‹ La genèseChapitre 145 sur 236 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

spirituelle. La première a des foyers circonscrits dans les corps lumineux; la seconde a son foyer partout ; c’est • la raison pour laquelle il n’y a pas d’olistacles à la vue spirituelle ; elle n’est arrêtée ni par la distance, ni par l’opacité de la matière; l’obscurité n’existe pas pour elle.

Le monde spirituel est donc éclairé par la lumière spirituelle, qui a ses effets propres, comme le monde materiel est éclairé par la lumière solaire.

25. — L’âme, enveloppée de son périsprit, porte ainsi en elle son principe lumineux; pénétrant la matière en vertu de son 'essence éthérée, il n’y a pas de corps opa- ques pour sa vue.

Cependant, la vue spirituelle n’a ni la môme étendue ni la même pénétration cliez tous les Esprits ; les purs Esprits seuls la possèdent dans toute sa puissance ; chez les Esprits inférieurs, elle est affaiblie par la grossièreté relative du périsprit qui s’interpose comme une sorte de brouillard.

Elle se manifeste à différents degrés chei les Esprits ' incarnés par le phénomène de la seconde vue, soit dans le somnambulisme naturel ou magnétique, soit â l’état de veille. Selon le degré de puissanee de la faculté, on dit que la lucidité est plus ou moins grande. C’est à l'aide de cette faculté que certaines personnes voient l’intérieur de l’organisme et décrivent la cause des maladies.

26. — La vue spirituelle donne donc des perceptions spéciales qui, n’ayant pas pour siège les organes matériels, s’opèrent dans des conditions tout autres qublà vue corporelle. Par cette raison, on ne peut en attendre des effets identiques et l’expérimenter par les mêmes procédés. S’accomplissant en dehors de l’organisme, elle a une mobilité qui déjoue toutes les prévisions. Iffaut l’ptu-

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dier dans ses effets et dans ses causes, et non par assimilation avec la vue ordinaire, qu’elle n’cst pas destinée à suppléer, sauf des cas exceptionnels et que l’on ne saurait prendre pour régie.

'Sî. — La vue spirituelle est nécessairement incom- {dète et imparfaite chez les Esprits incarnés, et par conséquent sujette h des al)errations. Ayant son siège dans l’âme elle-même, l’état de l’àme doit influer sur les perceptions qu’elle donne. Selon le degré de son développement, les circonstances et l’état moral de l’individu, elle peut donner, soit dans le sommeil, soit à l’état de veille : 1“ la perception de certains faits matériels réels, comme la connaissance d’événements qui se passent au loin, les détails descriptifs d’une localité, les causes d’une maladie et les remèdes convenables ; 2'* la perception de choses également réelles du monde spirituel, comme la vue des Esprits ; 3" des images fantastiques créées par l’imagination, analogues aux créations fluidiques de la pensée. (Voyez ci-dessus u“ 14.) Ces créations sont toujours en rapport avec les dispositions morales de l’Esprit qui les enfante. C’est ainsi que la pensée de personnes.fortement imhues et préoccupées de certaines croyances religieuses leur présente l’enfer, ses fburnaises, ses tortures et ses démons, tels qu’elles se les figurent : c’est parfois toute une épopée ; les païens voyaient l’Olympe et le .Tartafo. comme les chrétiens voient l’Enfer et le Paradis. Si, au réveil, ou au sortir de l’extase, ces personnes conservent un souvenir précis de leurs visions, elles les prennent pour des réalités et des confirmations de leurs croyailoes, tandis que ce n’est qu’un produit de leurs propres pensées (1). Il y a donc un choix très rigou-

(1) C’est ainsi qu’on petit expliquer les visious de la sœur Elme-

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reux à faire dans les visions extatique^ avant de les accepter. Le remède à la trop grande crédulité, sous ce rapport, est l’étude des lois qui régissent le monde spirituel.

28. — Les rêves proprement dits présentent les trois natures de visions décrites ci-dessus. C’est aux deux premières qu’appartiennent les rêves à prévisions, pressentiments et avertissements; c’est dans la troisième, c’està-dire dans les créations fluidiques de la pensée qu’on peut trouver la cause de certaines images fantastiques qui n’ont rien de réel par rapport à la vie matéî'ielle, mais qui ont, pour l’Esprit, une réalité parfois telle, que le corps en subit le contre-coup, et qu’on a vu les clieveux blanchir sous l’impression d’un rêve. Ces créations peuvent être provoquées : par les croyances exaltées; par des souvenirs rétrospectifs; par les goûts, les désirs, les passions, la crainte, les remords; parles préoccupations habituelles; par les besoins du corps; ou une gène dans les fonctions de l’organisme; enfin, par d’autres Esprits, dans un but bienveillant on malveillant, selon leur nature (1).

— La matière inerte est insensible ; le fluide périsprital l’est également, mais il transmet la sensation au centre sensitif qui est l’Esprit. Les lésions douloureuses du corps se répercutent donc dans l'Esprit cbmme un choc électrique, par l’intermédiaire du fluide périsprital dont les nerfs paraissent être les fils conducteurs. C’est l’influx nerveux des physiologistes, qui, ne connaissant

liclp qui, SC reportant au temi)s de I4 Passion du Christ, dit avoir vu des choses matérielles qui n’ont jamais existé que dans \i 0 livres qu’elle a lus; celles de madame Cautanille («wue Spirite,' août 18()(i, p. 210), et une partie de celles de Swedenborg'.. •

(1) 'Keeue Spirite, juin 1800, page 172; — septembre ISliti, p. 284. — Livre des Esprits, chap. Vlll, n« 400.

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LES FLUIDES

pas les rapports de ce fluide avec le principe spirituel, n’ont pu s’en explii^uer tous les effets.

Cette interruption peut avoir lieu par la séparation d’un membi’e, ou la section d’un nerf, mais aussi, partiellement ou d'une manière générale, et sans aucune lésion, dans les moments d’émancipation, de grande surexcitation ou préoccupation de l’Esprit. Dans cet état,' l’Esprit ne songe plus au corps, et dans sa fiévreuse activité, il attire, pour ainsi dire, à lui le fluide périsprital qui, se retirant de la surface, y produit une insensibilité momentanée. C’est ainsi que, dans l’ardeur du combat, un militaire ne s’aperçoit souvent pas qu’il est blessé; qu’une personne, dont l’attention est concentrée sur un travail, n’entend pas le bruit qui se fait autour d’elle. C’est un effet analogue, mais plus prononcé, qui a lieu chez certains somnambules, dans la léthargie et la catalepsie. C’est ainsi, enfin, qu’on peut expliquer l’insensibilité des convulsionnaires et de certains martyrs. [Revue Spirite, janvier 1868 : Etude sur les Aïssaouas.) ‘

La paralysie n’a pas du tout la même cause : ici l’effet est tout organique ; ce sont les nerfs eux-mômes, les fils conducteurs qui- ne sont plus aptes à la circulation fluidique; ce sont les cordes de l’instrument qui sont altérées.

30. — Dans certains états pathologiques, alors que l’Esprit n’est plus dans le corps, et que le périsprit n’y adhère que par quelques points, le corps a tontes les apparences de la mort,- et l’on est dans le vrai absolu en disant <iue la vie ne tient (lu'à un fil. Cet état peut durer plus ,011 moins longtemps ; certaines parties du corps peuvent même entrer en décomposition, sans que la vie soit définitivement éteinte. Tant que le dernier fil

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