‹ La génération humaineChapitre 11 sur 45 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

Les organes de la femme qui concourent à la reproduction de l'espèce ont été divisés en deux groupes : les organes génitaux externes et les organes génitaux internes.

Les premiers représentent dans leur ensemble la vulve: les autres comprennent : le vagin, Vutérus ou matrice, les trompes de Fallope ou oviductes et les ovaires.

Nous compléterons cette étude par celle du bassin et du périnée qui forment en quelque sorte, les enveloppes osseuse et membraneuse de l'appareil génital ; nous terminerons par la description des mamelles qui, par leur fonction, peuvent être considérées comme les annexes de cet appareil.

ARTICLE PREMIER

Vulve. Vaginisme. — La vulve (fig. 45), que les gens du monde appellent waince, vient d'un mot latin qui signifie porte; elle est limitée en avant, par le mont de Vénus (12) ; en arrière, par le périnée; sur les côtés, par les grandes lèvres (l)qui recouvrent de haut en bas le clitoris (6), lespetites lèvres (3), le vestibule (9), le méat urinaîre (8), l'anneau vulvaire (10), la fosse naviculaire et la fourchette (2).

La vulve est revêtue d'une membrane muqueuse qui jouit d'une exquise sensibilité. Parfois, cette hyperesthésie vulvaire est si grande qu'elle empêche tout rapprochement sexuel ; quand elle est accompagnée de contracture musculaire", elle produit le vaginisme. On distingue le vaginisme inférieur, dû au spasme des fibres du muscle constricteur du vagin et le vaginisme supérieur, dépendant de la contracture du muscle releveur de l'anus. C'est dans ce dernier cas seulement qu'on observe quelquefois le pénis captivus; c'est-à-dire l'impossibilité au pénis de sortir de la gaîne vaginale.

Dans l'hyperesthésie vulvaire, la douleur et la contracture sont parfois si intenses que l'on doit recourir au sommeil anesthésique

ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

pour faciliter l'accouplement. M. Sims rapporte, dans sa Chirurgie utérine^ l'exemple suivant, que M. Tillaux a résumé clans son Anatomie iopographique. Une femme de vingt et un ans était atteinte de

FiG. 4i5. — Aspect de la vulve chez une femme qui a été déflorée.

1. Pénil ou mont de Vénus recouvert de poils. — 2, 2. Face interne ou muqueuse des grandes lèvres. — 3. Prépuce du clitoris. — 4. Clitoris. — 5. Vestibule. — 6. Face interne des petites lèvres. — 7. Méat uriaaire. — 8. Orifice de la glande vulvo-vaginale de Bartholin. — 9. Orifice du vagin au fond duquel on aperçoit la paroi inférieure de ce conduit. — 10. Fourchette. — 11. Périnée. — 12. Anus.

vaginisme; après de nombreux essais infructueux, un médecin fut appelé, éthérisa la malade, et pendant ce temps le mari accomplit l'acte sexuel. Un nouveau rapprochement, essayé le nuit suivante, fut impossible. Le médecin est rappelé, les éthérisations se répètent pendant un an, deux ou trois fois par semaine; à ce moment la conception eut lieu, et pendant tout le temps de la grossesse le coït fut

possible. Après l'accouchement, le vaginisme reparut; nouvelle éthérisation pendant une année et deuxième grossesse qui se termina par une fausse couche de trois mois. Ethérisations pendant une année encore; de guerre lasse, les époux finirent par renoncer à tout rapprochement sexuel pendant cinq ans. M. Sims, alors consulté, pratiqua une double incision sur les côtés de la fourchette et guérit la malade.

Mont de Vénus. — hepénil ou Mont de Vénus est une éminence qui domine la vulve et se garnit de poils dès l'époque de la puberté (de pubes, poil follet). Il est formé par la saillie des os du pubis (fîg. 59) recouverts d'une couche de graisse dont l'épaisseur varie avec le degré d'embonpoint.

D'après Dionis, le mont de Vénus sert « comme de petit coussin, pour empêcher que la dureté des os du pubis ne blesse dans l'action. »

Les poils qui ombragent cette éminence semblent avoir le même usage. Du moins cette explication nous paraît plus admissible que celle des anatomistes qui considèrent cette touffe de poils comme un rideau destiné à « voiler » les organes génitaux. Cornélius Agrippa accordait ce rôle protecteur aux cheveux. « Pourquoi, écrit son traducteur, croyez-vous que notre femelle ait les cheveux si longs ? C'est pour pouvoir couvrir et cacher les parties les plus honteuses du corps ; d'où, disons-le chemin faisant, nous devons conclure que cette longue chevelure n'est venue qu'après le péché. » Carus attribue aux poils du pénil une part des sensations voluptueuses que procurent les rapports sexuels; cependant, en Orient, les femmes des harems s'épilent cette région comme toutes les autres parties couvertes de poils. Autrefois, suivant Sénèque, il y avait à Rome « des hommes faisant métier d'épiler les petits jeunes gens qui tiennent à ressembler aux femmes et à les remplacer dans certaines occasions ».

Chez les personnes peu soigneuses, on rencontre au pubis des pous d'une nature particulière (fîg. 46) appelés vulgairement morpions (de mordere, mordre elpedio, pou) ; ces parasites se glissent sous l'épiderme, comme l'acarus de la gale, mais moins profondément que lui. 11 suffit de quelques frictions mercurielles pour s'en débarrasser.

Grandes lèvres. Infibulation. — Les grandes lèvres sont deux replis membraneux qui circonscrivent latéralement la vulve, dont elles protègent les parties profondes. Leur développement est en rapport direct avec le degré de l'embonpoint. Elles sont moins accusées chez les femmes du Nord que chez les femmes des pays chauds.

En arrière, ces replis se réunissent et forment une commissure,

ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

connue sous le nom de fourchette^ qui se déchire souvent au premier accouchement. C'est le siège ordinaire des chancres chez la femme.

Entre la fourchette et l'anneau vulvaire, on remarque une dépression nommée fosse naviculaire^ qui présente souvent des traces de meurtrissures dans les tentatives de viol sur les petites filles; car, chez cellesci, les branches du pubis sont trop rapprochées, pour permettre l'introduction du pénis dans le vagin.

La peau des grandes lèvres est plus foncée que celle des autres régions; elle est garnie de poils longs et abondants. Leur surface interne est tapissée d'une membrane muqueuse de couleur rosée, contenant, dans son épaisseur, une grande quantité de glandules dont la fonction est de sécréter un liquide visqueux et odorant, qui entretient la souplesse de l'orifice vulvaire. Chez les jeunes filles vierges et chez les femmes qui ont de l'embonpoint, les grandes lèvres sont appliquées l'une contre l'autre, de manière à cacher aux regards les organes situés plus profondément et à ne laisser entre elles qu'une fente longitudinale. Au contraire, chez les femmes amaigries et âgées, ainsi que chez celles dont les organes ont été flétris par l'accouchement ou par des habitudes vioieuses, la vulve est entre-bâillée et permet d'apercevoir les petites lèvres. Cette disposition se rencontre encore chez les enfants nouveau-nés, dont les grandes lèvres sont ordinairement peu accusées.

Dans l'Inde et dans quelques contrées d'Afrique, la Nubie, par exemple, on a coutume de préserver les jeunes filles d'une défloration trop précoce, en cousant leurs grandes lèvres ou en passant entre ces replis un anneau infibulateur semblable à celui des calenders turcs. Au moyen âge, des seigneurs défiants avaient recours à un autre moyen, non moins barbare, pour s'assurer de la fidélité de leurs femmes : ils cadenassaient leurs organes sexuels à l'aide d'une « ceinture de chasteté » (fig. 47, 48 et 49), dont on peut voir plusieurs spécimens aux musées de Cluny et de Saint-Germain.

Une tradition, sans fondement sérieux, prétend que le modèle représenté fig. 47, est celle dont Henri II revêtait Catherine de Médicis; mais son exiguïté n'aurait pas permis de l'ajuster à une femme d'un aussi riche embonpoint que l'était la reine. On sait l'histoire racontée

FiG. 46. — Pou du pubis. — Audessous on voit une lente ou œuf de pou attachée à un poil.

par Brantôme : Catherine demandait à un soldat pourquoi les Huguenots avaient donné son nom à une énorme couleuvrine : « C'est,

FiG. 47. — Ceiature de chasteté du musée de Cluny. Fig. 48. — Ceinture vulvaire et anale.

Madame, répondit-il, parce qu'elle a le calibre plus grand et plus gros que toutes les autres ».

Fio. 49 el 50. — Autre ceinture ôt son cadenas. Fio. 51. — La même ceinture appliquée

sur une femme, vue du dos.

Encore aujourd'hui, le musulman qui part en voyage a soin de se

ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

prémunir contre les dangers de l'absence. Il se contente du cadenas si le voyage est court et de la fibule s'il est long.

Le docteur Gaffe a préconisé l'infibulation pour les filles atteintes de crétinisme, afin d'empêcher leur reproduction. Aran employait le même procédé contre la chute delà matrice.

Glandes vulvo -vaginales. Bartholinite. — A la face profonde des grandes lèvres, on rencontre deux glandes (fîg. 52), ayant la forme et les dimensions d'une petite amande d'abricot. Ces glandes, dites vulvo-vaginales^ ont été découvei'tespar l'anatomiste Bartholinqui leur a laissé ;-onnom. Elles sécrètent un liquide filant, d'une odeur pénétrante, qu'elles déversent par un long canal en avant de la membrane hymen (fig. 60). Ce liquide, en lubrifiant l'orifice vulvaire, facilite l'intromisfion du membre viril, au moment de l'accouplement. Chez certaines femmes ardentes, il est sécrété en si grande abondance, qu'il est éjaculé sous forme de jet. Cette particularité faisait croire aux anciens que la femme, dans l'acte de la génération, fournissait, comme l'homme, sa semence. L'étroitesse de la vulve et des rapports sexuels trop fréquents ou trop impétueux déterminent souvent la bartholinite, c'est-à-dire l'inflammation des g'andes vulvo-vaginales. Cette affection s'observe surtout chez les nou^ elles mariées; elle se termine par la formation d'un abcès qui occupe génér ilement la grande lèvre gauche (fîg. 53). D'après M;dg,dgne, la fréquence de ces abcès à gauche dépendrait de ce que pendant l'acte vénérien, les droitiers s'appuient davantage à droite et compriment plus fortement le côté opposé de la vulve.

Petites lèvres. Tablier des Hottentotes — Lqs petites lèvres (fig. 45) sont deux languettes membraneuses, comparables, pour la

Fig. 52. — Glande vulvo-vaginale du côté droit.

A. Sections de la pi-ande lèvre et de la petite lèvre. — B. Glande vulvo-vaginale. — C. Conduit excréteur. — C. Stylut enpagé dans le conduit excréteur. — 1). Extnhnilé glandulaire du conduit. — E. Extréniilé libre du conduit. — F. Section du bulbe du vagin. — G. Branche ascendante de r ischion.

forme et la couleur, à la crête que les coqs portent au-dessous du gosier ; elles sont situées sur les côtés du méat urinaire et s'appliquent à la surface interne des grandes lèvres. Leur extrémité supérieure recouvre le clitoris à la façon d'un capuchon ou prépuce du clitoris.

La longueur des petites lèvres varie suivant l'âge et certaines conditions individuelles. En Orient, elles sont très développées et, comme elles gênent l'introduction du membre viril, on a l'habitude d'en faire l'excision: c'est ce qui constitue la circoncision des femmes (1). Dans certaines peuplades d'Afrique, chez les Bosjesmans, par exemple, elles acquièrent des dimensions telles, qu'elles descendent parfois jusqu'aux genoux et forment un repli muqneux d'un brun foncé, qu'on a appelé le tablier des Hottentotes.

Léon l'Africain rapporte que, de son temps, des hommes faisaient déjà métier de circoncir les femmes et parcouraient les rues en criant:

Qui veut se faire couper? L'hypertrophie des petites lèvres s'observe encore dans l'éléphantiasis de la vulve.

Les petites lèvres sont des organes de protection; elles servent aussi dans l'acte sexuel à augmenter la souplesse et la sensibilité de la vulve. De plus, en s'efîaçant, elles favorisent l'ampliation de l'orifice vulvaire pendant l'accouchement. Les anciens croyaient ces replis muqueux destinés à diriger le jet des urines, et ils les avaient appelés nymphes, par allusion aux divinités qui président aux fontaines.

Clitoris. — De tous les organes de la génération, le clitoris (de

(1) Le docteur Topinard, dans son Anthropologie, raconte, d'après Cuvier, qu'en Abyssinie, au xvi« siècle, les missionnaires voulurent interdire cette opération. Les filles converties ne purent plus trouver de maris; le pape fut obligé d'intervenir pour autoriser le retour à l'ancienne coutume.

FiG. 53. — Abcès de la grande lèvre. — (Figure tirée de la Pathologie externe de M. Fort.)

ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

xXecToptCstv, titiller) est celui qui jouit de la plus exquise sensibilité; les anciens l'appelaient œstrum Veneris, V aiguillon de Vénus. Columbus, qui s'en attribuait à tort la découverte, le désignait sous le nom significatif d'amor, vel dulcedo Veneris, c'est-à-dire V amour onla douceur de Vénus.

Par sa conformation et sa structure, le clitoris offre une grande ressemblance avec les corps caverneux de l'homme (fig, 20); de là le nom de « verge de la femme » qui lui était donné autrefois. Gomme les corps caverneux de l'homme, le clitoris est formé de tissu spongieux et se bifurque en deux mêmes, ou jambes, qui se fixent sur les arcades du pubis. Son extrémité libre se termine par un petit renflement appelé le gland du clitoris.

Cette extrémité est parfois bifide et fait croire à l'existence de deux clitoris, tandis qu'une pareille anomalie résulte du défaut de soudure des racines clitoridiennes.

Jusqu'au troisième mois de la vie intrautérine, le clitoris présente la même longueur que le pénis; cette disposition contribue, avec la fente scrotale (flg. 5), dont nous avons déjà parlé, à rendre impossible avant cette époque la distinction des sexes.

A l'âge adulte, le clitoris se dissimule sous son capuchon muqueux. Il ne devient apparent, que sollicité par un excitant moral ou physique qui le gorge de sang et le fait entrer en érection. Les excès vénériens et, en particulier la masturbation [à& manus, main et turbare, agiter), contribuent surtout à développer le clitoris.

Outre les glandes de Bartholin, la muqueuse vulvaire renferme un grand nombre de glandules qui s'ouvrent à sa surface (fig. 54). Ces dernières sécrètent une matière onctueuse et odorante destinée à entretenir l'humidité et la souplesse de la vulve, et à la préserver de l'action irritante de l'urine. Ce produit de sécrétion, analogue au smegma preputialis de l'homme, forme, chez certaines personnes, un amas souvent considérable autour du clitoris et occasionne de pénibles démangeaisons.

FiG. o4. — Vulve où se voient les orifices des glandules.

Hypertrophie du clitoris. — Chez quelques femmes, le clitoris atteint des proportions si grandes (fig. 55) qu'il leur donne toutes

les apparences extérieures de la virilité. Dans certains cas, cet organe a pu servir de pénis pour accomplir le simulacre de l'acte sexuel. Platérus affirme avoir vu un clitoris gros comme « le col d'une oye », et Tulpius parle d'une femme qui fut fouettée publiquement, puis bannie à perpétuité, pour avoir abusé dè ce vice de conformation.

On croit généralement que les personnes atteintes d'hypertrophie du clitoris sont plus portées que d'autres aux plaisirs de l'amour;

FiG. 55. — Développement excessif du clitoris (Courtyj.

mais de nombreuses observations prouvent que l'activité de cet organe n'a aucun rapport avec son développement. Ainsi Parent- Duchâtelet n'a observé, de son tîmps, à Paris, que trois prostituées présentant cette anomalie, et toutes trois avouaient une grande indifférence pour les individus de l'un et de l'autre sex3.

La ressemblance d'un clitoris hypertrophié avec un pénis a donné lieu à de curieuses méprises. On lit dans la chronique scandaleuse de Louis XI : « En ladite année 1478, advint en pays d'Auvergne, que en une religion de moines noirs, appartenant à Monseigneur le cardinal

ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

de Bourbon, il y eut un des religieux duditlieu qui avait les deux sexes de l'homme et de la femme, et de chacun d'iceux se aida tellement qu'il devint gros d'enfant; pourquoi fût pris et saisi et mis en justice et gardé jusqu'à ce qu'il fut délivré de son posthume, pour après icelui venu, estre faitdudit religieux ce que justice verraitestre à faire.» C'est sur ce moine du couvent d'Issoire que Bauhin fît ce vers :

Mas, mulier, monaclius, mundi mirabile monstrum (1).

On cite un cas analogue qui fut l'occasion d'un célèbre procès, en 1623 : la sœur Angélique de la Motte d'Aspremont, après un séjour de plusieurs années au couvent des Filles-Dieu de Chartres, fut accusée « d'avoir été homme avec les religieuses et femme dans les excursions nocturnes qu'elle faisait hors dudit couvent ». Les vœux de la dame d'Aspremont furent annulés et on la condamna à la prison perpétuelle.

Autrefois, les personnes affectées d'hypertrophie du clitoris passaient pour posséder les attributs des deux sexes ; elles étaient considérées comme androgynes (de avTjp, homme et ^uvr), femme) ou hermaphrodites.

De l'hermaphrodisme. — Ce mot a été emprunté à la Fable qui fait réunir, par les dieux. Hermaphrodite (2) au corps de Salmacis, pour le punir d'avoir méprisé l'amour de cette nymphe.

Se fondant sur un passage obscur de la Genèse : « Dieu donc créa l'homme à son image; il le créa à l'image de Dieu : il les créa mâle et femelle», certains auteurs croient qu'Adam était hermaphrodite. C'est ainsi qu'il apparut à l'hallucinée et dévote Antoinette Bourignon.

Platon vit, de même, dans le premier homme un être double, comme le rappelle l'auteur de la Pucelle :

Ainsi Platon, le confident des dieux, A prétendu que nos premiers aïeux.

D'un pur limon pétri des mains divines Nés tous parfaits et nommés androgynes, Egalement des deux sexes pourvus, Se suffisaient par leurs propres vertus.

Le philosophe grec a tiré de cette idée une ingénieuse fîction pour

(1) Il était homme, femme, moine, prodige surprenant de la création.

(2) Il était fils d'Hermès ou Mercure et d'Aphrodite ou Vénus, comme l'indique son nom. Sa statue en marhre, dite IlcrmapJirodite Borghèse, provenant de la collection des princes Borghèse, se trouve au musée du Louvre. Elle représente le bel androgyne couché dans une attitude pleine de grâce et de volupté.

expliquer l'action attractive de l'amour sur les deux sexes : il suppose qu'après avoir créé l'homme double, Dieu le dédoubla ensuite et que, depuis ce temps, les deux moitiés tendent sans cesse à se rapprocher.

J.-B. Rousseau a composé sur ce sujet une de ses meilleures épigrammes :

L'homme créé par le fils de Japhet,

N'eut qu'un seul corps, mâle ensemble et femelle.

Mais Jupiter, de ce tout si parfait.

Fit deux moitiés, et rompit le modèle.

Voilà d'où vient qu'à sa moitié jumelle

Chacun de nous brûle d'être rejoint.

Le cœur nous dit, ah ! la voilà, c'est elle !

Mais à l'épreuve, hélas ! ce ne l'est point.

Autrefois, les hermaphrodites étaientconsidérés comme des monstres indignes de vivre. Les Athéniens les jetaient, dès leur naissance, à la mer, et les Romains dans le Tibre. Au moyen âge ils étaient brûlés vifs, comme possédés du démon ; et encore au XVII" siècle Riolan disait : « Quant à l'être qui moitié homme, moitié femme, fait injure à la nature, il doit être mis à mort. »

Dans l'espèce humaine, l'hermaphrodisme résulte d'un arrêt de développement des organes génitaux. Chez les hermaphrodites, ou bien les organes externes d'un sexe se rapprochent plus ou moins de ceux de l'autre sexe, ou bien les organes internes et externes des deux sexes existent chez le même individu. La première espèce constitue Vhermaphrodisme apparent^qui a été subdivisé en deux variétés : l'un, masculin (atrophie ou imperforalion du pénis, persistance de la division scrotale, anorchidie); l'autre, féminin (hypertrophie du clitoris, soudure des lèvres, imperforation du vagin) ; la seconde espèce est Vhermaphrodisme vrai.

L'anomalie la plus fréquente est V hermaphrodisme apparent mascwZm, qui fait considérer comme femme des individus appartenant à l'autre sexe. Un exemple curieux de ce genre d'anomalie est celui d'Alexina B..., qui fut élevée dans les pensionnats de jeunes filles jusqu'à l'âge de vingt-deux ans et se donna la mort après un jugement de la Rochelle qui rectifiait son état civil en la rendant à son véritable sexe ; elle présentait un pénis rudimentaire et une dépression au fond de laquelle s'ouvraient les canaux éjaculateurs des vésicules séminales.

V hermaphrodisme apparent féminin est dû, le plus souvent, à l'hy-

ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

pertrophie du clitoris que l'on prend pour un membre viril. Tel était Marie-Madeleine Lefort (fig. 56), dont l'examen induisit en erreur plusieurs chirurgiens qui la prirent pour un sujet du sexe masculin. Son

Fig. 66. — Marie-Madeleine Lefort. — Aspect extérieur (Holmes, Mal. chir. des enfants, 187

clitoris était très développé et simulait une petite verge dont le gland eût été imperforé. L'urine et le sang des règles passaient par un cloaque commun (fîg. 57).

L'hermaphrodisme vrai ou bisexuel n'est jamais parfait dans l'espèce humaine ; etsi, chez le même individu, on rencontre des organes mâles et femelles, ils sont les uns et les autres dépourvus de toute utilité : ils ne peuvent ni féconder, ni concevoir. L'hermaphrodisme réel ne s'observe que chez les végétaux gynandres et dans les classes inférieures du règne animal, tels que les hirudinées (sangsues),les gastéropodes (limaçons) et les cestoïdes (vers solitaires), dont chaque anneau a le pouvoir de se féconder lui-même.

On ne sait si les anguilles sont hermaphrodites, leur mode de reproduction est complètement inconnu.

Quant aux cas d'hermaphrodisme spontané qui feraient changer subitement le sexe, ils s'expliquent par la descente brusque et tardive des testicules dans les bourses sous l'iniïuence d'un violent effort. Ainsi, Pline vit, en Afrique, un habitant de Tresdita, nommé Lucius Cositius,

FiG. 57. — Coupe du bassin de Marie-Madeleine Lefort, montrant les organes génitaux. — J, sonde passant par l'ouverture principale au-dessous du clitoris. — M. vagin. — 0, ovaire. — T, trompe. — U, utérus. — I, ligament rond. — V, vessie. — u, uretères. — d, orifice de l'urètre. — R, rectum. — g, grandes lèvres (Dr Wieland).

qui, la nuit de ses noces, fut changé de femme en homme. Pontanus parle de la femme d'un pêcheur qui, après quatorze ans de mariage, « sentit un membre viril qui lui sortit subitement de l'ovale » ; Ambroise Paré cite une jeune fille de Vitry-le-François, Marie Germain,

ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

qui changea de sexe en sautant un fossé. A ce sujet, Montaigne raconte, dans ses Essais, qu'il entendit des jeunes filles de l'endroit chanter une chanson recommandant de ne pas faire des enjambées, dans la crainte de devenir garçon.

On trouve dans les antiques traditions plusieurs exemples d'hermaphrodisme spontané. L'iphis des Métamorphoses d'Ovide devint garçon à quinze ans :

Vota puer solvit, quse femina voverat, Iphis (1)

Scython, suivant la Fable, avait le pouvoir de changer de sexe à volonté. Le devin Tirésias fut changé en femme après avoir séparé de sa baguette deux serpents entrelacés. Il fut alors choisi par Jupiter et Junon, comme apte à décider cette question, soulevée entre les époux : lequel des deux ressent le plaisir le plus vif quand ils échangent de doux baisers. Tirésias se nr'ononça pour Jupiter, et Junon, dans sa fureur lui jeta aux yeux quelques gouttes d'eau et l'aveugla.

La saillie du museau de tanche, dans le cas de chute de l'utérus, peut être prise pour un membre viril, comme chez Marguerite Malaure qui, en 1693, vint à Paris en habit d'homme, l'épée au côté et le chapeau retroussé, se croyant elle-même hermaphrodite (2). Maisd'après Demangeon, à qui nous empruntons ces détails, le chirurgien Saviard déclara que ce garçon avait une descente do matrice qu'il réduisit. Cette femme, après sa guérison, présenta une requête au roi, pour pouvoir reprendre les habits de femme, malgré un jugement des Capitoulsde Toulouse, qui lui avaient enjoint de porter les habits d'homme.

Méat urinaire . Prurit vulvaire. — Le méat urinaire (fig. 45) est l'orifice extérieur du canal de l'urètre. Cette ouverture est plus grande que celle de l'homme; c'est pourquoi le jet d'urine de la femme est plus volumineux. Le méat urinaire est situé au-dessous du vestibule et immédiatement au-dessus du tubercule qui termine la colonne antérieure du vagin: cette particularité anatomique permet, au médecin qui la connaît, de sonder une femme sans la découvrir. Il suffît,

(1) Iphis paya garçon les vœux qu'il fit jeune fille.

(2) De même le chevalier d'Eon est fameux par l'incertitude qui a longtemps régné sur son sexe ; mais à sa mort, l'autopsie démontra qu'il était du sexe mascubn. Louis Jourdan en a fait le héros de son roman intitulé : Un hermaphrodite.

pour cela, de glisser la sonde sur l'index gauche, alors que la pulpe de ce doigt, dirigée en haut, est en contact avec ce tubercule. Chez les femmes enceintes et après l'accouchement, la déviation que subit temporairement l'urètre rend difficile l'opération du sondage.

Le méat urinaire est recouvert par les petites et par les grandes lèvres qui s'écartent en partie lorsque la femme se baisse pour uriner. Si les grandes lèvres sont épaisses et appliquées l'une contre l'autre, comme on l'observe sur les jeunes filles vierges et les femmes chargées d'embonpoint, le jet d'urine provoque, en passant un sifflement d'autant plus fort que les contractions de la vessie sont plus énergiques.

FiG. 58. — Oxyure.

À. Tête avec ses trois nodules et son gonflement aliforme. — B. Màle. — C. Femelle. — D. Queue du

mâle. — E. Queue de la femelle. — F. Œuf.

L'entre-bâillement de la vulve, qui est à peu près constant chez les femmes âgées, et la direction verticale du canal de l'urètre permettent à celles-ci d'uriner debout.

La situation profonde du méat urinaire rend compte encore du prurit (de prurire, démanger) de la vulve, dont se plaignent les personnes affectées de diabète. Ce prurit vient du contact irritant de la muqueuse vulvaire avec l'urine chargée de sucre. Il peut être aussi provoqué par l'accumulation de la matière sébacée chez les femmes qui ne prennent aucun soin de propreté, ou encore par une éruption dartreuse, ou par de petits vers, comme les oxyures (fig. 58), échappés de l'anus.

ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

La faible distance qui sépare le méat urinaire et l'anus permet de reconnaître si des matières fécales, fraîchement rendues et trouvées sur le lieu d'un crime, appartiennent à un homme ou à une femme; dans ce

FiG. 59. — Coape antéro-postérieure du bassin de la femme pour montrer la situation, la direction

et les rapports de Tutérus.

1. Coupe du sacrum. — 2. Symphyse du pubis. — 3. Rectum dont la cavité est visible à la partie inférieure. — 4. Coupo du corps de l'utérus. — 5. Trompe de Fallope du côté gauche. — 6. Ovaire gauche. — 7. Ligament rond du côté gauche. — 8. Lèvre postérieure du col de l'utérus. — 9. Cul-de-sac, formé par le péritoine passant de la paroi postérieure du vagin sur la face antérieure de l'intestin rectum. — 10. Coupe du vagin. — 11. Cul-de-sac du péritoine passant de l'utérus sur la vessie. — 12. Cavité de la vessie. — 13. Canal de l'urètre. — U. Coupe du corps du clitoris. — 15. Face interne de la petite lèvre du côté gauche. — 16. Grande lèvre du même côté et orifice vulvaire.

dernier cas, en effet, l'urine doit arroser les excréments ou en être très rapprochée.

Canal de l'urètre, son extrême dilatabilité. — Chez la

femme, le canal de l'urètre est pour ainsi dire sculpté dans l'épaisseur de la paroi antérieure du vagin (fig. 59). Sa longueur n'est que de 3 centimètres. « C'est pourquoi, dit Dionis, les femmes ont plus vitevuidé leur urine : elles en reçoivent encore un avantage,- qui est que leur urine, sortant promptement, entraîne avec soi les petites pierres, le sable et le gravier qui restent souvent au fond de la vessie des hommes, ce qui empêche qu'elles ne soient aussi sujettes qu'eux à la pierre. » L'absence de la prostate et, par suite, celle du bas-fond de la vessie dans lequel s'accumulent chez l'homme les concrétions calcaires, sont la cause principale de la rareté de la pierre chez la femme.

Les parois du canal de l'urètre sont très extensibles ; elles peuvent, par une dilatation graduelle, permettre le passage de corps étrangers relativement volumineux. C'est ainsi que certaines femmes vicieuses se sont introduit dans la vessie, des étuis, des' noyaux de toute sorte, des sifflets, un bouchon de liège, un passe-lacets, etc. Le chirurgien Moreau a extrait de la vessie d'une femme une pomme d'api. Une Anglaise, voulant cacher une mèche de cheveux qui lui était chère, ne trouva rien de mieux que de se l'introduire dans la vessie en guise de médaillon. Ce corps étranger se couvrit d'incrustations calcaires et forma le noyau d'une pierre, dont on fut obligé de faire l'extraction.

L'extrême dilatabilité du conduit urinaire rend l'opération de la pierre plus facile et, par suite, moins grave chez la femme que chez l'homme. Elle a permis l'introduction du membre viril dans ce canal, ainsi que le professeur Tourdes l'a observé sur une femme atteinte d'imperforation du vagin. M. Noe>rgerath a proposé de mettre à profit cette propriété pour introduire le doigt dans la vessie, afin d'explorer plus facilement les organes internes : c'est ce qu'il appelle « le toucher vésical ». Avant de le pratiquer, il convient de dilater l'orifice externe du canal à l'aide d'une tige de laminaria^ qui a la propriété d'augmenter considérablement de volume sous l'influence de l'humidité.

Orifice vulvaire. Membrane hymen. — L'orifice vulvaire répond à l'extrémité inférieure du vagin et occupe la partie postérieure de la vulve. Il présente une étroitesse plus ou moins grande selon les femmes. Au moment de l'accouchement, il se distend assez pour donner passage à l'enfant.

Chez les jeunes filles vierges (fig. 60), l'orifice vaginal est en partie obturé par une cloison membraneuse, Vhymen (de ufxriv, membrane), qui est un repli de la muqueuse vulvaire. Elle renferme dans son épaisseur des vaisseaux et des nerfs, qui se rompent au moment de la dé-

floration et provoquent de la douleur et une légère hémorrhagie : Prima Venus débet esse cruenta {\) dit un ancien adage.

Dans certains cas, cependant, cet écoulement sanguin a été assez abondant pour entraîner la mort. Ainsi une jeune femme de vingt ans, parente du docteur Wachsmuth, a succombé la nuit de ses noces à l'hémorrhagie produite par la rupture de l'hymen. Il est vrai qu'elle était hémophile (de ou^a, sang, et cpt'Xôs, ami).

FiG. 60. — Aspect de la vulve chez la femme vierge.

1, Pénil ou mont de Vénus recouvert de poils. — 2, 2. Face interne ou muqueuse des grandes lèvres. — 3. Clitoris recouvert de son prépuce ou capuchon. — 4. Face inierne da^ petites lèvres dont l'extrémité supérieure forme le prépuce du clitoris. —5. Vestibule. — 6. Méai urinaire ou extrémité antérieure do l'urètre. — 7. Orifice de la glande vulvo- vaginale de Bartholin. — .8. Orifice du vagin rétréci par la membrane hymen. — 9. Membrane hymen. — 10. Fourchette. — 11. Anus.

Si l'hymen est rudimentaire ou très relâché, la consommation de l'acte vénérien peut avoir lieu chez une vierge sans déchirure et, par suite, sans perte de sang. Ces exceptions, assez fréquentes, sont

(1) Le premier rapport sexuel doit être sanglant.

connues depuis longtemps, car lorsque la coutume juive voulait que les parents de la mariée montrassent, aux anciens de la ville, la chemise de leur fille, où étaient imprimées les marques de sa virginité, les jeunes mariées prenaient la précaution de maculer de sang leur chemise avant d'entrer dans la couche nuptiale.

La douleur produite par la défloration est généralement vive; dans l'antiquité, pour étouffer les plaintes de la nouvelle mariée, on faisait remuer des noix aux enfants dans la chambre des époux, pendant la première nuit de noces. « Esclave, donne, donne des noix aux gamins, » dit Catulle, dans le chant nuptial de Julie et de Manlius. « C'est que, fait remarquer à ce propos le D"" Garnier, les Romains, très superstitieux et pour lesquels tout était allégorie, voyaient, dans la noix, l'énigme du mariage : il faut en briser la coque pour savoir ce qu'elle contient et si elle est saine ou gâtée. » Le Brémond pense que c'est aller chercher l'explication bien loin et qu'il est plus simple d'admettre qu'on répandait les noix devant les époux en signe de bonheur et d'abondance.

Cependant, un distique ancien

Nux, asinus, mulier, simili sunt lege ligata ; Haec tua nil fructus faciunt si verbera cessant (1).

établit, entre la noix et la femme, une comparaison qui n'est pas des plus flatteuses, même dans une boutade.

Dès que l'hymen a été rompu, les lambeaux de cette membrane se rétractent et forment, au pourtour de l'anneau vaginal, trois ou quatre petites saillies muqueuses ou excroissances charnues, que les anatomistes ont nommées les caroncules myrti formes^ parce qu'ils y ont vu une certaine ressemblance avec la fleur du myrte. Le D' Budin a soutenu qu'à la suite de la défloration, on réussissait encore à rapprocher les lambeaux de l'hymen, de façon à reconstituer cette membrane dans son intégrité et que l'accouchement pouvait seul détériorer l'anneau d'insertion de l'hymen (anneau hyménéal). Alors seulement la rétraction cicatricielle serait suffisante pour transformer les débris de l'hymen en caroncules myrtiformes. On conçoit l'importance médicolégale de cette assertion. Mais des exceptions, quelque rares qu'elles soient, lui retirent son caractère de vérité absolue.

L'hymen affecte différentes formes : les plus fréquentes sont celles

(1) Noix, âne, femme, tout cela est soumis à une même loi ; tu n'en auras aucun fruit si tu cesses les coups.

ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

d'un croissant (fig. 61) ou d'un anneau (fig. 62). Quelquefois, cette membrane est imperforée et s'oppose à l'écoulement du sang des règles. L'intervention du chirurgien est alors nécessaire pour réparer l'oubli de la nature et pratiquer, avec le bistouri, une ouverture artifîcielh. Cette conformation vicieuse a donné lieu à des erreurs de diagnostic dont l'une des plus curieuses a été rapportée par M. Tillaux dans son Anatomie topo graphique. « L'imperforation de l'hymen, dit cet aut-eur, peut déterminer des accidents très graves. Le sang des règles s'accumule dans le vagin, dans la cavité utérine, qui se distendent peu à peu, et, à la fin, surviennent de violentes douleurs qui

i. 61. — Hymen semi-lunaire. Fig. 62. — Hymen annulaire.

engagent les parents à demander un examen. Dans un cas de ce genre un confrère, appelé, trouva une fille de dix-huit ans en proie à des coliques mtenses, survenues brusquement; le ventre avait le volume de celui d une femme enceinte de cinq à six mois et, à la vulve, se présentait une tumeur violacée, du volume d'une orange, faisant saillie entre les grandes lèvres. La malade ne pouvait uriner et éprouvait de très grandes difficultés à aller à la selle. Notre confrère pensa, de prime abord a un accouchement prématuré et le déclara, ce qui ne surprit pas médiocrement la patiente. Mais l'erreur ne fut pas de longue durée La malade me fut envoyée de suite à Lariboisière. Une incision cruciale de 1 hymen donna issue à un litre et demi de sang noirâtre. La membrane était fort épaisse, comme charnue ». On cite une observation de Macaulay qui prit l'hymen distendu pour la poche des eaux.

Dernièrement, le D-- Desprès était sur le point d'ouvrir une tumeur de la région ombilicale, qu'avait produite la distension extrême de l'utérus par le sang, dans un cas d'imperforation de l'hymen. On conçoit que si l'hymen imperforé se rompait spontanément, il serait très difficile d'établir un diagnostic rélrospeclif de la grossesse, et, qu'en raison de certains symptômes, distension de l'utérus, dilatation et ramollissement du col, hémorrhagie, etc., on pourrait s'exposer à accuser d'infanticide une innocente.

On croit généralement que la résistance et la dureté de l'hymen augmentent avec l'âge ; c'est même une grande préoccupation de la part des personnes qui se marient sur le tard ; mais il n'en est rien, et les membranes cartilagineuses, observées par Ambroise Paré chez les femmes âgées, ne sont que des cas très exceptionnels. Ce qui est vrai, c'est que parfois il existe chez elles un défaut de souplesse et de dilatabilité de tout le plancher périnéal qui peut faire obstacle à l'accouchement; quant à l'hymen, il ne présente rien de particulier.

L'existence de l'hymen a été longtemps contestée. « Il y a trois choses, dit Salomon, qui sont trop merveilleuses pour moi, même quatre, lesquelles je ne connais point : la trace de l'aigle dans l'air, la trace du serpent sur un rocher, le chemin d'un navire au milieu de la mer et la trace de l'homme dans la vierge. »

Ambroise Paré ne voyait dans celte membrane qu'une anomalie de conformation, et Buffon qu'une chimère. Cependant, sa présence est assez constante pour qu'on ait pu la considérer comme le sceau de la virginité. Toutefois, son absence n'est pas un signe certain de défloration ; car elle peut manquer complètement ou présenter assez de •souplesse pour permettre le passage d'un pénis peu volumineux. C'est ce qui explique la persistance de l'hymen chez des filles publiques et même au moment de l'accouchement. Nous verrons d'ailleurs que la fécondation peuls'effectuer à la suite du simple dépôt de sperme à l'entrée de la vulve, et sans intromission du membre viril. Il suffit, nous le savons, de la vigueur de certains spermatozoïdes. Le professeur G. Braun (de Vienne) en a publié un exemple curieux : « Le jeune homme raconta qu'un dimanche il avait touché du piano ayant la jeune fille sur ses genoux, que, pendant qu'il l'embrassait, il avait soulevé ses jupons et pressé son pénis contre les cuisses de la jeune fille et que les deux s'étaient sentis mouillés. Le temps qu e cela dura a dû être fort court, car on ava it laissé ouverte la porte de la chambre voisine dans laquelle se trouvaient la mère et la sœur de la jeune fille qui n'avait cessé de converser avec elles ». Néanmoins, cette jeune imprudente devint enceinte en ayant conservé la membrane hymen.

ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

ARTICLE II

Page 1