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Les éléments de la révélation spirite ajant été

nilAl-ITHE I

ilonnôs simultanément sur une multitude de points, à des hommes de toutes conditions sociales et de divers déférés « d’instruction, il est bien évident que les observations ne pouvaient être hiites partout avec le môme fruit; que les conséquences à en tirer, la déduction des lois qui régissent cet ordre de phénomènes, en un mot la conclusion qui devait asseoir les idées, ne pouvaient sortir que de l’ensemble et de la corrélation des faits. Or, chaque centre isolé, circonsciùt dans un cercle restreint, ne voyant, le l

plus souvent, qu'un ordre particulier de faits quelquefois j

en apparence contradictoires, n'ayant généralement affiûre qu'il une mémo catégorie d’Esprits, et, de plus, entravé par les iniluences locales et l’esprit de parti, se trouvait dans l’impossibilité matérielle d’embrasser l’ensemble et, par cela même, impuissant à rattacher les observations isolées ii un principe commun. Chacun appréciant les faits au point de vue de ses connaissances et de ses croyances antérieures, ou de l’opinion particulière des Esprits qui se manifestent, il y aurait eu bientôt autant de théories et de systèmes que de centres, et dont aucun n’aurait pu être complet, faute d’éléments de comparaison et de contrôle. En un mot, chacun se serait immobilisé dans sa révélation partielle, croyant avoir toute la vérité, faute de savoir qu’en cent autres endroits on obtenait plus ou mieux.

52. — Il ost en outre à remarquer que nulle part l’enseignement spirite n’a été donné d’une manière complète; il touche à un si grand nombre d’observations, à des sujets si divers qui exigent soit des connaissances, soit des aptitudes médianimiques spéciales, qu’il eût été impossible de réunir sur un même point toutes les conditions nécessaires. L’enseignement devant être collectif

CAIt.VCTÈr.ES DE I.A RÉVÉLATION SPIRITE

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et non individuel, les Esprits ont divisé le travail en disséminant les sujets d’étude et d'oI)servation, comme dans certaines fabriques la confection de chaque partie d’un même objet est répartie entre différents ouvriers.

La révélation s’est ainsi faite partiellement, en divers lieux et par une multitude d’intermédiaires, et c’est de cette manière i^u’ello se poursuit encore en ce moment, car tout n’est pas révélé. Chaipie contre trouve, dans les autres centres, le complément de ce qu'il obtient, et c’est l’ensemble, la coordination de tous les enseignements partiels, qui ont constitué la doctrine spirite.

Il était donc nécessaire do grouper les faits épars pour voir leur corrélation, de rassembler les documents divers, les instructions données par les Esprits sur tous les points et sur tous les sujets, pour les comparer, les analyser, en étudier les analogies et les différences. Les communications étant données par des Esprits de tous ordres, plus ou moins éclairés , il fallait apprécier le degré de confiance ([UC la raison pc'rmettaitde leur accorder, distinguer les idées systémathpies individuelles et isolées de celles qui avaient lasimetion de l’enseignement général des Esprits, les utopies dos idées prati(iues; élaguer celles qui éüiicnt notoirement démenties parles données de la science positive et la saine logique; utiliser les erreurs mémos, les renseignements fournis par les Esprits même du plus bas étage, pour la connaissance de l’état du monde invisible, et en foi'mcr un tout homogène. Il fallait, en un mot, un contre d’élaboration, indépendant de toute idée préconçue, de tout préjugé de secte , résolu d’accepter la vérité devenue évidente, dût-elle être contraire à ses opinions personnelles. Ce contre s’est formé de lui-méme.

ClfAPlTRE I

par la force des choses, et sans Hessein prémédité (1).

— Do cet état de choses, il est résulté un double courant d'idées : les unes allant des extrémités au centre, les autres retournant du centre à la circonférence. C’est ainsi (juc la doctrine a i)romptement marché vers l’unité, malgré la diversité des sources d’où elle est émanée; que les systèmes divergents sont peu à jiou tombés, par le fait de leur isolement, devant l’ascendant de l’opinion de la majorité, faute d'j trouver des échos sympathiques. Une communion de pensées s’est dés lors établie entre les différents centres paHiels; parlant la même langue spiri-

(I) Lo Livre des Esprits, le premier ouvrage qui ait fait entrer le Spiritisme dans la voie philosophique, par la déduction des conséquences morales dos faits, qui ait abordé tonies les parties de la doctrine, on touchant aux (|UC8lions les plus importantes qu’elle soulève, a été, dès son apparition, le point de ralliement vers lequel ont spontanêmeut convergé les travaux individuel^. Il est de notoriété que, do la publication de ce livre, date l’ère du Spiritisme philosophique, resté jusque-là dans le domaine des expériences de curiosité. Si ce livre a conquis les sympathies de la majorité, c’est qu’il était l’expression des sentiments de cette mémo majorité, et qu’il répondait à ses aspirations; c’est aussi parce que chacun y trouvait la confirmation et une explication rationnelle de ce qu’il obtenait en particulier. S’il avait été en désaccord avec l'enseignement général des Esprits, il n’aurait ou aucun crédit, et serait promptement tombé dans l’oubli. Or, à qui s’est-on rallié? Ce n’est pas à l'homme (jui n’est rien par lui-même, cheville ouvrière qui meurt et disparaît, mais à l’idée qm ne périt jias quand elle émane d'une source supérieure à l’homme.

Cette concentration spontanée des forces éparses a donné lieu à une correspondance immense, monument unique au monde, tableau vivant de la véritable histoire du Spiritisme moderne, où se reflètent à la fois les travaux partiels, les sentiments multiples qu’a fait naître la doctrine, les résultats moraux, les dévoùments et les défaillances; archives précieuses pour la postérité qui pourra juger les hommes et les choses sur des pièces authentiques. En présence de ces témoignages irrécusables, <|ue deviendront, dans la suite, toutes les fausses allégations, les dilfamations de l’envie et de la jalousie ?

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CARACTÈRES DE LA RÉVÉLATION SRI RITE 35

tuelle, ils se comprennent et sympathisent d’un bout du monde à l’autre.

Les Spirites se sont trouvés plus forts, ils ont lutté avec plus de courage, ils ont marché d’un pas plus assuré, (juand ils ne se sont plus vus isolés, quand ils ont senti un point d’appui, un lien qui les rattachait à la grande famille; les phénomènes dont ils étaient témoins no leur ont plus semblé étranges , anormaux, contradictoires, quand ils ont pu les rattacher à. des lois générales d’harmonie, embrasser d’un coup d’œil l’édifice, et voir à tout cet ensemble un but grand et humanitaire (1).

Mais comment savoir si un principe est enseigné partout, ou s'il n’est que le résultat d’une opinion indivi-

(1) Un témoiguagi! sigiiiUcalif, aussi remarquable que touchant, de cette communion de pensées qui s’établit entre les Spirites par la conformité des croyances, ce sont les demandes de prières qui nous viennent des contrées les plus lointaines, depuis le Pérou jusqu’aux extrémités de l’.-Vsie, de la part de personnes de religions et de nationalités diverses, et que nous n’avons jamais vues. N’estce pas LA le prélude de la grande unirication qui se prépare '! la preuve des r.'icines sérieuses que prend partout le Spiritisme?

Il est remarquable que, de tous les groupes qui se sont formés avec l’intention préméditée de faire scission en proclamant des principes divergents, de même que ceux qui, par des raisons d’amour-propre ou autres, ne voulant pas avoir l’air de subir la loi commune, se sont crus assez forts pour marcher seuls, assez de lumières pour se passer de conseils, aucun n’est parvenu à constituer une idée prépondérante et viable; tous se sont éteints ou ont végété dans l’ombre. Comment pouvait-il en être autrement, dès lors que, pour se distinguer, au lieu de s’efforcer de donner une plus grande somme de satisfactions, ils rejetaient des principes de la doctrine précisément ce qui en fait le plus puissant attrait, ce qu’il y a de plus consolant, de plus encourageant et de plus rationnel? S’ils avaient compris la puissance des éléments moraux qui ont constitué ruuité, ils ne se seraient pas bercés d’une illusion chimérique; mais prenant leur petit cercle pour l’univers, ils n’ont vu dans les adhérents qu’une coterie qui pouvait facilement être renversée par une contre-coterie. C’était se méprendre étrangement sur les caractères essentiels de la doctrine, et cette erreur ne pouvait amener que des déceptions ; au lieu do rompre l’unité, ils

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