‹ La genèseChapitre 132 sur 236 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Mon iniquité est trop grande pour pouvoir en obtenir le pardon. — Vous me chassez aujourd’hui de dessus là terre, et j’irai me cacher de devant votre face. Je serai fugitif et vagabond sur la terre, quiconque donc me trouvera me tuera. — Le Seigneur lui répondit : Non, cela ne sera pas ; car quiconque tuera Caïn on sera puni très sévèrement . Et le .Seigneur mit un signe sur Caïn, afin que ceux qui le trouveraient ne le tuassent point.

Caïn, s'étant retiré de devant la face du Seigneur, fut vagabond sur la terre, et il habita vers la région orientale de l’Eden. — Et ayant connu sa femme, elle conçut et enfanta Hénoch. Il bâtit • ensuite une ville qu’il appela Hénoch (Enochia) du nom de son fils. (Chap. IV, versets de 13 à 16.)

24. — Si l’on s’en rapporte à la lettre de la Genèse, voici à quelles conséquences on arrive : Adam et Ève étaient seuls dans le monde après leur expulsion du paradis terrestre; ce n’est que postérieurement qu’ils eurent pour enfants Caïn et Abel. Or Caïn, ayant tué son frère et s’étant retiré dans une autre contrée, ne revit plus son père et sa mère, qui furent de nouveau seuls; ce n’est que longtemps après, à l’àge de cent-trente ans, qu’Adam eut un troisième fils, appelé Seth. Après la naissance de Seth, il vécut encore, selon la généalogie biblique, huit cents ans, et eut des fils et des filles.

Lorsque Caïn vint s’établir à l’orient de l’Eden, il n’y avait donc sur la terre que trois personnes : son père et sa mère, et lui seul do son côté. Cependant il eut une femme et un enfant; quelle pouvaitétre cette femme et où avait-il pu la prendre? Il bâtit une ville; mais une ville suppose des habitants, car il n’est pas à présumer qu’il la fit pour lui, sa femme et son fils, ni qu’il ait pu la construire ù lui seul.

Il faut donc inférer de ce récit même que la contrée était peuplée ; or ce ne pouvait être par les descendants d’Adam, qui alors n’en avait pas d’autre que Caïn.

La présence d’autres habitants ressort également de cette parole de Caïn : « Je serai fugitif et vagabond , et quiconque me trouvera me tuera, i> et de la réponse que Dieu lui fit. Par qui pouvait-il craindre d'étre tué, et à quoi bon le signe que Dieu mit sur lui pour le préserver, s’il ne devait rencontrer personne ? Si donc il y avait sur la terre d’autres hommes en dehors de la famille d’Adam, c’est qu’ils y étaient avant lui; d’où cette conséquence, tirée du texte même de la Genèse, qu’Adam n’est ni le premier ni l’unique père du genre humain. (Ch. XI, n“ 34.

25. — Il fallait les connaissances que le Spiritisme a apportées touchant les rapports du principe spirituel et du principe matériel, sur la nature de l'âme, sa création à l’état de simplicité et d’ignorance, son union avec le corps, sa marche progressive indéfinie à travers des existences successives, et à travers les mondes qui sont autant d'échelons dans la voie du perfectionnement, son affranchissement graduel de l’influence de la matière par l'usage de son libre arbitre, la cause de ses penchants hors ou mauvais et de ses aptitudes, le phénofnène de la naissance et de la mort, l’état de l’Esprit dans l’erraticité, enfin l’avenir qui est le prix de ses efforts pour s’améliorer et de sa persévérance dans le bien, pour jeter la lumière sur toutes les parties de la Genèse spirituelle.

Grâce à cette lumière, l'homme sait désormais d'où il vient, où il va, pourquoi il est sur la terre et pourquoi il souffre ; il sait que son avenir est entre ses mains, et que la durée de sa captivité ici-bas dépend de lui. La Genèse, sortie de l’allégorie étroite et mesquine, lui apparaît grande et digne de la majesté, de la bonté et de la justice du Créateur. Considérée de ce point de vue, la Genèse confondra l’incrédulité et la vaincra.

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