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DES FAUSSES GROSSESSES

De nombreuses maladies peuvent être confondues avec la grossesse. Telles sont : la rétention des règles par suite de l'imperforation du col utérin ou de l'hymen, les polypes et les tumeurs fibreuses de la matrice (fîg. 122), les kystes de l'ovaire (fîg. 127), l'hypertrophie de l'utérus, les môles qui résultent de l'altération du germe, la tympanite abdominale sous l'influence de la chlorose ou de l'hystérie, enfin la physométrie (de cpù'aa, vent et [XTfTpa, matrice) ou distension de l'utérus par des gaz provenant, le plus souvent, de la décomposition de quelques caillots menstruels : « Il y a des femmes, dit Mauriceau, qui rendent des vents de la matrice avec aussi grand bruit que si c'était de l'anus, ce qui toutefois ne leur cause aucune autre incommodité que l'indécence de ce bruit extraordinaire.

Dans la plupart de ces maladies, les femmes se croient souvent enceintes; elles prennent, comme nous l'avons déjà dit, les contractions spasmodiques des intestins ou des muscles abdominaux pour les mouvements du fœtus.

Ces grossesses imaginaires, qui s'observent aussi chez les animaux, se terminent quelquefois par un faux travail très pénible. Tardieu a publié l'observation d'une femme qui, à la suite d'une erreur semblable, prenait les borborygmes de l'intestin pour les vagisse-

ments de son enfant ; tous les neufs moi, il lui semblait ressentir les douleurs de l'enfantement. Russel cite une femme chez qui les principaux symptômes de la grossesse (suppression des règles, développement du ventre, seins gorgés de lait, mouvements du fœtus) disparaissaient, en produisant une perte, tous les neuf mois pendant vingt ans. On sait que la reine Marie d'Angleterre eut aussi une grossesse illusoire et qu'elle croyait percevoir les mouvements du fœtus.

Enfin, la grossesse a été simulée à l'aide d'un ventre postiche, soit par des mendiantes pour inspirer plus de compassion, soit sous l'influence de l'aliénation mentale, soit par l'instinct du mensonge « qui, d'après Tardieu, est propre à tant d'individus du sexe féminin ». Dans ces supercheries, les mouvements fœtaux sont imités par les contractions volontaires des muscles abdominaux. C'est en contractant ces muscles que « cette grosse garce de Normandie », dont parle A. Paré, faisait sentir aux dames et damoiselles, à qui elle demandait l'aumône, le mouvement d'un serpent qu'elle feignait d'avoir dans le ventre « qui la rongeoit et tourmentoit iour et nuict ».

Des femmes vont quelquefois jusqu'à feindre le travail de l'enfantement. Ainsi Velpeau a publié l'observation d'une fille qui parvint, en se bourrant le vagin de chiffons, à simuler un accouchement complet, après s'être dite enceinte pendant près de trois ans. Ambroise Paré , cite, comme exemple d'illusion diabolique, une jeune fille qui « publioit partout que le diable une nuit l'avoit engrossie » ; elle eut, en effet, les douleurs de l'enfantement, pendant lesquelles il sortit « du corps d'icelle fille, des clous de fer, des petits tronçons de bois, de verre, des os, pierres et cheveux, des estoupes et plusieurs autres choses fantastiques et estranges ».

Ce genre de supercherie n'était pas inconnu des anciens ; dans le Truculentus, Plaute met en scène la courtisane Phrenésie qui simule un accouchement pour s'attacher le guerrier Stratophane.

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