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CHAPITRE XI

enveloppe, désignée sous le nom de périsprit, d’un êtreabstrait, fait de l’Esprit un être concret, défini, saisissable par la pensée ; elle le rend apte à agir sur la matière tangible, de même que tous les fluides impondérables qui sont, comme on le sait, les plus puissants moteurs.

Le fluide périsprital est donc le trait d’union entre l’Esprit et la matière. Durant son union avec le corps, c’est le véhicule de sa pensée pour transmettre le mouvement aux différentes parties de l’organisme qui agissent sous l’impulsion de sa volonté, et pour répercuter dans l’Esprit les sensations produites par les agents extérieurs. Il a pour fils conducteurs les nerfs, comme dans le télégraphe, le fluide électrique a pour conducteur le fll métallique.

18. — Lorsque l'Esprit doit s’incarner dans un corps humain en voie de formation, un lienfluidique, qui n’est autre qu’une expansion de son périsprit, le rattache au germe vers lequel il se trouve attiré par une force irrésistible dès le moment de la conception. A mesure que le germe se développe, le lien se resserre ; sous l'influence du principe vital matériel du germe, le périsprit, qui possède certaines propriétés de la matière, s'unit molécule à molécule avec le corps qui se forme : d’où l'on peut dire que l’Esprit, par l’intermédiaire de son périsprit, prend en quelque sorte racine dans ce germe, comme une plante dans la terre. Quand le germe est entièrement développé, l’union est complète, et alors il nait à la vie extérieure.

Par un effet contraire, cette union du périsprit et delà matière charnelle, qui s'était accomplie sous l'influence du principe vital du germe, quand ce principe cesse d’agir par suite de la désorganisation du corps, qui en-

GENÈSE SPIRITUELLE

traîne la mort, l’union, qui n’était maintenue que par une force agissante, cesse quand cette force cesse d’agir ; alors le périsprit se dégage molécule à molécule, comme il s’était uni, et l’Esprit est rendu à la liberté. Ce n'est donc pas le départ de f Esprit qui cause la mort du corps, mais la mort du corps qui cause le départ de l'Esprit.

19. — Le Spiritisme nous apprend, par les faits qu’il nous met à même d’observer, les phénomènes qui accompagnent cette séparation : elle est quelquefois rapide, facile, douce et insensible; d’autres fois elle est très lente, laborieuse, horriblement pénible, selon l’état moral de l’Esprit, et peut durer des mois entiers .

20. — Un phénomène particulier, également signalé par l’observation, accompagne toujours l’incarnation do l’Esprit. Dès que celui-ci est saisi par le lien fluidique qui le rattache au germe, le trouble s’empare de lui ; ce trouble croît à mesure que le lien se resserre, et, dans les derniers moments, l'Esprit perd toute conscience de luiméme, de sorte qu'il n’est jamais témoin conscient de sa naissance. Au moment où l’enfant respire, l’Esprit commence à recouvrer ses facultés, qui se développent à mesure que se forment et se consolident les organes qui doivent servir à leur manifestation. Ici encore éclate la sagesse qui préside à toutes les parties de l’œuvre de la création. Des facultés trop actives useraient et briseraient des organes délicats à peine ébauchés; c’est pourquoi leur énergie est proportionnée à la force de résistance de ces organes.

21 . — Mais en même temps que l’Esprit recouvre la conscience de lui-même, il perd le souvenir de son passé, sans perdre les facultés, les qualités et les aptitudes acquises antérieurement, aptitudes qui étaient momentané-

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