Si l’on considère en outre la puissance moralisa- l
trice du Spiritisme par le but qu’il assigne à toutes les '
actions de la vie, par les consé(iuences du bien et du mal qu’il fait toucher du doigt; la force morale, le courage, les consolations qu’il donne dans les al'llictions par une inaltérable confiance en l’avenir, par la pensée d’avoir près de soi les êtres ([ue l’on a aimés, l’assurance de les revoir, la possibilité do s’entretenir avec eux, enfin par la certitude que do tout ce (jue l’on fait, do tout ce que l’on acquiert en intelligence, en science, en moralité jusqu'à la dernière heure de la vie, rien n’est perdu , que tout profite ù l’avancement, on reconnaît que le Spiritisme réalise toutes les promesses du Christ à l’égard du Consolateur annoncé. Or, comme c’est l'Esprit de YiTité qui préside au grand mouvement de la régénération, la promesse de son avènement se trouve de même réalisée,
CARACTÈRES DE LA RÉVÉLATION SPIRITE
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43. — Si, à ces x’ésulUits, on ajoute la rapidité inouïe de la propagation du Spiritisme, malgré tout ce qu’on a fait pour l’abattre, on ne peut disconvenir que sa venue ne soit providentielle, puisqu’il triomphe do toutes les forces et de toutes les mauvaises volontés humaines. La facilité avec laquelle il est accepté par un si grand nombre, et cela sans contrainte, sans autres moyens que la puissance de l’idée, prouve qu’il répond à un besoin : celui de croire à quelque chose, après le vide creusé par l’incrédulité, et que, par conséquent, il est venu en son temps.
44. — Los affligés sont en grand nombre , il n’est donc pas surprenant que tant de gens accueillent une doctrine qui console de préférence à celles qui désesjiôrent; car c’est aux dé.shérités, plus qu’aux heureux du monde, que s’adresse le Spiritisme. Le malade volt venir
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(1) Rien des pères de famille déplorent la mort prématurée d'enfants pour l’éducation desquels ils ont fait de grands sacrifices, et se disent que tout cela est en pure perte. Avec le Spiritisme, ils ne regrettent pas ces sacrifices, et seraient prêts les faire, même avec la certitude de voir mourir leurs enfants, car ils savent que, si ces derniers no profitent pas de cette éducation dans le présent, elle servira, d’abord A leur avancement comme Esprits, puis que ce sera autant d'acquis pour une nouvelle existence, et que lorsqu’ils reviendront, ils auront un bagage intellectuel qui les rendra plus aptes à acquérir de nouvelles connaissances. Tels sont ces enfants qui apportent en naissant des idées innées, qui savent sans pour ainsi dire avoir besoin d’apprendre. Si, comme pères, ils n’ont pas la satisfaction immédiate de voir leurs enfants mettre cetto éducation .è profit, ils en jouiront certainement |)lus tard, soit comme Esprits, soit comme hommes. Peut-être seront-ils do nouveau les parents de ces mêmes enfants qu’on dit heureusement doués par la nature, et qui doivent leurs aptitudes à une précédente éducation; comme aussi, si des enfants tournent mal par suite de la négligence de leurs parents, ceux-ci peuvent avoir à en souffrir plus tard par les ennuis et les chagrins qu’ils leur susciteront dans une nouvelle existence.
(Evang. selon le Spir. : ch, V, n" 21 : Morts préuinturécs.)
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lo mrdeciu avec jiliis do joie que celui qui se porte l)ieu ; or, les affligi'îs sont des malades, et le Consolateur est, le médecin.
Vous qui combattez lo Spiritisme , si vous voulez qu'on lo quitte pour vous suivre, donnez idus et mieux que lui; guérissez plus sûrement les blessures de l’àme. Donnez donc plus de consolations, plus de satisfactions du cœur, des espérances plus légitimes, des certitudes pins grandes; faites de l’avenir un tableau plus rationnel, plus séduisant; mais ne pensez pas l’emporter, vous, avec la perspective du néant, vous, avec l’alternative (les lîammes de l’enfer ou de la béate et inutile contemplation perpétuelle.
45. — La première révélation était personnifiée dans Moïse, la seconde dans le Christ, la troisième ne l’est dans aucun individu. Les deux premières sont individuelles, la troisième est collective; c’est là un caractère essentiel d’une grande importance. Elle est colUtetive en ce sens qu’elle n’a été faite par privilège à personne ; (pie personne, par conséquent, ne peut s’en dire le prophète exclusif. Elle a été faite simultanément sur toute la terre, à des millions de personnes, de tous âges, de tous temps et de toutes conditions, depuis le plus bas jusqu’au ])lus haut de l’échelle, selon cette prédiction rapportée pai‘ l’auteur dos .'àctes des apôtres : « Dans les derniers ' temps, dit le Seigneur, je répandrai de mon esprit sur toute chair; vos fils et vos filles prophétiseront; vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront (les songes. » Elle n'est sortie d’aucun culte spécial, afin de servir un jour à tous de point de ralliement (1).
(1) Notre i'(Mc personnel, dans le grand mouvement des idées
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40. — Les doux premières rcvéliitions étant le produit d'un enseignement personnel, ont été forcément localisées, c’est-à-dire qu’elles ont eu lieu sur un seul point, autour duquel l’idée s’est répandue de proche eu lirochc; mais il a fallu bien des siècles pour qu’elles atteignent les extrémités du monde, sans l’envahir tout entier. La troisième a cela de particulier, que n’étant pas personnifiée dans un individu, elle s’est produite simultanément sur des milliers de points différents, qui tous sont devenus des centres ou fojers de rayonnement. Ces centres se multipliant, leurs rayons se rejoignent peu à peu, comme les cercles formés par une multitude de pierres jetées dans l’eau ; do telle soiie, qu’en un temps donné, ils finiront par couvrir la surface entière du globe.
Telle est une des causes de la rapide propagation de la doctrine. Si elle eût surgi sur un seul point, si elle
qui se prépare par te Spiritisme, et qui commence déjJi à s’opérer, est celui d’un observateur attentif qui étudie les faits pour eu clicrcher la cause et en tirer les conséquences. Nous avons confronté tous ceu.x qu’il nous a été possible de rassembler; nous avons comparé et commenté les instructions données par les Esprits sur tous les points du globe, puis nous avons coordonné le tout méthodiquement ; en un mot, nous avons étudié, et donné au public le fruit de nos recherches, sans attribuer îi nos travaux d’autre valeur que celle d’une œuvre philosophique déduite de l’observation et de l’expérience, sans jamais nous être posé en chef do doctrine, ni avoir voulu imposer nos idées à personne. En les publiant, nous avons usé d’un droit commun, et ceux qui les ont acceptées l’ont fait librement. Si ces idées ont trouvé de nombreuses sympathies, c’est qu’elles ont eu l’avantage de répondre aux aspirations d’un grand nombre, ce dont nous no saurions tirer vanité, puisque l’origine ne nous en appartient pas. Notre plus grand mérite est celui de la persévérance et du dévoûment à la cause que nous avous embrassée. En tout cela nous avons fait ce que d’autres eussent pu faire comme nous; c’est pourquoi noua n’avons jamais eu la pré tention de nous croire prophète ou messie, et encore moins de nous donner pour tel,
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eût Oté l'œuvre exclusive d'un homme, elle aurait formé ;
secte autour de lui ; mais un demi-siècle se serait peutêtre écoulé avant qu'elle eût atteint les limites du pavs où elle aurait pris naissance, tandis qu’aprôs dix ans, elle a des jalons plantés d'un pôle ù l'autre.
47. — Cette circonstance, inouïe dans l'histoire des doctrines, donne ù celle-ci une force exceptionnelle et une puissance d’action irrésistible ; en effet, si on la comprime sur un point, dans nu pays, il est matériellement impossible do la comprimer sur tous les points, dans tous les pays. Pour un endroit où elle sera entravée, il y en aura mille à côté où elle fleurira. Bien plus, si on l’atteint dans un individu, on ne peut l’atteindre dans les Esprits qui en sont la source. Or, comme les Esprits sont partout, et qu'il y en aura toujours, si, par impossible, on parvenait à l’étouffer sur tout le globe, elle reparaîtrait quelque temps après, parce qu’elle repose sur un fait, que ce fait est dans la nature, et qu’on ne peut supprimer les lois de la nature. Voilfi ce dont doivent so persuader ceux qui rêvent l’as-sentiment du Spiritisme. {Revue spir., fév. 1865, p. 38 : Perpétuité du Spiritisme.)
48. — Cependant ces centres disséminés auraient pu rester encore longtemps isolés les uns des autres, confinés que sont quelques-uns dans les pays lointains. Il fallait entre eux un trait d’union qui les mît en communion de pensées avec leurs frères en croyance, en leur apprenant ce qui se faisait ailleurs. Ce trait d’union, qui aurait manqué au Spiritisme dans l’antiquité, se trouve dans les publications qui vont partout, qui condensent, sous une forme unique, concise et méthodique, l’enseignement donné partout sous des formes multiples et dans des langues diverses.
nVItACTÈRF.S DE LA RÉVÉLATION SPIRITE
49. — Les deux premières révélations no pouvaient être que le résultat d’un enseignement direct ; elles devaient s’imposer à la foi par l’autorité de la parole du maître, les hommes n’étant [las assez avancés pour concourir à leur élaboration.
Remarquons, toutefois, entre elles une nuance bien sensible qui tient au progrès des mœurs et des idées, bien qu’elles aient été faites chez le même peuple et dans le même milieu, mais A près de dix-huit siècles d’intervalle. La doctrine do Moïse est absolue, despotique ; elle n’admet pas de discussion et .s’impose A tout le peuple par la force. Celle de Jésus est es.sentiellement cnnsei lU‘re ; elle est librement acceptée et ne s’impose que par la persuasion; elle est controversée du vivant même de son fondateur qui ne dédaigne pas de discuter avec ses adversaires. '
50. — La troisième révélation venue à une époque d’émancipation et de maturité intellectuelle, oiï l’intelligence développée ne peut se résoudre à un rôle passif, où l’homme n’accepte rien en aveugle, mais veut voir où on le conduit, savoir le pourquoi et le comment de chaque chose, devait être A la fois le produit d’un enseignement et le fruit du travail, do la recherche et du libre examen. Les Esprits n’enseignent que juste ce qu’il faut pour mettre sur là voie de la vérité, mais ils s’abstiennent de révéler ce que l’homme peut trouver par lui-même, lui laissant le soin de discuter, de contrôler et de soumettre le tout au creuset de la raison, le laissant même souvent acquérir l’expérience A ses dépens. Ils lui donnent le principe, les matériaux, à lui d’en tirer profit et de les mettre en œuvre (n"15).