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Vagin. — 2- Utérus. — 3. Myome

Elle contient denombreuses glandes qui fournissent un mucus épais, dont la sécrétion exagérée donne lieu à l'écoulement catarrhal appelé

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leucorrhée (de Xeuxè?, blanc et peîv, couler), (Lueurs (de fLuere^ couler) et communément fleurs blanches.

Pendant la grossesse, la muqueuse utérine prend le nom de caduque, parce qu'elle se détache et tombe avec l'œuf au moment de son expulsion ; de telle sorte que l'utérus fait « peau neuve » après chaque accouchement.

De même, certaines femmes, au moment de leurs règles, rendent par la vulve des lambeaux de muqueuse utérine. C'est une sorte d'avortemerît, accompagné de violentes coliques, et qui constitue la dysménorrhée membraneuse (de Sus, avec peine, et ai[j.6pp£îv, rendre du sang).

Nous verrons bientôt que les époques menstruelles résultent de la fluxion périodique de la muqueuse utérine.

La TUNIQUE MuscuLEusE cst composée de fibres entrelacées dont la disposition, en dehors de l'état de grossesse, est inextricable. Le développement que l'utérus acquiert, durant cette période, a permis aux anatomistes de distinguer trois plans de faisceaux musculaires superposés : la couche externe, la couche moyenne et la couche interne (fig. 120).

Ce sont les contractions de ces fibres qui déterminent les douleurs de l'accouchement et expulsent de la cavité utérine le produit de la conception. Si ces contractions se ralentissent, on les active en administrant quelques grammes de seigle ergoté (fig. 121), fraîchement pulvérisé; mais c'est un moyen dangereux que les sages-femmes emploient trop souvent. Les courants électriques activent aussi les contractions utérines, et le Dr Grunewald y a eu recours pour provoquer l'accouchement avant terme.

L'hypertrophie des fibres musculaires de l'utérus donne lieu à des tumeurs dures, volumineuses, appelées corps fibreux ou mieux mj/owes utérins (de [xS?, muscle) (fig. 122).

La TUNIQUE SÉREUSE cst Une dépendance du péritoine ; elle recouvre la plus grande partie de l'utérus (fig. 64) et se réfléchit, en avant, sur la vessie et, en arrière, sur le rectum, après avoir tapissé le cinquième supérieur du vagin. En se portant de l'utérus aux parois du bassin, l'enveloppe séreuse forme les ligaments larges et utéro-sacrés dont nous avons déjà parlé, et qui contribuent à maintenir la matrice en position. Le contact du péritoine avec l'utérus et ses annexes explique la fréquence de la péritonite à la suite des affections de ces organes.

Vaisseaux et nerfs de l'utérus. — De tous les tissus de l'économie, l'utérus est celui qui renferme le plus de vaisseaux : cette prodigalité de la nature est en rapport avec le rôle important que la matrice est appelée à jouer dans la propagation de l'espèce. La richesse

vasculairede l'utérus est la cause de son inflammation fréquente, ou mdlrite (de [ATjxpa, matrice). Les artères décrivent de nombreuses flexuosilés en forme de vrilles (fig. 123), qui persistent même quand l'utérus est distendu par le produit de la conception. Cette disposition a pour avantage de faire affluer dans le tissu utérin la plus grande quantité de sang possible.

Les veines sontvolumineuses et inégales ; elles forment de petits réservoirs qui semblent creusés dans l'épaisseur de la tunique musculeuse et doivent à cette conformation le nom de sinus utérins.

Les nerfs de l'utérus viennent du système nerveux du grand Fig. 123. - Artères héiicines de rovaire. sympalhique qui présidc aux

fonctions de la vie végétative ; aussi, les contractions de la matrice sont-elles indépendantes de la volonté. L'accouchement peut donc s'efîectuer pendant que la femme est en léthargie, ou dans le sommeil anesthésique, ou même après sa mort. Dans ce dernier cas, l'expulsion du fœtus est encore due à la pression produite par le dégagement des gaz de la putréfaction, et aussi à la rétraction utérine.

Les perturbations que, pendant la grossesse et même en dehors de cet état, l'utérus apporte dans les fonctions de l'estomac, viennent de l'origine commune de leurs fllets nerveux, qui émanent du grand sympathique. C'est ce qui fait dire à Beau que « l'utérus et l'estomac constituent une sorte de duumvirat de la pathologie de la femme ». Lucrèce, Virgile, Celse, Tacite, etc., employaient souvent le mot d'utérus comme synonyme d'estomac.

L'innervation des glandes mammaires a aussi la même origine que celle do l'utérus, et fait concevoir l'étroite sympathie fonctionnelle qui relie ces organes entre eux. Les anciens n'ignoraient pas cette particularité, mais ils croyaient que la matrice est reliée à la mamelle par des vaisseaux communs, chargés d'y faire affluer le lait pendant l'allaitement; de là l'expression métaphorique de «la montée du lait ».

Trompes utérines. — Les 'trompes utérines ou oviductes (fig. 12'i) sont des conduits situés dans les ligaments larges et qui ont été comparés par Fallope à une trompette. D'abord droites et étroites,

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les trompes utérines deviennent floxueuses, s'élargissent et se terminent par une extrémité libre flottante et évasée appelée pavillon. Cette extrémité est divisée en une douzaine de franges dentelées sur leurs bords; une d'elles plus longue, dite frange ovarique, se fixe à l'ovaire. Les anciens anatomistes donnaient à ces franges le nom de mors du diable par analogie avec la racine d'une plante de même nom, ou scabieuse des bois. Cette racine devrait sa forme singulière à une morsure du diable, furieux des bienfaits que donnait cette planté à l'espèce humaine.

FiG. 124. — Trompe utérine dont les parois ont été incisées sur toute la longueur pour montrer ses

plis longitudinaux.

1, 1. Ovaire. — 2, 2. Utérus. — 3. Ligament de l'ovaire. — 4, 4. Trompe utérine, — 5, 5. Pavillon de la trompe. — 6, 6. Frange unissant le pavillon à l'ovaire. — 7, 7. Plis longitudinaux. — 8. Extrémité interne de la cavité de la trompe.

La trompe utérine communique, d'un côté, avec la cavité utérine et, de l'autre, avec la cavité abdominale. Aussi conçoit-on que des liquides injectés à l'intérieur de l'utérus puissent pénétrer dans l'abdomen et déterminer une péritonite mortelle. Lorain a observé un accident de ce genre chez une jeune fille qui avait pris une simple injection vaginale. C'est afin d'éviter le passage du liquide dans les trompes, que le professeur Pajot a imaginé pour les injections intrautérines, une seringue à jets récurrents et continus (fig. 125).

Les trompes utérines favorisent le transport des spermatozoïdes, de l'utérus à l'ovaire et celui des ovules, de l'ovaire à l'utérus. La migration des ovules, d'après Henle, est facilitée par les mouvements ondulatoires des traînées de cils vibratiles [routes ciliées oic gazonne'es) qui tapissent la surface interne et externe des franges.

Elle peut se faire de l'ovaire d'un côté, à la trompe du côté opposé, en passant par le péritoine qui tapisse le fond de l'utérus; c'est ce qu'on a désigné sous le nom de transmigration de Vovule.

Des ovaires. — Un anatomiste ancien a comparé les ovaires à « de petits ermitages où le germe reçoit la visite du sperme ». Ces organes doivent leur nom à leur fonction qui est de sécréter des ovules.

Au nombre de deux, les ovaires sont situés dans les ligaments larges, en arrière et au-dessous des trompes de Fallope. Ils sont reliés à l'utérus par un cordon appelé ligament de l'ovaire (fig. 124) ; de là vient leur grande mobilité qui les dispose aux déplacements et aux hernies.

Les ovaires ont la forme et le volume d'une amande. Leur couleur est blanchâtre; leur surface est unie chez la jeune fille, elle devient bosselée, rugueuse, crevassée et se couvre de cicatrices dans un âge plus avancé : les ovaires ont alors l'aspect d'un noyau de pêche. De quarante à quarante-cinq ans, ces organes s'atrophient et cessent de fonctionner. ^

Texture des ovaires. Vésicules de de Graaf. — Si l'on coupe un des ovaires en deux (fig. 126), on trouve une partie centrale rougeâtre et une partie périphérique blanchâtre : celle-ci est la portion glandulaire et l'autre la portion vasculaire. Cette dernière est parfois le siège d'une congestion plus ou moins active, qui peut aller jusqu'à l'inflammation ou ovarite et provoque des élancements dans l'un ou l'autre flanc. C'est sans doute aussi la fluxion de cette partie de l'ovaire qui est le point de départ, Vaura de certaines attaques d'hystérie.

La portion glandulaire est encore appelée portion ovigène parce qu'elle contient de nombreuses vésicules, auxquelles de Graaf, qui les a le premier décrites, a laissé son nom. Ce physiologiste mourut à l'âge de trente-deux ans du chagrin qu'il éprouva de se voir contester sa découverte.

Indépendamment des vésicules de de Graaf, qui sont visibles à l'œil nu, le tissu de l'ovaire en renferme une quantité prodigieuse, que l'on découvre à l'aide du microscope. Sappey estime leur nombre à 700,000 par ovaire. Chacune d'elles sert d'enveloppe à l'élément générateur femelle V ovule; de là vient le nom d'ouisacs qu'on leur donne encore.

FiG. 12G. — Section verticale de l'ovaire .

1, 2. Vésicule de de Graaf à l'état rudimentaire. — 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. Vésicules à diverses périodes de développement, renfermant on ovule. — 10. Vésicule dont l'œuf s'est échappé par la section. — 12. Veine centrale d'un corps jaune. — 13. Artère périphérique du même corps jaune. — 14. Vaisseaux de l'ovaire.

Kystes de l'ovaire. — Sous l'influence d'un état morbide particulier, une vésicule de de Graaf peut s'hypertrophier ; elle acquiert alors un développement considérable et donne lieu à une tumeur volumineuse, dite kyste de Vovaire (fîg. 127) qui envahit progressivement toute la cavité de l'abdomen. Cette poche est remplie de sérosité; elle présente souvent des cloisons qui la divisent en plusieurs loges indépendantes, comme on le voit sur la fîg. 102. Pour obtenir la guérison de cette affection, il faut recourir à Vovariotomie, c'est-à-dire à l'extraction du kyste par une ouverture pratiquée à la paroi abdominale. Cette opération compte aujourd'hui de nombreux succès. Il n'en était pas ainsi il y a quelques années, alors

que Moreau rangeait l'ovariotomie « dans les attributions des exécuteurs des hautes œuvres ».

De la castration chez la femme. — Les ovaires sont aux organes génitaux de la femme ce que les testicules sont à ceux de l'homme ; les uns sécrètent l'élément générateur femelle, Vovule, les autres l'élément générateur mâle, le spermatozoïde. Cette analogie de fonctions avait été entrevue par Galien qui appelait les ovaires testes mulîehres (les testicules femelles).

L'ablation des ovaires chez la femme aura donc le même effet que celle des glandes séminales chez l'homme : elle la privera de toute

FiG. 127. — Développement do Tabdomon par un kyste de rovaire.

faculté procréatrice. Cette espèce de castration prend dans le sexe féminin une gravité exceptionnelle, car on ne peut l'exécuter sans ouvrir préalablement l'abdomen, comme nous venons de l'expliquer pour Vovariotomie.

On croit, cependant, qu'il est facile de rendre les femmes infécondes en leur enlevant la « grappe » (1) ; ce qui tend à propager cette erreur, c'est que la castration se fait journellement chez les femelles domestiques, comme les volailles, la truie et la vache, pour

(1) C'est le nom donné communément à l'ovaire unique des oiseaux, qui forme une espèce de grappe doat les grains inégaux sont représentés par les ovules, à différents degrés de développement.

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les engraisser. On châtre aussi la jument afin de calmer son ardeur génésiaque. Wier et de Graaf citent un châtreur de porcs qui, irrité du libertinage de sa fille, lui extirpa les ovaires. Il paraît qu'il était aussi d'usage, en Arabie, de castrer les femmes employées dans les sérails en qualité d'eunuques. D'après Maur, la première ablation d'ovaires a été faite, par ordre du roi de Lydie, sur une de ses femmes qui était trop féconde.

De nos jours, depuis li^s succès obtenus par Battey et Hegar, on pratique plus fréquemment la castration chez la femme. Cette opération comporte une mortalité de 14 0/0 et n'est justifiée que dans la métrorrhagie incoercible et dans certains cas de dysménorrhée nerveuse très rebelle et très grave.

FiG. 128. — Kyste muUilocuIaire de Tovaire gauche.

1. Utérus — 2. Pédicule du kyste. — 3. Loge pleine de liquide transparent. — 4. Loge pleine d'un liquide brunâtre. (Figure tirée do la Pathologie externe do M. Fort.)

Bien que l'ovaire exerce une influence réelle sur l'appétit vénérien, cet organe ne doit pas être considéré comme la source unique des incitations génésiaques. Ainsi le D"" Roubaiid a fait l'autopsie d'une jeune femme présentant une atrophie des deux ovaires et qui, de s m vivant, poussée par le besoin irrésistible des rapprochements sexuels, quitta un jour la maison paternelle et vint dans la ville voisine, où elle ne tarda pas à se livrer à la prostitution. Cinq années passées dans cette condition misérable ne purent contenter sa lubricité, à laquelle la mort mit seule un terme.

De l'œuf humain. — Dans l'intérieur de chacune des vésicules de de Graaf (fig. 129) que renferme la portion ovigène de l'ovaire, on trouve un liquide albumineux et un œuf ou ovule. Celui-ci est entouré d'une masse glanduleuse, ou disque proligère, qui sert à sa nutrition.

Les plus gros ovules sont à peine perceptibles à la vue. Ils se composent d'une enveloppe transparente, la membrane vitelline, contenant une masse jaune centrale, le vitellus, lequel renferme une vésicule maculée d'une tache, la vésicule et la tache germinatives^ et la vésicule embryogènc (fig. 130), Telle est la constitution de l'œuf humain avant qu'il soit fécondé.

Fio. 129. — Œuf dans la vésioulo de de G.-aaf.

A.(Euf. — B. Cumulus proligère. — G. Membrane granuleuse. — D. Cavité de la vésicule. — E. Membrane propre à la vésicule. — F. Stroma de l'ovaire.

Fio. 130. — Œuf humain.

A. Membrane vitelllne ou zone transparente. — B. Vilellu<(. — G. Vésicule germinative, — D. Tache gorminative. — E. Vésicule einbryogène entourée de granulations vitellines.

Le nombre des ovules est supérieur à celui des vésicules de de Graaf, car quelques-unes de ces dernières peuvent abriter deux et même trois ovules. En se tenant à l'estimation que nous avons donnée de 700,000 vésicules par ovaire, on voit que, si tous les œufs d'une femme étaient fécondés, elle pourrait fournir à elle seule une population de 1,400,000 habitants. Mais pendant toute la période d'activité génitale de la femme, c'est-à-dire de quatorze à quarante-cinq ans, il n'y a tout au plus que 400 ovules qui arrivent à maturité et une douzaine environ qui sont fécondés.

C'est ainsi que la nature a répandu à profusion les germes chez tous les êtres organisés, afin d'assurer la propagation des espèces ; mais c'est aussi contraire au mot de Bichat : « La nature est avare de moyens et prodigue d'effets. »

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De l'ovulation. — Tous les mois, à partir de la puberté, une vésicule de de Graaf augmente progressivement de volume, jusqu'à €e qu'elle ait atteint celui d'une cerise : arrivée à cette période de son évolution, c'est-à-dire à sa maturité, la vésicule fait saillie à la surface de l'ovaire (fig. 131 et se rompt, fig. 132). L'ovule est alors

FiG. 131. — Ovaire présentant une vésicule de de Graaf à son plus grand développement et peu de

temps avant sa rupture.

projeté dans le pavillon de la trompe, qui applique exactement ses franges autour du point où s'opère la déhiscence de la vésicule de de Graaf : puis il parcourt le canal de l'oviducte et pénètre dans la cavité

Fig. 132. — Rupture de la vésioule de de Graaf et issue de l'œuf.

A. Vésicule de de Graaf. — B, C, F. Granulations de la membrane granuleuse et du disque proligère. — E. Ovule. — D. Vésicule germinative.

utérine, où il se greffe s'il a rencontré des spermatozoïdes, et d'où, en cas contraire, il s'échappe au dehors. Tel est le phénomène de Vovulation ou ponte de Vœuf.

Formation des corps-jaunes. — Aussitôt après la rupture de^la vésicule de de Graaf. son enveloppe élastique revient sur ellemême, se plisse et forme une cicatrice particulière qui, en raison de

Fio. 133. — Corps jauno de la menstruation.

sa couleur, a reçu le nom de corps jaune (fîg. 133). Ce sont ces cicatrices ou rides que nous avons signalées à la surface des ovaires.

Quand un ovule a été fécondé, le corps jaune qui en résulte acquiert un volume considérable, par suite de l'hypertrophie que présente l'ovaire sous l'influence de la grossesse. Dans ce cas, il laisse une trace

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plus étendue que celle des corps jaunes de l'ovulation ordinaire, qui, nous le verrons bientôt, a pour fonction complémentaire la menstruation.

Les cicatrices indélébiles des corps jaunes permettent donc, jusqu'à un certain point, de dire, au seul examen des ovaires d'une femme le nombre de ses grossesses et de ses menstruations. On conçoit tout le parti que le médecin légiste peut tirer de ces indications.

De là menstruation. Sa périodicité. — La rupture de chaque vésicule ovarienne arrivée à maturité détermine un état congestif

Fie. 135. — Utérus ouvert pour montrer rhyperlrophie delà muqueuse, à l'époque des règles.

^' ^2TZl 'n '-T ^" ««"-P^ boursouflée. - G. Epaisseur de la coupe de la

iTriLe L'iromîs''*'^''''^'"^'"^' ^' '""'^"^"'^ diminuant d'épaisseur au niveau du col et de

de tous les organes génitaux internes et en particulier de la muqueuse utérme qui se gonfle (fig. 135), se fendille et donne lieu à une perspiration sangume, plus ou moins abondante, désignée sous les noms de flux menstruel (de menses, mois), de menstrues, de mois, de lunes, de règles, à' époques, d'ordinaires, dQ période cataméniale (de xa-ca, par,

et [xriv, mois), de menstruation. Ces différentes dénominations viennent de la périodicité du flux menstruel et de l'ovulation dont il est la conséquence, ce qui justifie l'idée de Baudelocque qui ne voyait dans la menstruation « qu'un avortement périodique ». Les règles se manifestent à peu près tous les vingt-huit jours (1), aussi une femme bien portante dit-elle qu'elles « avancent » chaque mois. La régularité des menstrues n'est troublée que par la maladie, et Mauriceau a regardé, avec raison, la menstruation comme « l'horlogede la santé».

De tout temps, le retour périodique des règles a été attribué à l'influence lunaire. Le vers suivant prouve que les anciens voyaient déjà une certaine corrélation entre l'âge des femmes et celui de la lune :

Luna vêtus vetulas, juvenes nova luna repurgat (2).

Mauriceau pensait que ce satellite « ayant une grande domination sur tous les corps humides, devait en exercer une sur le corps de la femme, que l'on dit, en risée, être lunatique à cause de cela ». Mais les physiologistes modernes on l fait justice de cette erreur. Le flux menstruel, en effet, ne dépend nullement des phases lunaires, puisqu'il s'observe indistinctement tous les jours de chaque mois.

Rapport de la menstruation et de l'ovulation. — Plusieurs faits démontrent la corrélation qui existe entre l'écoulement menstruel et la ponte de l'œuf. On sait, par exemple, que l'aplilude à la fécondation commence avec l'apparition des règles et finit avec leur suppression. De plus, le flux menstruel fait défaut dans le cas d'absence congénitale ou accidentelle des ovaires, pendant la grossesse et l'allaitement. De même, la période du rut ou de chaleur^ qui est la menstruation des animaux, disparaît quand on châtre les femelles.

Cependant, quelques faits exceptionnels, comme la persistance du flux menstruel après l'ablation des deux ovaires, la possibilité de la fécondation chez les femmes qui n'étaient pas réglées et les cas rares, il est vrai, de la continuation des règles dans le cours de la grossesse, ont porté plusieurs physiologistes à nier la subordination des règles à l'ovulation et à la rattacher à une congestion d'ordre réflexe.

On a surtout invoqué, pour nier la coïncidence entre l'ovulation et

(1) La femme a donc treize menstrues par an, et A. de Vigny, a commis une erreur physiologique dans ce vers où il fait allusion à la menstruation :

La femme enfant malade et douze fois impur.

(2) Les vieilles femmes ont leur règles à la vieille lune, les jeunes à la nouvelle.

la menstruation, l'exemple des ovipares chez qui l'ovulation s'effectue sans être précédée ni suivie de flux menstruel.

Pour ceux qui admettent une certaine liaison entre ces deux fonctions, la rupture de la vésicule de de Graaf, c'est-à-dire la ponte de l'œuf, s'effectuerait dans les derniers jours des règles. Aussi regardent-ils la huitaine qui suit l'écoulement cataménial comme la période la plus propice à la fécondation.

Apparition et durée de la menstruation, — L'époque du début et de la cessation des règles varie avec les climats, les mœurs et la constitution. L'apparition des règles est surtout précoce dans les grandes villes et dans les climats chauds, chez les jeunes filles qui ont le sens génital très développé, chez les brunes, et chez les riches.

D'après Tarnier et Ghantreuil, les périodes menstruelles s'établiraient entre onze et quinzs ans pour les climats chauds, entre douze et dix-huit pour les climats tempérés, et entre treize et vingt et un pour les climats froids. A Paris, la femme est ordinairement réglée de quatorze à quarante-cinq ans.

Les femmes qui sont réglé3S de bonne heure sont aussi celles qui cessent le plus tôt de l'être. On donne le nom de ménopause (de ^aiv, mois, et TïaSatç, fin) à l'époque delà cessation des règles.

Nous ne pouvons résister au plaisir de citer en entier une charmante pièce de poésie de L. Ratisbonne, relative à notre sujet, elle est intitulée :

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