‹ La genèseChapitre 11 sur 236 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

des connaissances que ceux-ci ne pouvaient acquérir qu'avec le temps, et sans lesquelles ils ne pouvaient le comprendre; il est des choses qui eussent paru un nonsens dans l’état des connaissances d’alors. Compléter son enseignement doit donc s’entendre dans le sens d’ej:^pliquer et de développer, bien plus que dans celui d’y ajouter des vérités nouvelles ; car tout s’y trouve en germe ; il manquait la clef pour saisir le sens de ses paroles.

29. — Mais qui ose se permettre d’interpréter les Écritures sacrées? Qui a ce droit? Qui possède les lumières nécessaires, si ce ne sont les théologiens?

Qui l’ose? La science d’abord, qui ne demande de permission à personne pour faire connaître les lois de la nature, et saute à pieds joints sur les erreurs et les préjugés. — Qui a ce droit? Dans ce siècle d’émancipation intellectuelle et de liberté de conscience, le droit d’examen appartient à tout le monde, et les Écritures ne sont plus l’arche sainte à laquelle nul n’osait toucher du doigt sans risijuer d’être foudroyé. Quant aux lumières spéciales nécessaires, sans contester celles des théologiens, et tout éclairés que fussent ceux du moyen âge, et en particulier les Pères de l'Église, ils ne l’étaient cependant point encore assez pour ne pas condamner, comme hérésie, le mouvement de la terre et.la croyance aux antipodes ; et sans remonter si haut, ceux de nos jours n’ont-ils pas jeté l’anathème aux périodes de la formation de la terre ?

Les hommes n'ont pu expliquer les Écritures qu’â l’aide de ce qu’ils savaient, des notions fausses ou incomplètes qu’ils avaient sur les lois de la nature, j)lus tard révélées par la science ; voilà pourquoi les théologiens

CARACTÈRES DE LA RÉVÉLATION SPIRITE

eux-mémes ont pu , de très bonne foi, se méprendre sur le sens de cerüiines paroles et de certains faits de l’Évangile. Voulant à tout prix y trouver la confirmation d’une pensée préconçue, ils tournaient toujours dans le même cercle, sans quitter leur point de vue, de telle sorte qu’ils n’y voyaient que ce qu’ils voulaient y voir. Tout savants théologiens qu’ils étaient, ils ne pouvaient comprendre les causes dépendant de lois qu’ils ne connaissaient pas.

Mais qui sera juge des interprétations diverses et souvent contradictoires, données en dehors de la théologie? — L’avenir, la logique et le bon sens. Les hommes, de plus en plus éclairés à mesure que de nouveaux faits et de nouvelles lois viendront se révéler, sauront faire la part des systèmes utopiques et de la réalité; or, la science fait connaître certaines lois; le Spiritisme en fait connaître d’autres ; les unes et les autres sont indispensables à l'intelligence des textes sacrés de toutes les religions, depuis Confucius et Boudha jusqu’au christianisme. Quant à la théologie, elle ne saurait judicieusement excipcr des contradictions de la science, alors qu’elle n’est pas toujours d’accord avec elle-même.

30. — Le Spiritisme prenant son point de départ dans les paroles mêmes du Christ, comme Christ a pris le sien dans Moïse, est une conséquence directe de sa doctrine.

A l’idée vague de la vie future, il ajoute la révélation de l’existence du monde invisible qui nous entoure et peuple l’espace, et par là il précise la croyance; il lui donne un corps, une consistance, une réalité dans la pensée.

Il définit les liens qui unissent l’âme et le corps, et lève le voile qui cachait aux hommes les mystères de la naissance et de la mort.

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