Ces derniers ont reçu le nom impropre d'œw/s de Naboth parce que cet anatomiste les a pris pour de véritables ovules.
Vers l'âge de quarante-cinq ans, alors que l'utérus a cessé de fonctionner, l'orifice qui sépare la cavité du corps de celle du col se rétrécit et parfois même s'oblitère complètement. Le rétrécissement de cet orifice n'est, du reste, pas rare avant cette époque. La stérilité et certaines irrégularités de l'écoulement menstruel n'ont souventpas d'autre cause. Pour remédiera ces inconvénients, il est nécessaire d'élargir le col par une opération chirurgicale. Comme il est démontré que les rapports
FiG. 120. — Couche musculaire interne.
A. Coupe des parois utérines. — B, C, E. Fibres musculaires. — D, D. Orifices dès trompes. —