‹ La genèseChapitre 116 sur 236 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

profitent à leur avancement personnel, s’ils les remplissent selon les vues du Créateur.

47. — Sans la réincarnation , la mission du Christ serait un non-sens, ainsi que la promesse faite par Dieu. Supposons, en effet, que l’âme de chaque homme soit créée à la naissance de son corps, et qu’elle ne fasse que paraître et disparaitre sur la terre, il n’y a aucune relation entre celles qui sont venues depuis Adam jusqu’à Jésus-Christ, ni entre celles qui sont venues depuis; elles sont toutes étrangères les unes aux autres. La promesse d’un Sauveur faite par Dieu ne pouvait s’appliquer aux descendants d'Adam, si leurs âmes n’étaient pas encore créées. Pour que la mission du Christ pût se rattacher aux paroles de Dieu, il fallait qu’elles pussent s’appliquer aux mêmes âmes. Si ces âmes sont nouvelles, elles ne peuvent être entachées de la faute du premier père, qui n’est que le père charnel et non le père spirituel; autrement Dieu aurait créé des âmes entachées d’une faute qu’elles n’auraient pas commise. La doctrine vulgaire du péché originel implique donc la nécessité d’un rapport entre les âmes du temps du Christ et celles du temps d’Adam, et par conséquent de la réincarnation.

Dites que toutes ces âmes faisaient partie de la colonie d’Esprits exilés sur la terre au temps d’Adam, et qu’elles étaient entachées de la faute qui les avaient fait exclure d’un monde meilleur, et vous aurez la seule interprétation rationnelle du péché originel, péché propre à chaque individu, et non le résultat de la responsabilité de la faute d’un autre qu’il n’a jamais connu ; dites que ces âmes ou Esprits renaissent à diverses reprises sur la terre à la vie corporelle pour progresser et s’épurer ; que le Christ est venu éclairer ces mêmes âmes non-seu-

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lement pour leurs vies passées, mais pour leurs vies ultérieures, et seulement alors vous donnez à sa mission un but réel et sérieux, acceptable par la raison.

48. — Un exemple familier, frappant par son analog^ie, fera mieux comprendre encore les principes qui viennent d’étre exposés.

Le 24 mai 1861, la frégate Iphigénie amena à la Nouvelle-Calédonie une compagnie disciplinaire composée de 291 hommes. Le commandant de la colonie leur adressa, à leur arrivée, un ordre du jour ainsi conçu :

« En mettant le pied sur cette terre lointaine, vous avez déjà compris le rôle qui vous est réservé.

« A l’exemple de nos braves soldats de la marine servant sous vos jeux, vous nous aiderez à porter avec éclat, au milieu des tribus sauvages de la Nouvelle-Calédonie, le flambeau de la civilisation. N’est-ce pas là une belle et noble mission, je vous le demande? Vous la remplirez dignement.

« Écoutez la voix et les conseils de vos chefs. Je suis à leur tête; que mes paroles soient bien entendues.

« Le choix de votre commandant, de vos officiers, de vos sous-officiers et caporaux est un sûr garant de tous les efforts qui seront tentés pour faire do vous d’excellents soldats; je dis plus, pour vous élever à la hauteur de bons citoyens et vous transformer en colons honorables, si vous le désirez.

« Votre discipline est sévère; elle doit l’être. Placée en nos mains, elle sera ferme et inflexible , sachez-le bien; comme aussi, juste et paternelle, elle saura distinguer l’erreur du vice et de la dégradation... »

Voilà donc des hommes expulsés, pour leur mauvaise conduite, d’un pays civilisé, et envoyés, par punition.

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