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Moïse, comme prophète, a révélé aux hommes

la connaissance d’un Dieu unique, souverain maître et ’ I créateur de toutes choses; il a promulgué la loi du Sinaï

et po.sé les fondements de la vériüible foi; comme homme, il a été le législateur du peuple par lequel cette foi primitive, en s'épurant, devait un jour se répandre sur toute la terre.

22. — Christ, prenant do l'ancienne loi ce qui est éternel et divin, et rejetant ce qui n’était que transitoire, purement disciplinaire et de conception humaine,

ajoute /a révélition de la vie future dont Moïse n’avait !

point parlé, celle des peines et dos récompenses qui I

attendent l’homme après la mort. (Voir Revue spirite,

18til, p. <J() et 280.)

28. — La partie la plus importante de la révélation du Christ, en cg sens qu’elle est la source première, la i

CAItACTÈRES DE LA RÉVÉLATION SPIRITE

pierre angulaire de toute sa doctrine, c’est le point de vue tout nouveau sous lequel il fait envisager la divinité. Ce n’est plus le Dieu terrible, jaloux, vindicatif de Moïse, le Dieu cruel et impitoyable qui arrose la terre du sang humain, qui ordonne le massacre et l’extermination des peuples, sans excepter les femmes, les enfants et les vieillards, qui châtie ceux qui épargnent les victimes ; ce n’est plus le Dieu injuste qui punit tout un peuple pour la faute de son chef, qui se venge du coupable sur la personne de l’innocent, qui frappe les enfants i>our la faute' de leur père, mais un Dieu clément, souverainement juste et bon, plein de mansuétude et de miséricorde, qui pardonne au pécheur repentant, et rend à chacun selon ses œuvres; ce n’est plus le Dieu d’un seul peuple privilégié, h Dieu des années présidant aux combats pour soutenir sa propre cause contre le Dieu des autres j)euples, mais le père commun du genre humain qui étend sa protection sur tous ses enfants, et les appelle tous à lui; ce n’est plus le Dieu qui récompense et punit par les seuls biens de la terre, qui fait consister la gloire et le bonheur dans l'asservissement des peuples rivaux et dans la multiplicité de la progéniture, mais qui dit aux hommes : « Votre véritable patrie n’est pas en ce monde, elle est dans le royaume céleste; c’est lâ que les humbles de cœur seront élevés et que les orgueilleux seront abaissés. » Ce n’est plus le Dieu qui fait une vertu de la vengeance et ordonne de rendrè œil pour œil, dent pour dent, mais le Dieu de miséricorde qui dit : « Pardonnez les offenses si vous voulez qu’il vous soit pardonné; rendez le bien pour le mal; ne faites point à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fit. » Ce n’est plus le Dieu mesquin et méticuleux qui impose, sous les

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peines les plus rigoureuses, la manière dont il veut être adoré, qui s'offense de l’inobservance d’une formule, mais le Dieu grand qui regarde la pensée et ne s’honore pas de la forme; ce n’est plus enfin le Dieu qui veut être craint , mais le Dieu qui veut être aimé.

21. — Dieu étant le pivot do toutes les croyances religieuses, le but de tous les cultes, le caractère de toutes les )’eligions est conforme à l'idée quelles dqnnent de Dieu. Celles qui en font un Dieu vindicatif et cruel croient l’honorcr par des actes de cruauté, par le.s bùchei*s et les tortures ; celles qui en font un Dieu pai-tial et jaloux sont intolérantes ; elles sont plus ou moins méticuleuses dans la forme, selon qu’elles le croient plus ou moins entaché des faiblesses et des petitesses humaines.

25. — Toute la doctrine du Christ est fondée sur le caractère qu’il attribue à la Divinité. Avec un Dieu impartial, souverainement juste, bon et miséricordieux, il a pu faire de l’amour de Dieu et de la charité envers le prochain, la condition expresse du salut, et dire : C’est là toute la loi et les prophètes, il iiy en a pas d'autre. Sur cette croyance seule, il a pu asseoir le principe de l’égalité des hommes devant Dieu, et de la fraternité universelle.

Cette révélation des véritables attributs de la divinité, jointe à celle de l’immortalité de l’ame et de la vie future, modifiait profondément les rapports mutuels des hommes, leur imposait do nouvelles obligations, leur faisait envisager la vie présente sous un autre jour; elle devait, par eela même, réagir sur les mœurs et les relations sociales. C’est incontestablement, par ses conséquences, le point le plus capital de la révélation du Christ,

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CARACTÈRES DE IA RÉVÉLATION SPIRITE

et dont on n’a pas assez compris l’importance; il est regrettable de le dire, c’est aussi le point dont on s’est le plus écarté, que l’on a le plus méconnu dans l’interprétation de ses enseignements.

26. — Cependant Christ ajoute : Beaucoup des choses que je vous dis, vous ne pouvez encore les comprendre, et j’en aurais beaucoup d’autres h vous dire que vous ne comprendriez pas ; c’est pourquoi je vous parle en paraboles ; mais plus tard je vous enverrai le Consolateur, l’Esprit de Vérité qui rétablira toutes choses et vous les expliquera toutes.

Si Christ n’a pas dit tout ee qu’il aurait pu dire, c’est qu’il a cru devoir laisser certaines vérités dans l’ombre jusqu’à ce que les hommes fussent en état de les comprendre. De son aveu, son enseignement était donc incomplet, puisqu’il annonce la venue de celui qui doit le compléter; il prévoyait donc qu’on se méprendrait sur ses paroles, qu’on dévierait de son enseignement, en un mot, qu’on déferait ce qu’il a fait, puisque toute cliose doit être rétablie; or, on ne rétablit que ce qui a été défait.

27. — Pourquoi appelle-t-il le nouveau Messie Consolateur? Ce nom significatif et sans ambiguïté est toute une révélation. Il prévoyait donc que les hommes auraient besoin de consolations, ce qui implique l’insuffisance de celles qu’ils trouveraient dans la croyance qu’ils allaient se faire. Jamais peut-être Christ n’a été plus clair et plus explicite que dans ces dernières paroles, auxquelles peu de personnes ont pris garde, peut-être parce qu’on a évité de les mettre eu lumière et d’en approfondir le sens prophétique.

28. — Si Christ n’a pu développer son enseignement d’une manière complète, c’est qu’il manquait aux hommes

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