CHAPITRE XIV
parfois spontané, mais le plus souvent il est provoqué par l’appel du magnétiseur.
31. — La faculté de guérir par l’influx fluidique est très commune, et peut se développer par l’exercice, mais celle de guérir instantanément par l’imposition des mains est plus rare, et son apogée peut être considéré comme exceptionnel. Cependant on a vu à diverses époques, et presque chez tous les peuples, des individus qui la possédaient ft un degré éminent. En ces derniers temps, on en a vu plusieurs exemples remarquables, dont l’authenticité ne peut être contestée. Puisque ces sortes de guérisons reposent sur un principe naturel, et que le pouvoir de les opérer n’est pas un privilège, c’est qu’elles ne sortent pas de la nature et qu’elles n’ont de miraculeux que l’apparence (1).
35. — Le périsprit est invisible pour nous dans son état normal, mais, comme il est formé de matière éthérée, l’Esprit peut, dans certains cas, lui faire subir, par un acte de sa volonté, une modification moléculaire qui le rende momentanément visible. C’est ainsi que se produisent les apparitions, qui, pas plus que les autres phénomènes, ne sont en dehors des lois de la nature. Celui-ci n’est pas plus extraordinaire que celui de la vapeur, qui est invisible quand elle est très raréfiée, et qui devient visible quand elle est condensée.
Selon le degré de condensation du fluide périsprital, l’apparition est quelquefois vague et vaporeuse ; d’autres
(1) Exemples de (guérisons instantanées rapportées dans la Aerue ' Spiritf : le prince de Hohenlohe, décembre 1866, p. 368; — Jacob, octobre et novembre 1866, pages 312 et 345; octobre et novembre 1867, pages 306 et 339; — Simonet, août 1867, page 232; — Caïd Hassan, octobre 1867, page 303 ; — le curé Gassner, novembre 1867, page 331.
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LES FLUIDES
fois, elle est plus nettement définie; d’autres fois, enfin, elle a toutes les apparences de la matière tangible ; elle peut môme aller jusqu’à la tangibilité réelle, au point qu’on peut se méprendre sur la nature de l’ôtre qu’on a devant soi.
Les apparitions vaporeuses sont fréquentes, et il arrive assez souvent que des individus se présentent ainsi, après leur mort , aux personnes qu’ils ont affectionnées. Lés apparitions tangibles sont plus rares, quoiqu’il y en ait d’assez nombreux exemples, parfaitement authentiques. Si l’Esprit veut se faire reconnaître, il donnera à son enveloppe tous les signes extérieurs qu’il avait de son vivant.
36. — Il est à remarquer que les apparitions tangibles n’ont que les apparences de la matière charnelle, mais ne sauraient en avoir les qualités; en raison de leur nature fluidique, elles ne peuvent avoir la môme cohésion, parce que, en réalité, ce n’est pas de la chair. Elles se forment instantanément et disparaissent de môme, ou s’évaporent par la désagrégation des molécules fiuidiques. Les êtres qui se présentent dans ces conditions ne naissent ni ne meurent comme les autres hommes; on les voit et on ne les voit plus, sans savoir d’oû ils viennent, comment ils sont venus, ni où ils vont ; on ne pourrait pas les tuer, ni les enchaîner, ni les incarcérer, puisqu’ils n’ont pas de corps charnel; les coups qu’on leur porterait frapperaient dans le vide.
Tel est le caractère des agérières, avec lesquels on peut s’entretenir sans se douter de ce qu’ils sont , mais qui ne font jamais de longs séjours, et ne peuvent devenir les commensaux habituels d’une maison, ni figurer parmi les membres d’une famille.