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CHAPITRE XW

Les Esprits supérieurs, au contraire, peuvent venir dans les mondes inférieurs et même s’j incarner. Ils puisent, dans les éléments constitutifs du monde où ils entrent, les matériaux de l’enveloppe fluidiqueou charnelle appropriée au milieu où ils se trouvent. Ils font comme le grand seigneur qui quitte ses habits dorés pour se revêtir momentanément de la bure, sans cesser pour cela d’être grand seigneur.

C’est ainsi que des Esprits de l’ordre le plus élevé peuvent se manifester aux habitants de la terre, ou s’incarner en mission parmi eux. Ces Esprits apportent avec eux, non l’enveloppe, mais le souvenir par intuition des régions d’où ils viennent, et qu’ils voient par la pepsée. Ce sont des voyants parmi des aveugles.

10. — La couche des fluides spirituels qui environnent la terre peut être comparée aux couches inférieures de l’atmosphère, plus lourdes, plus compactes, moins pures que les couches supérieures. Cés fluides ne sont pas homogènes ; c’est un mélange de molécules de diverses qualités, parmi lesquelles se trouvent nécessairement les molécules élémentaires qui en forment la base, mais plus ou moins altérées. Les effets produits par ces fluides seront en raison de la .<omme des parties pures qu’ils renferment. Tel est, par comparaison, l’alcool rectiflé Ou mélangé, en différentes proportions, d’eau ou d’autres substances : sa pesanteur spécifique augmente par ce mélange, en même temps que sa force et son. inflammabilité diminuent, bien que dans le tout il y ait de l’alcool pur.

Les Esprits appelés à vivre dans ce milieu y puisent leur périsprit; mais, selon que l’Esprit est plus ou moins épuré lui-même, son périsprit se forme des parties les

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plus pures ou les plus grossières de ce milieü. L'Elsprit y produit, toiyours par comparaison et non-par assimilation, l'effet d'un réactif chimique qui attire à lui les molécules assimilables à sa nature. ,

Il en résulte ce fait capital, que la constitution intime du périsprit n’est pas identique chez tous les Esprits incarnés ou désincarnés qui peuplent la terre ou l’espace environnant. Il n’en est pas de même du corps charnel, qui, comme cela a été démontré, est formé des mêmes éléments, quelles que soient la supériorité ou l’infériorité de l’Esprit. Aussi, chez tous, les effets produits par le corps sont^ils les mêmes,, les besoins pareils, tandis qu’ils différent pour tout ce qui est inhérent au périsprit.

Il en résulte encore que l’enveloppe périspritale du même Esprit se modifie avec le progrès moral de celuici à chaque incarnation, bien que s’incarnant dans le môme milieu; que les Esprits supérieurs, s’incarnant exceptionnellement en mission dans un monde inférieur, ont un périsprit moins grossier que celui des indigènes de ce monde.

11. — Le milieu est toujours en rapport avec la nature des êtres qui doivent y vivre; les poissons sont dans l'eau; les êtres terrestres sontdans l'air; les êtres spirituels sont dans le fiuide spirituel ou étbérc, même sur la terre. Le fluide étfaéré est pour les besoins de l’Esprit ce que l’atmosphère est pour les besoins des incarnés. Or, dp même que les poissons ne peuvent vivre dans l’air; que les animapx terrestres ne peuvent vivre dans une atmosphère trop raréfiée pour leurs poumons, les Esprits inférieurs ne peuvent supporter l’éclat et l’impression des fluides les plus éthérés. Ils n’y mourraient pas, pwce-que l’Esprit ne meurt pas, mais une force instinctive les en tient éloignés,

' •mPITRE XIV

comme on s'éloigne d’un feu trop ardent ou d'une lumière trop éblouissante. Voilà t>ourquoi ils ne peuvent sortir du milieu approprié à leur nature; pour en changer, il faut qu’üs changent d’abord leur nature ; qu’ils se dépouillent des instincts matériels qui les retiennent dans les milieux matmnels; en un mot, qu'ils s’épurent et se transforment moralement; alors, graduellemént, ils s’identifient avec un milieu plus épuré, qui devient pour eux un besoin, une nécessité, comme les yeux de celui qui a longtemps vécu dans les ténèbres s’habituent insensiblement à la lumière du jour et à l’éclat du soleil.

12. — Ainsi to«t se lie, tout s’enchaîne dans l’univers; tout est soumis à la grande et harmonieuse loi d’unité, depuis la matérialité la plus compacte jusqu’à la spiritualité la plus pure. La terre est comme un vase d’où s’échappe une fumée épaisse qui s’éclaircit à mesure qu’elle s’élève, et dont' les parcelles raréfiées se perdent dans l’espace infini.

La puissance divine éclate dans toutes les parties do cet ensemble grandiose, et l’on voudrait que, pour mieux attester sa puissance, Dieu, non content de ce qu’il a fait, vînt troubler cette harmonie! qu’’l> abaissât au rôle de magicien par de puérils effets dignes d’un prestidigitateur! Et l’on ose, par surcroît, lai donner pour rival en habileté Satan lui-méme ! Jamais, en vérité , on ne rabaissa davantage la lùajesté divine, ’ct l’on s’étbnne du progrès- de l’incrédujitél .

Vous avez raison de le' dire : « La foi s’en va! » mais c’est la foi en tout 'ce qui choque le bon sens et la raison qui s’en va; la foi pareille à celle qui fit dire jadis : «Les dieux s’en vont ! » Mais la foi dans les choses sérieuses, la foi eif Dieu et en l’Immortalité est toujours vivace dans

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le cœur de l’homme, et si elle a été étoutfée sous les puéi-iles histoires dont on l’a surchargée, elle se relève plus forte dès qu’elle en est dégagée, comme la plante comprimée se relève dès- qu’elle revoit le soleil !

Oui, tout est miracle dans la nature, parce que tout est admirable et témoigne de la sagesse divine! Ces miracles sont pour tout le monde, pour tous ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, et non au profit de quelques-uns. Non! il n'y a point de miracles dans le sens qu’on attache à ce mot, parce que tout ressort des lois éternelles de la création.

" 13. — Les fluides spirituels, qui constituent un des états du fluide cosmique universel, sont donc l'atmosphère des êtres spirituels; c’est l’élément où ils puisent les matériaux sur lesquels ils opèrent; le milieu où se passent les phénomènes spéciaux, perceptibles à la vue et à l'ouïe de l’Esprit, et qui échappent aux sens charnels impressionnés par la seule matière tangible; c’est enfin le véhicule de la pensée, comme l’air est le véhicule du son.

14. — Les Esprits 'agissent sur les fiuides spirituels, non en les manipulant comme les hommes manipulent les gaz, mais à l’aide de la pensée et de la volonté. La pensée et la volonté sont aux Esprits cfe que la main est à l'homme. Par la pensée, ils impriment à ces fluides telle ou telle direction; ils les agglomèrent, les combinent ou les disperseirt; Us en forment des ensembles ayant une apparence, une forme, une couleur déterminées; ils en changent les ' propriétés comme un chimiste change celles des gaz ou autres corJ)s en les combinant suivant certaines lois. C’est le grand atelier ou laboratoire de la vie spirituelle.

Quelquefois, ces transformations sont le résultat d’une intention; souvent, elles sont le produit d’une pensée in-

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