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CHAPITRE XVlll

mais qui, ayant donné ce qu’elles comportaient, seraient un point d’arrêt aujourd’hui. Tel un enfant est stimulé par des mobiles, impuissants quand vient l'àge mûr. Ce n’est plus seulement le développement de l’intelligence qu’il faut aux hommes, c’est l'élévation du sentiment, et pour cela il faut détruire tout ce qui pouvait surexciter en eux l’égoïsme et l’orgueil.

Telle est la période où ils vont entrer désormais, et qui marquera une des phases principales de l’humanité. Cette phase qui s’élabore en ce moment est le complément nécessaire de l’état précédent, comme l’âge viril est le complément de la jeunesse; elle pouvait donc être prévue et prédite d’avance, et c’est pour cela qu’on dit que les temps marqués par Dieu sont arrivés.

7. — En ce temps-ci, il ne s’agit pas d’un changement partiel, d'une rénovation bornée à une contrée, à un peuple, à une race; c’est un mouvement universel qui s’opère dans le sens du progrès moral. Un nouvel ordre de choses tend à s’établir, et les hommes qui y sont le plus opposés y travaillent à leur insu ; la génération future, débarrassée des scories du vieux monde et formée d’éléments plus épurés, se trouvera animée d’idées et de sentiments tout autres que la génération présente qui s’en va à pas de géant. Le vieux monde sera mort, et vivra dans l’histoire comme aujourd’hui les temps du moyen âge avec leurs coutumes barbares et leurs croyances superstitieuses.

Du reste, chacun sait que l’ordre de choses actuel laisse à désirer; après avoir, en quelque sorte, épuisé le bienêtre matériel qui est le produit de l’intelligence, on arrive à comprendre que le complément de ce bien-être ne peut être que dans le développement moral. Plus on

LES TEMPS SONT ARRIVÉS

avance, plus on sent ce qui manque, sans cependant pouvoir encore le définir clairement : c’est l’effet du travail intime qui s’opère pour la régénération ; on a des désirs, des aspirations qui sont comme le pressentiment d’un état meilleur.

8. — Mais un changement aussi radical que celui qui s’élabore ne peut s’accomplir sans commotion; il y a lutte inévitable entre les idées. De ce conflit naîtront forcément des perturbations temporaires, jusqu’il ce que le terrain soit déblayé et l’équilibre rétabli. C’est donc de la lutte des idées que surgiront les graves événements annoncés, et non de cataclysmes, ou catastrophes purement matérielles. Les cataclysmes généraux étaient la conséquence de l’état de formation de la terre ; aujourd'hui ce ne sont plus les tntrailUs du globe qui s’agitent, ce sont celles de t humanité.

9. — L’humanité est un être collectif en qui s’opèrentles mêmes révolutions morales que dans chaque être individuel, avec cette différence que les unes s’accomplissent d’année en année, et les autres de siècle en siècle. Qu’on la suive dans ses évolutions à travers les temps, et l’on verra la vie des diverses races marquée par des périodes qui donnent à chaque époque une physionomie particulière.

A côté des mouvements partiels, il y a un mouvement général qui donne l’impulsion à l’humanité tout entière; mais le progrès de chaque partie de l’ensemble est relatif à son degré d’avancement. Telle serait une famille composée de plusieurs enfants dont le plus jeune est au berceau et l’aîné ûgé de dix ans, par exemple. Dans dix ans, l’aîné en aura vingt et sera un homme ; le plus jeune en aura dix et, quoique plus avancé, sera en-

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