CHAPITRE XI
est plus quand il est mort. La différence qui existe entre lui et la cloche, c’est que l’intelligence qui fait mouvoir celle-ci est en dehors d’elle, tandis que celle qui fait agir l’homme est en lui-même.
2. — Le principe spirituel est le corollaire de l’existence de Dieu ; sans ce principe, Dieu n’aurait pas de raison d’être , car on ne pourrait pas plus concevoir la souveraine intelligence ne régnant pendant l’éternité que sur la matière brute, qu’un monarque terrestre ne régnant durant toute sa vie que sur des pierres. Comme on ne peut admettre Dieu sans les attributs essentiels de la divinité : la justice et la bonté, ces qualités seraient inutiles si elles ue devaient s’exercer que sur la matière.
3. — D’un autre côté, on ne pourrait concevoir un Dieu souverainement juste et bon, créant des êtres intelligents et sensibles, pour les vouer au néant après quelques jours de souffrances sans compensations, repaissant sa vue de cette succession indéfinie d’êtres qui naissent sans l’avoir demandé, pensent un instant pour ne connaître que la douleur, et s’éteignent à jamais après une existence éphémère.
Sans la survivance de l’être pensant, les souffrances de la vie seraient, de la part de Dieu, une cruauté sans but. Voilà pourquoi aussi le matérialisme et l’athéisme sont les corollaires l’un de l’autre ; niant la cause, on ne peut admettre l’effet; niant l’effet, on ne peut admettre la cause. Le matérialisme est donc conséquent avec luimême, s’il ne l’est pas avec la raison.
4. — L’idée de la perpétuité de l’être spirituel est innée en l’homme ; elle est chez lui à l’état d’intuition et d’aspiration ; il comprend que là seulement est la compensation aux misères de la vie : c’est pourquoi il y a
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toujours eu et il y aura toujours plus de spiritualistes que de matérialistes, et plus de déistes que d’athées.
A l’idée intuitive et à la puissance du raisonnement, le Spiritisme vient ajouter la sanction des faits, la preuve matérielle de l’existence de l’être spirituel, de sa survivance, de son immortalité et de son individualité ; il précise et définit ce que cette pensée avait de vague et d’abstrait. Il nous montre l’étre intelligent agissant en dehors de la matière, soit après, soit pendant la vie du corps.
5. — Le principe spirituel et le principe vital sont-ils une seule et même chose?
Partant, comme toujours, de l’observation des faits, nous dirons que, si le principe vital était inséparable du principe intelligent , il y aurait quelque raison de les confondre; mais comme on voit des êtres qui vivent et qui ne pensent point, comme les plantes ; des corps humains être encore animés de la vie organique alors qu’il n’existe plus aucune manifestation de la pensée ; qu’il se produit dans l’étre vivant des mouvements vitaux indépendants de tout acte de la volonté ; que pendant le sommeil la vie organique est dans toute son activité , tandis •lue la vie intellectuelle ne se manifeste par aucun signe extérieur, il y a lieu d’admettre que la vie organique réside dans un principe inhérent à la matière, indépendant de la vie spirituelle qui est inhérente à l’Esprit. Dès lors que la matière a une vitalité indépendante de l’Esprit, et que l’Esprit a une vitalité indépendante de la matière, il demeure évident que cette double vitalité repose sur deux principes différents.
6. — Le principe spirituel aurait-il sa source dans l’élément cosmique universel? Ne serait-il qu’une transfor-