LE PAIN DU CIEL
BÔ. — Le lendemain, le peuple, qui était demeuré de l'autre côté de la mer, remarqua qu’il n'y avait point eu là d'autre barque, et que Jésus n’y était point entré avec ses disciples, mais que les disciples seuls s’en étaient allés, — et comme il était depuis arrivé d’autres barques de Tibériade, près du lieu où le Seigneur, après avoir rendu grâces, les avait nourris de cinq pains; — et qu’ils connurent enfin que Jésus n’était point là, non plus que ses disciples, ils entrèrent dans ces barques, et vinrent à Capliariianm chercher Jésus. — Et l’ayant trouvé au delà de la mer, ils lui dirent : Maître, quand ôtes- vous venu ici?
Jésus, leur répondit : Eu vérité, en vérité, je le vous dis, vous me cherchez, non à cause des miracles que vous avez vus, mais parce que je vous ai donné du pain à manger, et que vous avez été rassasiés. — Travaillez pour avoir non la nourriture qui périt, mais celle qui demeure pour la vie éternelle, et que le Fils de l’homme vous donnera, parce que c’est en lui que Dieu le I*ère a imprimé son sceau et son caractère.
Ils lui dirent : Que ferons-nous pour faire des œuvres de Dieu? — Jésus leur répondit : L’œuvre de Dieu est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé.
Ils lui dirent ; Quel miracle donc faites-vous, afin qu’en le voyant nous vous croyions? Que faites- vous d’eAtraordinaire ? —
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l.ES jnRACIÆS DE L’ÉVANGILE 30')
Nos pères ont mangé la manne dans le désert ; selon ce qui est écrit : Il leur a donné à manger le pain du ciel.
Jésus leur répondit : En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a point donné le pain du ciel; mais c’est mon Père qui vous donne le véritable pain du ciel. — Car le pain de Dieu est celui qui est descendu du ciel, et qui donne la vie au monde.
Ils lui dirent donc : Seigneur, donnez-nous toujours de ce pain.
Jésus leur répondit : Je suis le pain de vie : celui qui vient à moi n’aura point faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif. — Mais je vous l’ai déjà dit, vous m’avez vu et vous ne croyez point.
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. — Je suis le pain de vie. — Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. — Mais voici le pain qui est descendu du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. (Saint Jean, cb. vi, v. de 22 à 36 et de 47 à 50.)
51. — Dans le premier passage, Jésus, en rappelant l’effet produit précédemment donne clairement à entendre qu’il ne s’était point agi de pains matériels; autrement, la comparaison qu’il établit avec le levain dos pharisiens eût été sans objet. « Ne comprenez-vous point encore, dit-il, et ne vous souvient-il point que cinq pains ont suffi pour cinq mille hommes, et que sept pains ont suffi pour quatre mille hommes? Comment ne comprenez-vous point que ce n’est pas du pain que je vous parlais, lorsque je vous ai dit de vous garder du levain des pharisiens? » Ce rapprochement n’avait aucune raison d’êtra dans l’hypothôse d’une multiplication matérielle. Le fait eût été assez extraordinaire en lui-même pour avoir frappé l’imagination de ses disciples, qui, cependant, ne paraissaient pas s’en souvenir.
C’est ce qui ressort non moins clairement du discours de Jésus sur le pain du ciel, dans lequel il s’attache à faire