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CHAPITRE XVllI

loi ; or, comme toutes les lois de la nature sont l’œuvre éternelle de la sagesse et de la prescience divines, tout ce qui est l’effet de ces lois est le résultat de la volonté de Dieu, non d’une volonté accidentelle et capricieuse, mais d'une volonté immuable. Lors donc que l’humanité est mûre pour franchir un degré, on peut dire que les temps marqués par Dieu sont arrivés, comme on peut dire aussi qu’en telle saison ils sont arrivés pour la maturité des fruits et la récolte.

3. — De ce que le mouvement progressif de l’humanité est inévitable, parce qu’il est dans la nature, il ne. s'ensuit pas que Dieu y soit indifférent, et qu’après avoir établi des lois, 'il soit rentré dans l’inaction, laissant les choses aller toutes seules. Ses lois sont éternelles et immuables, sans doute, mais parce que sa volonté ellemême est éternelle et constante, et que sa pensée anime toutes choses sans interruption ; sa pensée qui pénètre tout, est la force intelligente et permanente qui maintient tout dans l’harmonie; que cette pensée cesse un seul instant d’agir, etl’uniVers serait comme une horloge sans balancier régulateur. Dieu veille donc incessamment à l’exécution de ses lois, et les Esprits qui peuplent l'espace sont ses ministres chargés des détails, selon les attributions afférentes à leur degré d’avancement.

4. — L’univers est à la fois un mécanisme incommensurable conduit par un nombre non moins incommensurable d’intelligences , un immense gouvernement où chaque être intelligent a sa part d’action sous l’œil du souverain Maître, dont la volonté unique maintient partout runité. Sous l’empire de cette vaste puissance régulatrice tout se meut, tout fonctionne dans un ordre parfait ; ce qui nous semble des perturbations sont les

LES TEMPS SONT ARRIVÉS

mouvements partiels et isolés qui ne nous paraissent irréguliers que parce que notre vue est circonscrite. Si nous pouvions en embrasser l’ensemble, nous verrions que ces irrégularités ne sont qu’apparentes et qu’elles s’harmonisent dans le tout.

5. — La prévision des mouvements progressifs de l’humanité n’a rien de surprenant chez des êtres dématérialisés qui voient le but où tendent toutes choses, dont quelques-uns possèdent la pensée directe de Dieu, et qui jugent, aux mouvements partiels, le temps auquel pourra s’accomplir un mouvement général, comme on juge d’avance le temps qu’il faut à un arbre pour porter des fruits, comme les astronomes calculent l’époque d’un phénomène astronomi<iuc par le temps qu’il faut à un astre pour accomplir sa révolution.

Mais tous ceux qui annoncent ces phénomènes, les auteurs d’almanachs qui prédisent les éclipses et les marées, ne sont certes pas en état de faire eux-mémes les calculs nécessaires : ils ne sont que des échos; ainsi en est-il des Esprits secondaires dont la vue est bornée, et qui ne font que répéter ce qu’t/ a plu aux Esprits supérieurs de leur révéler.

G. — L’humanité a accompli jusqu’à ce jour d’incontestables progrès ; les hommes, par leur intelligence, sont arrivés à des résultats qu’ils n’avaient jamais atteints sous le rapport des sciences, des arts et du bien-être matériel ; il leur reste encore un immense progrès à réaliser ; c’est de faire régner entre eux la charité, la fraternité et la solidarité, pour assurer le bien-être moral. Ils ne le pouvaient ni avec leurs croj^ances, ni avec leurs institutions surannées, restes d’un autre Age, bonnes à une certaine époque, suffisantes pour un état transitoire,

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