‹ La genèseChapitre 169 sur 236 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

une nouvelle voie à l’art de guérir, et fournit à la science le moyen de réussir là où elle n’échoue souvent que faute de s’attaquer à la cause première du mal. [Livre des Médiums, ch. xxni.)

36. — Jésus était accusé par les pharisiens de chasser les démons par les démons; le bien même qu’il faisait était, selon eux, l’œuvre de Satan, sans réfléchir que Satan se chassant lui-même ferait un acte d’insensé. Cette doctrine est encore celle que l’Eglise cherche à faire prévaloir aujourd’hui contre les manifestations spirites (1).

RéSURHECTIONS.

Fille de Jaîre.

37. — Jésus étant encore repassé dans la harque à l’autre bord, lorsqu’il était auprès de la mer, une grande multitude de peuple s’assembla autour de lui. Et un chef de synagogue, nommé Jaïre, vint le trouver; et le trouvant, il se jeta à ses pieds.

(1) Tous les théologiens sont loin do professer des opinions aussi absolues sur la doctrine démoniaque. Voici celle d’un ecclésiastique dont le clergé ne saurait contester la valeur. On trouve le passage suivant dans les Conférences sur la religion, par Mgr Preyssiuous, évêque d’Hormopolis, tome II, page 341; Paris, 1823.

« Si Jésus avait opéré ses miracles par la vertu du démon, le démon aurait donc travaillé à détruire son empire, et il aurait employé sa puissance contre lui même. Certes, un démon qui chercherait à détruire le règne du vice pour établir celui de la vertu, serait un étrange démon. Voilà pourquoi Jésus, pour repousser l’absurde accusation des Juifs, leur disait : « Si j’opère des prodiges au nom a du démon, le démon est donc divisé avec lui même; il cherche « donc à se détruire; » réponse qui ne souffre pas de réplique.»

C’est précisément l’argument qu’opposent les Spirites à ceux qui attribuent au démon les bons conseils qu’ils reçoivent des Esprits. Le démon agirait comme un voleur de profession qui rendrait tout ce qu’il a volé, et engagerait les autres voleurs à devenir d’honnêtes gens.

LES MIRAaES DE L'ÉVANGILE

— et le suppliait avec grande instance, en lui disant : J’ai une fille qui est à l’extrémité ; venez lui imposer les mains pour la guérir et lui sauver la vie.

Jésus s’en alla avec lui, et il était suivi d’une grande foule de peiqile qui le pressait.

Lorsqu’il (Jaïre) parlait encore, il vint des gens du chef de la synagogue, qui lui dirent : Votre fille est morte ; pounjuoi voulez-vous donner au Maître la peine d’aller plus loin? — Mais Jésus, ayant entendu cette parole, dit au chef de la synagogue : Ne craignez point, croyez seulement. — Et il ne permit à personne de le suivre, sinon à Pierre, à Jacques, et à Jean, frère de Jacques.

Etant arrivés dans la maison de ce chef de la synagogue, il y vit une troupe confuse de personnes qui pleuraient et qui jetaient de grands cris; — et eu entrant il leur dit : Pourquoi faites-vous tant de bruit, et pourquoi pleurez-vous? Cette fille n’e$t pas morte, elle n'est qu endormie. — Et ils .se motjuaient de lui. Ayant fait sortir tout le monde, il prit le père et la mère de l’enfant et ceux qui étaient venus avec lui, et il entra au lieu on la fille était couchée. — Il la prit par la main, et lui dit : Talitha cumi, c’est-à-dire : Ma fille, levez-vous, je vous le commande.

— Au même instant, la fille se leva, etsemità marcher; car elle avait douze ans, et ils furent merveilleusement étonnés. (Saint Marc, ch. v, u. de 21 à 43.)

Fils de la veuve de Naim.

38.— Le jour suivant, Jésus allait en une' ville appelée Na'im, et ses disciples l’accompagnaient avec une grande foule de peuple. — Lorsqu’il était près de la jiorte de la ville, il arriva qu’on portait en terre un mort, qui était fils unique de sa mère, et cette femme était veuve, et il y avait une grande (juantité de personnes de la ville avec elle. — Le Seigneur l’ayant vue fut touché de compassion envers elle, et lui dit; Ne pleurez point. — Puis, s’approchant, il toucha le cercueil, et ceux qui le portaient s’arrêtèrent. Alors il dit : Jeune homme, levez-vous, je vous le commande. — En même temps le mort se leva sur son séant, et commença à parler; et Jésus le rendit à sa mère.

35fi

ClIAPITHE XV

Tous ceux qui (‘taienl présents furent saisis de frayeur, et ils ploriliaient Dieu en disant : Un prand prophète a paru au milieu de nous, et Dieu a visité son peuple.— Le bruit de ce miracle qu’il avait fait se répandit dans toute la Judée et dans tous les pays d'alentour. (Saint I.uc, ch. vn, v. de 11 à 17.)

39. — Le fait du retour à la vie corporelle d’un individu, réellement mort, serait contraire aux lois de la nature, et par conséquent mirixculeux. Or, il n’est pas néces- .saire de recourir à cet ordre de faits pour expliquer les résurrections opérées par le Christ.

Si, parmi nous, les apparences trompent parfois les gens de l’art, les accidents de cette nature devaient être bien autrement fréquents dans un pays où l’on no prenait aucune précaution, et où l’ensevelissement était immédiat (1). Il y a donc toute probabilité que, dans les deux exemples ci-dessus, il n’y avait que syncope ou léthargie. Jésus lui-mcmo le dit positivement de la fille de Jaïre : Cet le fille, dit-il, n'est pas morte; elle nest qu'etidormie.

D’aprôs la puissance fluidique que possédait Jésus, il n’y a rien d’étonnant à ce ((ue le fluide vivifiant dirigé par une forte volonté, ait ranimé les sens engourdis; qu’il ait même pu rappeler dans le corps l’Esprit prêt à le quitter, tant que le lien pôrisprital n’était pas définitivement rompu. Pour les hommes de ce temps, qui croyaient l’in-

(1) Une preuve de celte coutume se trouve dans les .\ctes des apôtres, ch. v, v. 5 et suivants :

« .\nanie, ayant entendu ces paroles, tomba et rendit l’Rsprit; et tous ceux qui en entendirent parler furent saisis d’nno ffrande crainte. — Aussitôt, quelques jeunes gens vinrent prendre sou corps, et l’ayant emporté, ils l’enterrèrent. — Environ trois» heures après, sa femme (Siphire), qui ne savait pas ce qui était arrivé, entra. — Et Pierre lui dit..., etc. — Au mémo moment elle tomba à seg pieds et rendit l’Esprit. Ces jeunes hommes étant entrés la trouvèrent morte ; et l’emportant, ils l’enterrèrent auprès de son mari.

LES MIRACLES DE L’ÉVANGILE

dividu mort dès qu’il ne respirait plus, il y avait résurrection, et ils ont pu l’affirmer de très bonne foi: mais il y avait en réalité guérison et non résurrection dans l’acception du mot.

4Ü. — La résurrection de Lazare, quoi qu’on endise, n’infirme nullement ce principe. Il était, dit-on, depuis quatre jours dans le sépulcre; mais on sait qu’il y a des léthargies qui durent huit jours et plus. On ajoute qu’il sentait mauvais, ce qui est un signe de décomposition. Cette allégation ne prouve rien non plus, attendu que chez certains individus il y a décomposition partielle du corps même avant la mort, et qu’ils exhalent une odeur de pourriture. La mort n’arrive que lorsque les organes essentiels à la vie sont attaqués.

Et qui pouvait savoir s’il sentait mauvais? C’est sa sœur Marthe qui le dit, mais comment le savait-elle? Lazare étant enterré depuis quatre jours, elle pouvait le supposer, mais non en avoir la certitude. (Chap. XIV, n® 29.) (1)

JESCS MAnCHE SI B I.’eAC.

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