CHAPITRE XV
barque, et de passer à l'autre bord avant lui, pendant qu’il renverrait le peuple.— Après l'avoir renvoyé, il monta seul sur une montagne pour prier; et le soir étant venu, il se trouva seul en ce lieu-là.
Cependant la barque était fort battue des flots au milieu de la mer, parce que le vent était contraire. — Mais à la quatrième veille de la nuit, Jésus vint à eux, marchant sur la mer (1). — Lorsqu’ils le virent marcher ainsi sur la mer, ils furent troublés, et ils disaient : C’est un fantôme, et ils s’écrièrent de frayeur. — Aussitôt Jésus leur parla, et leur dit: Rassurez-vous, c’est moi, ne craignez point.
Pierre lui répondit; Seigneur, si c’est vous, commandez que j’aille à vous en marchant sur les eaux. — Jésus lui dit: Venez. Et Pierre, descendant de la barque, marchait sur l’eau pour aller à Jésus. Mais voyant un grand vent, il eut peur; et commençant à enfoncer, il s’écria : Seigneur, sauvez-moi. — Aussitôt Jésus, lui tendant la main, le prit et lui dit : Homme de peu de foi, pourquoi avez-vous douté? — Et étant monté dans la barque, le vent ces.sa . — Alors ceux qui étaient dans cette barque s’approchant de lui, l’adorèrent en lui disant: Vous êtes vraiment fils de Dieu. (Saint Matth. ch. xiv, v. de 22 à 33.)
42. — Ce phénomène trouve son explication naturelle dans les principes exposés ci-dessus, chap. XIV, n® 43.
Des exemples analogues prouvent qu’il n’est ni impossible ni miraculeux puisqu’il est dans les lois de la nature. Il peut s’être produit de deux manières.
Jésus, quoique vivant, a pu apparaître sur l’eau sous une forme tangible, tandis que son corps charnel était ailleurs ; c’est l’hypothèse la plus probable. On peut même reconnaître, dans le récit, certains signes caractéristiques des apparitions tangibles. (Chap. XIV, n°* 35 à 37.)
D’un autre côté, son corps aurait pu être soutenu, et
(1) Le lac de Génésareth ou de Tibériade.
LES IIIRACLES DE L’ÈVANGlLE
sa pesanteur être neutralisée par la même forçe Huidique qui maintient une table dans l'espace sans point d’appui. Le même effet s’est plusieurs fois produit sur des corps humains.
TRANSFIGUilATION.
43. — Six jours après, Jésusayant pris Pierre, Jacques et Jean, les mena seuls avec lui sur une haute monlagne à l’écart (I), et il fut transfiguré devant eux. — Kl pendant qu’il faisait sa prière, son visage parut tout autre; ses vêlements devinrent tout brillants de lumière, et blancs comme la neige, en sorte qu’il n’y a point de foulon sur la terre qui puisse en faire d’aussi blancs.
— Et ils virent paraître Elie et Moïse qui s'entretenaient avec Jésus.
Alors Pierre dit à Jésus: Maître, nous sommes bien ici; faisonsy trois tentes : une pour vous, une pour Moïse et unepourElie;
— car il ne savait ce qu’il disait, tant il était effrayé.
En même temps, il parut une nuée qui les couvrit; et il sortit de cette nuée une voix qui fit entendre ces mots: Celui-ci est mon fils bien-aimé; écoutez-le.
Aussitôt, regardant de tous côtés, ils ne virent plus personne que Jésus qui était demeuré seul avec eux.
Lorsqu’ils descendaient de la montagne, il leur commanda de ne parler à personne de ce qu’ils avaient vu, jusqu’à ce que le Fils de l’homme fût ressuscité d’entre les morts. — Et ils tinrent lu chose secrète, s’entre-ilemandant ce qu’il voulait dire par ces mots: Jusqu’à ce que le Fils de riiomme fût ressuscité d’entre les morts. (Saint Marc, ch. ix^ u. de 1 à 9.)
44 . — C’est encore dans les propriétés du fluide périsprital qu’on peut trouver la raison de ce phénomène. La transfiguration, expliquée chap. XIV, n“ 39, est un fait
(1) Le mont Thabor ou Tabor, au S. 0. du lac de Tabaricb, à Il kil. S. E. de Nazareth; environ 1000 mètres de haut.