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CHAPITRE XVI

Aujourd’hui, les circonstances ne sont plus les mêmes ; le positivisme du siècle s'accommoderait peu du langage sibyllin. Aussi les prédictions de nos jours n’affectent plus ces formes étranges ; celles que font les Esprits n’ont rien de mystique ; ils parlent le langage de tout le monde, comme ils l’eussent fait de leur vivant, parce qu’ils n’ont pas cessé d’appartenir à l’humanité : ils nous pressentent sur les choses futures, personnelles ou générales, lorsque cela peut être utile , dans la mesure de la perspicacité dont ils sont doués , comme le feraient des conseillers ou des amis. Leurs prévisions sont donc plutôt des avertissements qui n’ôtent rien au libre arbitre, que des prédictions proprement dites qui impliqueraient une fatalité absolue. Leur opinion est, en outre, presque toujours motivée, parce qu’ils ne veulent pas que l’homme annihile sa raison sous une foi aveugle, ce qui permet d’en apprécier la justesse.

18. — L’humanité contemporaine a aussi ses prophètes ; plus d’un écrivain, poète, littérateur, historien ou philosophe a pressenti, dans ses écrits, la marche future des choses que l’on voit se réaliser aujourd’hui.

Cette aptitude tient souvent, sans doute, à la rectitude du jugement qui déduit les conséquences logiques du présent ; mais souvent aussi elle est le résultat d’une clairvoyance spéciale inconsciente, ou d'une Inspiration étrangère. Ce que ces hommes ont fait de leur vivant, ils peuvent à plus forte raison le faire et avec plus d’exactitude à l’état d’Esprit, alors que la vue spirituelle n’est plus obscurcie par la matière.

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