CHAPITRE XVII
ment consolante, dont l’inspirateur doit être V Esprit <le Vérité.
40. — Le Spiritisme réalise, comme cela a été démontré (chap. I, n“ 30), toutes les conditions du Consolateur promis par Jésus. Ce n’est point une doctrine individuelle, une conception humaine; personne ne peut s'en dire le créateur. C’est le produit de l’enseignement collectif des Esprits au<[uel préside l’Esprit de Vérité. Il no supprime rien de l’Evangile : il le complète et l’élucide; h l’aide des nouvelles lois qu’il révèle, jointes à celles de la science, il fait comprendre ce qui était inintelligible, admettre la possibilité de ce que l’incrédulité regardait comme inadmissible. Il a eu ses précurseurs et ses prophètes, qui ont pressenti sa venue. Par sa puissance moralisatrice, il prépare le règne du bien sur la terre.
La doctrine de Moïse, incomplète, est restée circonscrite dans le peuple juif ; celle de Jésus, plus complète, s’est répandue sur toute la terre par le christianisme, mais n’a pas converti tout le monde ; le Spiritisme, plus complet encore , ayant des racines dans toutes les croyances , convertira l’humanité (1).
41. — Christ disant à ses apôtres : « Un autre viendra plus fard, qui vous enseignera ce que je ne puis vous dire maintenant, » proclamait par cela môme la nécessité de la réincarnation. Comment ces hommes pouvaient-ils profiter de l’enseignement plus complet qui devait être
(1) Toutes les doctrines philosophiques et religieuses portent le nom de rindividu.ilité fondatrice; on dit : le Mosaïsme, le Christianisme, le Mahométisme, le Boudhisme, le Cartésianisme, 1e Fouriérisme, le Sainl-Siiiionisme, etc. Le mot .ypôvYiswe, au contraire, ne rappelle aucune personnalité ; il renferme une idée générale, qui indique à la fois le caractère et la source multiple do la doctrine .
l’HÈDICTIONS DE L’BVANGILE 4lt
donné ultérieurement; comment seraient-ils plus aptes à le comprendre, s’ils ne devaient pas revivre ? Jésus eût dit une inconséquence si les hommes futurs devaient, selon la doctrine vulgaire, être des liommes nouveaux, des âmes sorties du néant à leur naissance. Admettez, au contraire, que les apôtres, et les hommes de leur temps, ont vécu depuis ; qu'ils revivent encui'e aujourd'hui, la promesse de Jésus se trouve justifiée; leur intelligence, qui a dû se développer au contact du progrès social, peut porter maintenant ce qu’elle ne pouvait porter alors. Sans lu réincavnalion, la promesse de Jésus eût été illusoire.
42 . — Si l’on disait que cette promesse fut réalisée le jour de la Pentecôte par la descente du Saint-Esprit, on répondrait que le Saint-Esprit les a inspirés, qu’il a pu ouvrir leur intelligence, développer en eux les aptitudes médianimiques qui devaient faciliter leur mission, mais qu’il ne leur a rien appris de plus que ce qu’avait enseigné Jésus, car on ne trouve nulle trace d’un enseignement spécial. Le Saint-Esprit n’a donc point réalisé ce que Jésus avait annoncé du Consolateur: autrement les apôtres auraient élucidé, dés leur vivant, tout ce qui est resté obscur dans l’Évangile jusqu’à ce jour, et dont l’interprétation contradictoire a donné lieu aux innombrables sectes qui ont divisé le christianisme dés le premier siècle.