CHAPITRE XI
matioD, un mode d'existence de cet élément, comme la lumière, l’électricité, la chaleur, etc. ?
S’il en était ainsi, le principe spirituel subirait les vicissitudes de la matière; il s'éteindrait par la désagrégation comme le principe vital; l’être intelligent n’aurait qu’une existence momentanée comme le corps, et à la morji il rentrerait dans le néant, ou, ce qui reviendrait au même, dans le tout universel ; ce serait, en un mot, la sanction des doctrines matérialistes.
Les propriétés sut generis qu’on reconnaît au principe spirituel prouvent qu’il a son existence propre, indépendante, puisque s’il avait son origine dans la matière, il n’aurait pas ces propriétés. Dès lors que l’intelligence et la pensée ne peuvent être des attributs de la matière, on arrive à cette conclusion, en remontant des effets aux causes, que l’élément matériel et l’élément spirituel sont les deux principes constitutifs de l’univers. L’élément spirituel individualisé constitue les êtres appelés Esprits, comme l’élément matériel individualisé constitue les différents corps de la nature, ororganiques et inorganiques.
7. — L’être spirituel étant admis, et sa source ne pouvant être dans la matière, quelle est son origine, son point de départ?
Ici, les moyens d’investigation font absolument défaut, comme dans tout ce qui tient au principe des choses. L’homme ne peut constater que ce qui existe ; sur tout le reste il ne peut émettre que des hypothèses ; et, soit que cette connaissance dépasse la portée de son intelligence actuelle, soit qu’il y ait pour lui inutilité ou inconvénient à la posséder pour le moment, Dieu ne la lui donne pas, même par la révélation.
GENÈSE SPIRITUELLE
Ce que Dieu lui fait dire par ses messagers, et ce que d’ailleurs l’homme pouvait déduire lui-mcme du principe delà souveraine justice qui est un des attributs essentiels de la Divinité, c’est que tous ont un môme point de départ; que tous sont créés simples et ignorants, avec une égale aptitude pour progresser par leur activité individuelle ; que tous atteindront le degré de perfection compatible avec la créature par leurs efforts personnels ; que tous, étant les enfants d’un même père, sont l’objet d’una égale sollicitude; qu’il n’en est aucun de plus favorisé ou mieux doué que les autres, et dispensé du travail qui serait imposé à d’autres pour atteindre le but.
8. — En même temps que Dieu a créé des mondes matériels do toute éternité, il a également créé des êtres spirituels de toute éternité ; sans cela les mondes matériels eussent été sans but. On concevrait plutôt les êtres spirituels sans les mondes matériels, que ces derniers sans les êtres spirituels. Ce senties mondes matériels qui devaient fournir aux êtres spirituels des éléments d’activité pour le développement de leur intelligence.
9 . — Le progrès est la condition normale des êtres spirituels, et la perfection relative le but qu’ils doivent atteindre ; or. Dieu en ayant créé de toute éternité, et en créant sans cesse, de toute éternité aussi il y en a eu qui ont atteint le point culminant de l’échelle.
Avant que la terre fût, des mondes avaient succédé aux mondes, et lorsque la terre sortit du chaos des éléments, l’espace était peuplé d’êtres spirituels à tous les degrés d’avancement, depuis ceux qui naissaient à la vie, jusqu’à ceux qui, de toute éternité, avaient pris rang parmi les purs Esprits, vulgairement appelés les anges.