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CHAPITRE XVII

l’univers avait été fait pour ses habitants; elle est inadmissible depuis que l’on sait qu’il y a des milliards de mondes semblables qui perpétuent les humanités pendant l’éternité, et parmi lesquels la terre est un point imperceptible des moins considérables.

On voit par ce seul fait que Jésus avait raison de dire à ses disciples : « Il y a beaucoup de choses que je ne puis vous dire, parce que vous ne les comprendriez pas,» puisque le progrès des sciences était indispensable pour une saine interprétation de quelques-unes de ses paroles. Assurément les apôtres, saint Paul et les premiers disciples, auraient établi tout autrement cerbiins dogmes s’ils avaient eu les connaissances astronomiques, géologiques, phj'siques, chimiques, physiologiques et psychologiques que l’on possède aujourd’hui. Aussi Jésus a-t-il ajourné le complément de ses instructions et annoncé que toutes choses devaient être rétablies.

66. — Moralement, un jugement définitif et sans appel est inconciliable avec la bonté infinie du Créateur, que .Tésus nous présente sans cesse comme un bon Père laissant toujours une voie ouverte au repentir et prêt à tendre ses bras à l’enfant prodigue. Si Jésus avait entendu le jugement en ce sens, il aurait démenti ses propres paroles.

Et puis, si le jugement final doit surprendre les hommes à l’improviste, au milieu de leurs travaux ordinaires, et les femmes enceintes, on se demande dans quel but Dieu, qui ne fait rien d’inutile ni d’injuste, ferait naître des enfants et créerait des âmes nouvelles à ce moment suprême, au terme fatal de l’humanité, pour les faire passer en jugement au sortir du sein de la mère, avant qu’elles aient la conscience d’elles-mémes, alors que d’autres

PRÉDICTIONS DE L’ÉVANGII E

ont eu des milliers d’années pour se reconnaître? De quel côté, à droite ou à gauche, passeront ces âmes qui ne sont encore ni bonnes ni mauvaises, et â qui toute voie ultérieure de progrès est désormais fermée, puisque l’humanité n’existera plus? (Chap, II, n® 19.)

Que ceux dont la raison se contente de pareilles croyances les conservent, c’est leur droit, et personne n’y trouve à redire; mais qu’on ne trouve pas mauvais non plus que tout le monde ne soit pas de leur avis.

67. — Le jugement, parvoie d’émigration, tel qu’il a été défini ci-dessus (63), est rationnel ; il est fondé sur la plus rigoureuse justice, attendu qu’il laisse éternellement & l’Esprit son libre arbitre ; qu’il ne constitue de privilège pour personne ; qu’une égale latitude est donnée par Dieu à toutes ses créatures, sans exception, pour progresser ; que la porte du ciel est toujours ouverte pour ceux qui se rendent dignes d’y entrer; que l’anéantissement môme d’un monde, entraînant la destruction du corps, n’apporterait aucune interruption à la marche progessive de l’Esprit. Telle est la conséquence de la pluralité des mondes et de la pluralité des existences.

Selon cette interprétation, la qualification de jugement dernier n’est pas exacte, puisque les Esprits passent par de semblables assises à chaque rénovation des mondes qu'ils habitent, jusqu’à ce qu’ils aient atteint un certain degré de perfection. Il n’y a donc point, à proprement parler, de jugement dernier, mais il y a des jugements généraux à toutes les époques de rénovation partielle ou totale de la population des mondes, par suite desquelles s’opèrent les grandes émigrations et immigrations d’Esprits.

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