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CHAPITRE XIV

consciente; il suffit à l'Esprit de penser à une chose pour que cette chose se produise.

C’est ainsi, par exemple, qu’un Esprit se présente à la vue d’un incarné doué de la vue spirituelle, sous les apparences qu’il avait de son vivant à l’époque où on l’a connu, aurait-il eu plusieurs incarnations depuis. J1 se présente avec le costume, les signes extérieurs, infirmités, cicatrices, membres amputés, etc,, qu’il avait alors; un décapité se présentera avec la tête de moins. Ce n’est pas à dire qu’il ait conservé ces apparences; non certainement, car, comme Esprit, il n’est ni boiteux, ni manchot, ni borgne, ni décapité ; mais sa pensée se reportant à l’époque où il était ainsi , son périsprit en prend instantanément les apparences, qu’il quitte de môme instantanément. Si donc il a été une fois nègre et une autre fois blanc, il se présentera comme nègre ou comme blanc, selon celle de ces deux incarnations sous laquelle il sera évoqué et où se reportera sa pensée.

Par un effet analogue, la pensée de l’Esprit crée fluidiquement les objets dont il avait l’habitude de se servir; un avare maniera de l’or, un militaire aura ses armes et son uniforme, un fumeur sa pipe, un laboureur sa charrue et ses bœufs, une vieille femme sa quenouille. Ces objets fiuidiques sont aussi réels pour l’Esprit qu’ils l’étaient à l’état matériel pour l’homme vivant; mais, parla m,ôme raison qu’ils sont créés par la pensée, leur existence est aussi fugitive que la pensée (1).

15. — L’action des Esprits sur les fluides spirituels a des conséquences d’une importance directe et capitale pour les incarnés. Dès l’instant que ces fluides sont le

(1) Rei ue S/tirite, juillet 1859, page 184. — Livre des Médiums, chap. VIII.

LES aüIDES

véhicule de la pensée, que la pensée peut en modifier les propriétés, il est évident qu’ils doivent être imprégnés des qualités bonnes o\i mauvaises des pensées qui les mettent en vibration, modifiés par la pureté ou l’impureté des sentiments. Les mauvaises pensées corrompent les fluides spirituels, comme les miasmes délétères corrompent l’air respirable. Les fluides qui entourent ou que projettent les mauvais Esprits sont donc viciés, tandis que ceux qui reçoivent l’influence des bons Esprits sont aussi purs que le comporte le degré de la perfection morale de ceux-ci.

n serait impossible de faire ni une énumération ni une classification des bons et des mauvais fluides, ni de spécifier leurs qualités respectives, attendu que leur diversité est aussi grande que celle des pensées.

16. — Si le.s fluides ambiants sontmodifiés par la projection des pensées de l’Esprit, son enveloppe périspritale, qui est partie constituante de son être, qui reçoit directement et d’une manière permanente l’impression de ses pensées, doit plus encore porter l’empreinte de ses qualités bonnes ou mauvaises. Les fluides viciés par les eflluves des mauvais Esprits peuvent s’épurer par l’éloignement de ceux-ci, mais leur périsprit sera toujours ce qu’il est, tant que l’Esprit ne se modifiera pas lui-même.

17. — Les hommes étant des Esprits incarnés, ils ont en partie les attributions de la vie spirituelle, car ils vivent de cette vie tout autant que de la vie corporelle, d’abord pendant le sommeil, et souvent à l’état de veille. L’Esprit, en s’incarnant, conserve son périsprit avec les qualités qui lui sont propres, et qui, comme on le sait, n’est pas circonscrit par le corps, mais rayonne tout alentour et l’enveloppe comme d’une atmosphère fluidique.

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