CHAPITRE XI
ment restées à l’état latent, et qui, en reprenant leur activité, vont l’aider à faire plus et mieux qu’il n’a fait précédemment; il renaît ce qu’il s’est fait par son travail antérieur ; c’est pour lui un nouveau point de départ, un nouvel échelon à^avir. Ici encore se manifeste la bonté du Créateur, car le souvenir d’un passé, souvent pénible ou humiliant, s’ajoutant aux amertumes de sa nouvelle existence, pourrait le troubler et l’entraver ; il ne se souvient que de ce qu’il a appris, parce que cela lui est utile. Si parfois il conserve une vague intuition des événements passés, c’est comme le souvenir d’un rêve fugitif. C’est donc un homme nouveau, quelque ancien que soit son Esprit; il marche sur de nouveaux errements aidé de ce qu’il a acquis. Lorsqu’il rentre dans la vie spirituelle, son passé se déroule à ses yeux, et il juge s’il a bien ou m{il employé son temps.
22. — Il n’y a donc pas solution de continuité dans la vie spirituelle, malgré l’oubli du passé ; l'Esprit est toujours lui, avant, pendant et après l’incarnation ; l’incarnation n’est qu’une phase spéciale de son existence. Cet oubli n’a môme lieu que pendant la vie extérieure de relation ; pendant le sommeil, l’Esprit, en partie dégagé des liens charnels, rendu à la liberté et à la vie spirituelle, se souvient; sa vue spirituelle n’est plus autant obscurcie par la matière.
23. — En prenant l’humanité à son degré le plus infime de l’échelle intellectuelle, chez les sauvages les plus arriéres, on se demande si c’est là le point de départ de l’àme humaine.
Selon l’opinion de quelques philosophes spiritualistes, le principe intelligent, distinct du principe matériel, s’individualise, s’élabore, en passant par les divers degrés de
GENÈSE SPIRITUELLE
l’animalité ; c’est là que l’àme s’essaye à la vie et développe ses premières facultés par l’exercice; ce serait, pour ainsi dire, son temps d’incubation. Arrivée au degré de développement que comporte cet état, elle reçoit les facultés spéciales qui constituent l’àme humaine. Il y aurait ainsi filiation spirituelle, comme il y a filiation corporelle.
Ce système, fondé sur la grande loi d’unité qui préside à la création, répond, il faut en convenir, à Injustice et la bonté du Créateur; il donne une issue, un but, une destinée aux animaux, qui ne sont plus des êtres déshérités, mais qui trouvent, dans l’avenir qui leur est réservé, une compensation à leurs souffrances. Ce qui constitue l’homme spirituel, ce n’est pas son origine, mais les attributs spéciaux dont il est doué à son entrée dans l’humanité, attributs qui le transforment et en font un être distinct, comme le fruit savoureux est distinct de la racine amérc d’où il est sorti. Pour avoir passé par la filière de l’animalité, l’homme n’en serait pas moins homme ; il ne serait pas plus animal qui le fruit n’est racine, que le savant n’est l’informe fœtus par lequel il a débuté dans le monde.
Mais ce système soulève de nombreuses questions dont il n’est pas opportun de discuter ici le pour et lè contre, non plus que d’examiner les différentes hypothèses qui ont été faites à ce sujet. Sans donc rechercher l’origine del’àme, et les filières par lesquelles elle a pu passer, nous la prenons à son entrée dans l’humanité, au point ou, douée du sens moral et du libre arbitre, elle commence à encourir la responsabilité de ses actes.
24, — L’obligation, pour l’Esprit incarné, de pourvoir à la nourriture du corps, à sa sécurité, à son bien-être, le contraint d’appliquer ses facultés à des recherches, de
Di.