CHAPITRE XIII
riel ; cette base défie le temps et la science , cav le temps et la science viendront la sanctionner.
Dieu n’en est pas moins digne de notre admiration, de notre reconnaissance, de notre respect, pour n’avoir pas dérogé à ses lois, grandes surtout par leur immuabilité.
Il n’est pas besoin du surnaturel pour rendre à Dieu le culte qui lui est dû ; la nature n’est-elle pas assez imposante par elle-même, qu’il faille encore y ajouter pour prouver la puissance suprême? La religion trouvera d’autant moins'd’incrédules, qu’elle sera de tous points sanctionnée par la raison. Le christianisme n’a rien à perdre à cette sanction; il ne peut, au contraire, qu’y gagner. Si quelque chose a pu lui nuire dans l’opinion de certaines gens, c’est précisément l’abus du merveilleux et du surnaturel.
19. — Si l’on prend le moi miracle dans son acception étymologique, dans le sens de chose admirable , nous avons sans cesse des miracles sous les yeux ; nous les aspirons dans l’air et nous les foulons sous nos pas, car tout est miracle dans la nature.
Veut-on dounsr au peuple, aux ignorants, aux pauvres d'esprit une idée de la puissance de Dieu? Il faut la leur montrer dans la sagesse infinie qui préside h tout, dans l’admirable organisme de tout ce qui vit, dans la fructification des plantes, dans l’appropriation de toutes les parties de chaque être à ses besoins, selon le milieu où il est appelé à vivre ; il faut leur montrer l’action de Dieu dans le brin d’herbe, dans la fleur qui s’épanouit, dans le soleil qui Vivifie tout ; il faut leur montrer sa bonté dans sa sollicitude pour toutes les créatures, si infimes qu’elles soient, sa prévoyance dans la raison d’être de chaque chose, dont aucune n’est inutile, dans le bien qui sort
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toujours d’un mal apparent et momentané. Faites-leur comprendre surtout que le mal réel est l’ouvrage de l’homme, et non celui de Dieu; ne cherchez pas à les épouvanter par le tableau des flammes éternelles, auxquelles ils finissent par ne plus croire et qui leur font douter de la bonté de Dieu ; mais encouragez-les par la certitude de pouvoir se racheter un jour et réparer le mal qu’ils ont pu faire; montrez-leur les découvertes de la science comme la révélation des lois divines, et non comme l’œuvre du Satan ; apprenez-leur, enfin, à lire dans le livre de la nature sans cesse ouvert devant eux ; dans ce livre inépuisable où la sagesse et la bonté du Créateur sont inscrites à chaque page : alors ils comprendront qu’un Être si grand, s’occupant de tout, veillant à tout, prévoyant tout, doit être souverainement puissant. Le laboureur le verra en traçant son sillon, et l’infortun^ le bénira dans ses afflictions, car il se dira : Si je suis malheureux, c’est par ma faute. Alors les hommes seront vraiment religieux, rationnellement religieux surtout, bien mieux qu’en s’évertuant à leur faire croire h des pierres qui suent le sang, ou à des statues qui clignent des yeux et versent des larmes.
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Niiliire el itropriélos des Iluides. — Explication de quelques faits réputés surnaturels.
NATl'HE ET PROPRIÉTÉS DES FUIDES
1. — La scisnce a donné la clef des miracles qui ressortent plus particulièrement de l’élément matériel, soit eu les expliquant, soit en en démontrant l'impossibilité, p.ir les lois qui régissent la matière; mais les phénomènes où l’élément spirituel a une part prépondérante, ne pouvant être expliqués par les seules lois de la matière , échappent aux investigations de la science ; c’est pourquoi ils ont, plus que les autres, les caractères apparents du merveilleux. C’est donc dans les lois qui régissent la vie spirituelle (ju’on peut trouver la clef des miracles de cette catégorie.
2. — Le fluide cosmique universel est, ainsi que cela a été démontré, la matière élémentaire primitive, dont les modifications et transformations constituent l’innombrable variété des corps de la nature. En tant que principe élémentaire universel, il offre deux états distincts : celui d’éthérisation ou d’impondérabilité, que l’on peut considérer comme l’état normal primitif, et celui de ma-
•nHAPITIlE XIV - LES FLCIOES
térialisation ou depondérabilité, qui n’est en quebiue sorte que consécutif. Le point intermédiaire est celui de la transformation du fluide en matière tangible; mais, là encore, il n’y a pas de transition bruscpie, car on peut considérer nos fluides impondérables comme un terme moyen entre les deux états. (Cliap. IV, n®' 10 et suiv.)
Chacun de ces deux états donne nécessairement lieu à des phénomènes spéciaux : au second appartiennent ceux du monde visible, et au premier ceux du monde invisible. Les uns, appelés phénomènes matériels, sont du ressort de la science proprement dite; les autres, qualifiés de phénomènes spirituels ou psychiques, parce qu'ils se lient plus spécialement à l’existence des Esprits, sont dans les attributions du Spiritisme; mais, comme la vie spirituelle et la vie corporelle sont en contact incessant, les phénomènes de ces deux ordres se présentent souvent simultanément. L’homme, à l’état d'incarnation, ne peut avoir la perception que des phénomènes psychiques qui se lient à la vie corporelle ; ceux qui sont du domaine exclusif de la vie spirituelle échappent aux sens matériels, et ne peuvent être perçus qu’à l’état d’Esprit (1).
3. — A l’état d’éthérisation, le fluide cosmique n’est pas uniforme ; sans cesser d’être éthéré, il subit des modifications aussi variées dans leur genre, et plus nombreuses peut-être qu’à l'état de matière tangible. Ces mo- ’diflcations constituent des fluides distincts qui, bien que
(1) La dénomi latioii de phénomène psychique rend plus exaelement la pensée que celle de phénomène spirituel, attendu que ces phénomènes reposent sur les propriétés et les attributs de l'éme, ou mieux des fluides périspritaux qui sont inséparables do l’Ame. Cette qualification les rattache plus intimement à l’ordre des faits naturels régis par des lois; on peut donc les admettre comme effets psychiques, sans les admettre à titre de miracles.