CHAPITRE XII
Il y a également coïncidence, non avec l’ordre numérique des périodes, mais pour le fait, dans le passage où il est dit que, le troisième jour : a Les eaux, qui sont sous le ciel se rassemblèrent en un seul lieu, et que l’élément aride parut. » C’est l’expression de ce qui eut lieu dans la période tertiaire, quand les soulèvements de la croûte solide mirent à découvert les continents, et refoulèrent les eaux qui ont formé les mers. C’est alors seulement que parurent les animaux terrestres, selon la géologie et selon Moïse.
7. — Lorsque Moïse dit que la création fut faite en six jours, a-t-il voulu parler de jours de vingt-quatre heures, ou bien a-t-il compris co mot dans le sens de : période, durée, espace de temps indéterminé, le mot hébreu traduit paryour ayant cette double acception? La première hypothèse est la plus probable , si l’on s’en réfère au texte môme. La spécification du soir et du matin, qui limitent chacun des six jours, donne tout lieu de supposer qu’il a voulu parler de jours ordinaires. On ne peut même concevoir aucun doute à cet égard, lorsqu’il dit, verset 5 :
« Il donna à la lumière le nom de jour, et aux ténèbres le nom de nuit; et du soir et du matin se fit le premier jour, n Ceci ne peut évidemment s’appliquer qu’au jour de vingt-quatre heures, divisé par la lumière et les ténèbres. Le sens est encore plus précis quand il dit, verset 17, en parlant du soleil, de la lune et des étoiles ; « Il les mit dans le firmament du ciel pour luire sur la terre ; pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière d’avec les ténèbres. Et du soir et du matin ae fit le quatrième jour. »
D’ailleurs, tout, dans la création, était miraculeux, et dès lo^s qu’on entre dans la voie des miracles, on peut
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parfaitement croire que la terre s’est faite en six fois vingt-quatre heures, surtout quand on ignore les premières lois naturelles. Cette croyance a bien été partagée partons les peuples civilisés jusqu’au moment où la géologie est venue, pièces en main, en démontrer l’impossibilité.
8. — Un des points qui ont été les plus critiqués dans la Genèse, c’est la création du soleil après la lumière. On a cherché à l’expliquer, d’après les données mômes fournies par la géologie, en disant que, dans les premiers temps de sa formation, l’atmosphère terrestre, étant chargée de vapeurs denses et opaques, ne permettait pas de voir le soleil qui, dès lors, n’existait pas pour la terre. Cette raison serait peut-être admissible si, à cette époque, il y avait eu des habitants pour juger de la présence ou de l'absence du soleil; or, selon Moïse même, il n’y avait encore que des plantes, qui, toutefois, n’auraient pu croître et se multiplier sans l’actron delà chaleur solaire.
Il y a donc évidemment un anachronisme dans l’ordre que Moïse assigne à la création du soleil; mais, involontairement ou non, il n’a pas commis d’erreur en disant que la lumière avait précédé le soleil.
Le soleil n’est point le principe de la lumière universelle, mais une concentration de l’élément lumineux sur un point, autrement dit du fluide qui, dans des circonstances données, acquiert les propriétés lumineuses. Ce fluide, qui est la cause, devait nécessairement exister avant le soleil, qui n’est qu’un effet. Le soleil est cause pour la lumière qu’il répand, mais il est effet par rapport à celle qu’il a reçue.
Dans une chambre obscure, une bougie allumée est un petit soleil. Qu’a-t-on fait pour allumer la bougie? on a