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CHAPITRE XVII

rù^jnc futur du Christ, c’est-à-dire au temps où sa doctrine, mieux comprise, sera la loi universelle. Eu leur disant que quelques-uns de ceux qui sont pj’êsents verront son avènement, cela ne pouvait s’entendre que dans le sens qu’ils revivraient à cette époque. Mais les Juifs se figuraient qu’ils allaient voir tout ee que Jésus anuonçait, et prenaient ses allégories à la lettre.

Du reste, quelques-unes de ses prédictions se sont accomplies de leur temps, telles que la ruine de Jérusalem, les malheurs qui en furent la suite, et la dispersion des Juifs ; mais il porte sa vue plus loin, et en parlant du présent, il fait constamment allusion à l’avenir.

SIGNES PBÉClIHSEL'nS.

47. — Vous entendrez aussi parler de guerres et de bruits de guerres; mais gardez-vous bien de vous troubler, car il faut que ces clioses arrivent; mais ce ne sera pas encore la fin, — car on verra se soulever peuple contre peuple et royaume contre royaume ; et il y aura des pestes, des famines et des tremblements de terre en divers lieux, — et toutes ces choses ne seront que le commencement des douleurs. (Saint Matth., ch. xxiv,

18. — Alors le frère livrera le frère à la mort, et le père le lils; les enfants s’élèveront contre leurs pères et leurs mères, et les feront mourir. — Et vous serez haïs de tout le monde à cause de mon nom ; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. (Saint Marc, ch. xiii, v. 12, 13).

40. — Quand vous verrez que rabominatiou de la désolation qui a été prédite par le prophète Daniel sera dans le Heu saint, que celui qui lit entende bien ce qu’il lit.

Alors, que ceux qui seront dans la Judée s'enfuient sur les montagnes. — Que celui qui est au haut du toit n’en descende point pour emporter quelque chose de sa maison; — Et que celui tjui sera dans le champ ne retourne point pour prendre ses vête-

l'IlEDlCTlüNS DE I/EVAN6ILE

iiicnls. — Mais malheur aux femmes qui seront grosses ou nourrices en ces jours-là. — Priez donc Dieu que votre fuite n’arrive point durant riiiver ni au jour du sabbat, — car l’afniction do ce temps-là sera si grande, qu'il n’y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu’à présent, et qu’il n’y en aura jamais. — Et si ces jours n’avaient été abrégés, nul homme n’aurait été sauvé, mais ces jours seront abrégés en faveur des élus.(Sainl Matth. ch., xxiv, v. lo à 22.)

.•)0. — Aussitôt après ces jours d'affliction, le soleil s'obscurcira, el la lune ne donnera plus sa lumière; les étoiles tomberont tlu ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées.

Alors, le signe du Fils de l’homme paraîtra dans le ciel, cl tous les peuples de la terre seront dans les pleurs et dans les gémissements; et ils verront le Fils de l’homme qui viendra sur les nuées du ciel avec une grande majesté.

Et il enverra ses auges, qui feront entendre la voix éclatante de leurs trompettes, et qui rassembleront scs élus des quatre coins du monde, depuis une extrémité du ciel jusqu’à l’autre.

Apprenez une comparaison tirée du liguicr. Quand ses branches sont déjà tendres, et qu'il pousse des feuilles, vous savez que l’été est proche. — De môme, lorsque vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, et qu’il est comme à la porte.

Je vous dis, en vérité, que cette race ne passera point que toutes ces choses ne soient accomplies. (Saint Matth., ch. xxiv, V. de 29 à 34.)

Et il arrivera à l’avénement du Fils de l'homme ce qui arriva au temps de Moïse; — car, comme dans les derniers temps avant le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu’au jour oùNoé entra dans l’arche; — et qu’ils ne connurent le moment du déluge que lorsqu’il survint et emporta tout le monde, il en sera de môme à l'avénement du Fils de l’homme. (Saint Matth., ch. xxiv, v. 37, 38.)

51, — Quant à ce jour-là ou à cette heure, nul ne le sait, ni les anges qui sont dans le ciel, »it le Fils, mais le Père seul. (Saint Marc, ch. xiii, i'. 32.)

52. — En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous gémirez, et le monde se réjouira ; vous serez dans la tiis-

tesse, mais votre tristesse se changera en joie. — Une femme, lorsqu’eile enfante, est dans la douleur, parce que son heure est venue, mais après qu’elle a enfanté un fils, elle ne se souvient plus de tous ses maux, dans la joie qu'elle a d’avoir mis un homme au monde. — C’est ainsi que vous ôtes maintenant dans la tristesse, mais je vous verrai de nouveau, et votre cœur se réjouira, et personne ne vous ravira votre joie. (Saint Jean, ch. XVI, «. 20, 21, 22.)

53. — Il s’élèvera plusieurs faux prophètes qui séduiront beaucoup de personnes, — et parce que l’iniquité abondera, la charité de plusieurs se refroidira ; — mais celui-là sera sauvé qui persévérera jusqu’à la fin. — Kt cet Evangile du royaume sera prêché dans toute la terre pour servir de témoignage, à toutes les nations, et c’est alors que la fin arrivera. (Saint Malth., ch. xxiv, V. de 11 à 14.)

54. — Ce tableau de la lin des temps est évidemment allégorique, comme la plupart de ceux que présentait Jésus. Les images qu’il contient sont de nature, par leur énergie, à impressionner des intelligences encore frustes. Pour frapper ces imaginations peu subtiles, il fallait des peintures vigoureuses, aux couleurs tranchées. Jésus s’adressait surtout au peuple, aux hommes les moins éclairés, incapables de comprendre les abstrations métiiphysiques, et de saisir la délicatesse des formes. Pour arriver au cœur, il fallait parler aux jeux à l’aide de signes matériels, et aux oreilles par la vigueur du langage-

Par une conséquence naturelle de cette disposition d’esprit, la puissance suprême ne pouvait, selon la croyance d’alors, se manifester que par des choses extraordinaires, surnaturelles; plus elles étaient impossibles, mieux elles étaient acceptées comme probables.

Le Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel, avec une grande majesté, entouré do ses anges et au bruit des

PREDICTIONS DK L’ÉVANGILE

trompettes, leur semblait bien autrement imposant qu’un être investi de la seule puissance morale. Aussi les Juifs, qui attendaient dans le Messie un roi de la terre, puissant entre tous les rois, pour mettre leur nation au premier rang, et relever le trOno de David et de Salomon, ne voulurent-ils pas le reconnaître dans l'humble fils du charpentier, sans autorité matérielle, traité de fou par les uns et de suppôt de Satan par les autres ; ils ne pouvaient comprendre un roi sans asile, et dont le royaume n’était pas de ce monde.

Cependant, ce pauvre prolétaire de la Judée est devenu le plus grand entre les grands; il a conquis à sa souveraineté plus de royaumes que les plus puissants potentats; avec sa seule parole et quelques misérables pêcheurs, il a révolutionné le inonde, et c’est à lui que les Juifs devront leur réhabilitation.

55. — Il est à remarquer que, chez les Anciens, les tremblements de terre et l’obscurcissement du soleil étaient les symboles obligés de tous les événements et de tous les présages sinistres ; on les retrouve à la mort de Jésus, à celle de César et dans une foule de circonstances do l'histoire du paganisme. Si ces phénomènes se fussent produits aussi souvent qu’on le raconte, il paraîtrait impossible que les hommes n’en eussent pas conservé la mémoire par la tradition. Ici on ajoute les étoiles qui tombent du ciel, comme pour témoigner aux générations futures plus éclairées qu’il ne s’agit que d’une fiction, puisqu’on sait maintenant que les étoiles ne peuvent tomber.

5ü. — Cependant, sous ces allégories se cachent de grandes vérités : c’est d’abord l’annonce des calamités de tous genres qui frapperont l'humanité et la décime-

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