‹ La genèseChapitre 138 sur 236 · CILiPlTRE XllI · texte numérisé non relu

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qu’il est venu révéler; ces faits rentrent donc, quoique sous un autre nom, dans l’ordre des phénomènes spirites, et comme tels n’ont rien de surnaturel. Il est bien entendu qu'il nn s’agit ici que des - faits authentiques, et non de ceux qui, sous le nom de miracles, sont le pro- <luit d’une indigne jonglerie. en vue d’exploiter la crédulité ; non plus que de certains faits légendaires qui peuvent avoir eu, dans l’origine, un fond de vérité, mais que la superstition a amplifiés jusqu’à l’absurde. C’est sur ces faits que le Spiritisme vient jeter la lumière, en donnant les moyens de faire la part de l’erreur et de la vérité.

15. — Quant aux miracles proprement dits, rien n’étant impossible à Dieu, il peut en faire sans doute ; en a-t-il fait ? en d’autres termes : déroge-t-il aux lois qu’il a établies ? Il n’appartient pas à l’homme de préjuger les actes de la Divinité et de les subordonner à la faiblesse de son entendement ; cependant nous avons pour critérium de notre jugement, à l’égard des choses divines, les attributs mêmes de Dieu. A la souveraine puissance il joint la souveraine sagesse, d’où il faut conclure qu’il ne fait rien d’inutile.

Pourquoi donc ferait-il des miracles ? Pour attester sa puissance, dit-on ; mais la puissance de Dieu ne se manifeste-t-èlle pas d’une manière bien autrement saisissante par l’ensemble grandiose des œuvres de la création, par la sagesse prévoyante qui préside à ses parties les plus infimes comme aux plus grandes, et par l’harmonie des lois qui régissent l’univers, que par quelques petites et puériles dérogations que savent imiter tous les faiseurs de tours? Que dirait-on d’un savant mécanicien qui, pour prouver son habileté, détraquerait l’horloge qu’il a con-

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CARACTÈRES DES MIRACLES

struite, cüef-d’œuvre de science, afin de montrer qu'il peut défaire ce qu’il a fait? Son savoir ne ressort-il pas, au contraire, de la régularité et de la précison du mouvement?

La question des miracles proprement dits n’est donc pas du ressort du Spiritisme ; mais, s’appuyant sur ce raisonnement; que Dieu ne fait rien d’inutile, il émet cette opinion que : les miracleé n’étant pas nécessaires à la glorification de Dieu, rien, dans l’anivers, ne s’écarte des lois générales. S’il est des faits que nous ne comprenons pas, c’est qu'il nous manque encore les connaissances nécessaires.

16. — En admettant que Dieu ait pu, pour des raisons que nous ne pouvons apprécier, déroger accidentellement aux lois qu’il a établies, ces lois ne sont plus immuables ; mais au moins est-il rationnel de penser que lui seul a cc pouvoir; en ne saurait admettre, sans lui dénier la toutcpuis'sance, qu'il soit donné à l’Esprit du mal de défaire l’œuvre de Dieu, en faisant de son côté des prodiges à séduire même les élus, ce qui impliquerait l’idée d’une puissance égale à la sienne ; c’est pourtant ce que l’on , enseigne. Si Satan a le pouvoir d’interrompre le cours dos lois naturelles, qui sont l’œuvre divine, sans la permission de Dieu, il est plus puissant que Dieu : donc Dieu n’a pas la toute-puissance; si Dieu lui délègue ce pouvoir, comme on le prétend, pour induire plus facilement les hommes au mal, Dieu n'a pas la souveraine bonté, Dans l’un et l’autre cas, c’est la négation d'un des attributs sans lesquels Dieu ne serait pas Dieu.

Aussi l’Eglise distingue-t-elle les bons miracles qui viennent de Dieu, des mauvais miracles qui viennent de Satan ; mais comment en faire la différence ? Qu’un miracle soit officiel ou non, ce n’en est pas moins une déro-

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gation aux lois qui émanent de Dieu seul; si un individu est guéri soi-disant miraculeusement, (jue ce soit par le fait de Dieu ou de Satan, il û’en est pas moins guéri- Il faut avoir une Inen pauvre idée de rintelligence humaine pour espérer que de pareilles doctrines puissent être acceptées de nos jours.

La possibilité de certains faits réputés miraculeux étant reconnue, il en faut conclure que, quelle que soiHa source qu’on leur attribue, ce sont des effets naturels dont £sprits ou incarné.'i peuvent user, comme de tout, comme de leur propre intelligence et de leurs connaissances, scientifiques, pour le bien ou pour le mal, selon leur bonté ou leur perversité. Un être pervers, mettant à profit son savoir, peut donc faire des choses qui passent pour des' prodiges aux yeux des ignorants mais quand ces effets ont pour résultat un bien quelconque, il serait illogique de leur attribuer une origine diaboliqué. " « - . ,

17. — ‘ Mais, dit-on, la religion s'appuie sur“des faits qui ne sont ni expliqués ni explicables. Inexpliqués, peut-être; inexplicables, c’est une autre question. Saiton les découvertes et les connaissances que nous réserve l’avenir î Sans parler du miracle de la Création, le plus grand de tous sans contredit, et qui est aujourd’hui rentré dans le domaine de la loi universelle, no voit-on pas déjà, sous l’empire du magnétisme, du somnambulisme, du Spiritisme; se reproduire les extases, les visions, les apparitions, la vue à distance, les guérisons instantanées, les suspensions, les communications orales et autres avec les êtres du monde invisible, phénomènes connus de temps immémorial, considérés jadis comme merveilleux, et démontrés aujourd’hui appartenir à l’ordre des choses

CARACTERES DES MIRACLES

naturelles, d’après la loi constitutive des êtres ? Les livres sacrés sont pleins de faits de ce genre qualifiés de surnaturels ; mais, comme on en trouve d'analogues et de plus merveilleux encore dans toutes les i^ligions païennes de l’antiquité, si la vérité d’une religion dépendait du nombre et de la nature de ces faits, on no sait’ trop celle qui l’emporterait.

18. — Prétendre que le surnaturel est le fondement nécessaire de toute religion, qu’il est la clef de voûte de l'édifice chrétien, c’est soutenir une thèse dangereuse ; si l’on fait reposer les vérités du christianisme sur la base unique du merveilleux, c’est lui donner un appui fragile. dont les pierres se détachent chaque jour. Cette thèse, dont d’éminents théologiens se sont faits leg défenseurs, conduit droit à cette conclusion que, dans un temps donné, il n’j aura plus de religion possible, pas même, la religion chrétienne, si ce qui est regardé comme surnaturel est démontré naturel; car on aura beau entasser les arguments, on ne parviendra pas à maintenir la croyance qu’un fait est miraculeux, quand il est prouvé qu’il ne l’est piis : or la preuve qu’un fait n’est pas une exception dans les lois naturelles, c’est lorsqu'il peut être expliqué, par CCS mômes lois, et que, pouvant se reproduire par l’entremise d’un individu quelconque, il cesse d’être le privilège des saints. Ce n’est pas le surnaturel qui est nécessaire aux religions, mais bien le pnndpe spirituel, que l’on confond à tort avec le merveilleux, et sans lequel il n’y ' a pas de religion possible.

Le Spiritisme considère la religion chrétienne d'un point plus élevé ; il lui donne une base plus solide que les miracles, ce sont les lois immuables de Dieu, qui régissent le principe spirituel comme le principe maté-

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