‹ La genèseChapitre 25 sur 236 · CHAPITRE II - DIEU · texte numérisé non relu

CHAPITRE II - DIEU

saire d’avoir vu une chose pour savoir qu’elle existe. Eu tout, c’est en observant les effets qu’on arrive îi la connaissance des causes.

3. — Un autre principe tout aussi élémentaire, et passé à l’état d’axiome.à force de vérité, c’est que tout effet intelligent doit avoir une cause intelligente.

Si l’on demandait quel est l’inventeur de tel ingénieux mécanisme, l’architocto de tel monument, le sculpteur do telle statue ou le peintre de tel tableau, que penserait-on de celui qui répondrait que cela s’est fait tout seul? Lorsqu’on voit un chef-d’œuvre de l’art ou de l’industrie, on dit ce que doit être le produit d’un homme de génie, parce qu’une haute intelligence a dû présider à sa conception; on juge néanmoins qu’un homme a dû le faire, parce qu’on sait que la chose n’est pas au-dessus de la capacité humaine, mais il no viendra à personne la pensée de dire qu’elle est sortie du cerveau d’un idiot ou d’un ignorant, et encore moins qu’elle est le travail d’un animal ou le produit du hasard.

4. — Partout on reconnaît la présence de l’homme à ses ouvrages. Si vous abordez une terre inconnue, fùtclle un désort, et que vous y découvriez le moindre vestige de travaux humains, vous on concluez que des hommes habitent ou ont habité cette contrée. L’existence des hommes antédiluviens ne se prouverait pas seulement par des fossiles humains, mais aussi, et avec autant de certitude, par la présence, dans les terrains de cette époque, d’objets travaillés par les hommes; un fragment de vase, une pierre taillée, une arme, une brique, suffiront pour attester leur présence. A la grossièreté ou à la perfection dû travail on reconnaîtra le degré d’intelligence et d’avancement de ceux qui l’ont accompli. Si

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CHAPITÜE II

donc, vous trouvant dans un i)ays liabité exclusivement par des sauvages, vous découvriez une statue digne de Phidias, vous n’hésiteriez pas à dire que des sauvages étant incapables do l'avoir faite, elle doit être l’œuvre d'une intelligence supérieure it celle des sauvages.

5. — Eh bien ! en jetant les yeux autour de soi, sur les œuvres 'do la nature, en observant la prévoyance, la sagesse , l'harmonie qui président à toutes, on reconnaît qu'il n’en est aucune qui ne dépasse la plus haute portée de l’intelligence humaine, puisque le plus grand génie de la terre ne saurait créer le moindre brin d’herbe. Dés lors que rintclligence humaine ne peut les produire, c’est qu’elles sont le produit d’une intelligence supérieure à l’humanité. Cette hannonie et cette sagesse s’étendant depuis le grain de sable et le ciron jusqu’aux astres innombrables (jui circulent dans l’espace, il en faut conclure que cette intelligence embrasse l’infini, à moins de dire (ju’il y a des effets sans cause.

ü. — A cela quelques-uns opposent le raisonnement suivant :

Les œuvres dites de la nature sont le produit de forces matérielles qui agissent mécaniquement, par suite des lois d’attraction et de répulsion; les molécules des corps inertes s'agrègent et se désagrègent sous l’empire de ces lois. Les plantes naissent, poussent, croissent et se multiplient toujours de la même manière, chacune dans son espèce, en vertu de ces mômes lois ; chaque sujet est semblable à celui d'où il est sorti ; la croissance, la floraison, la fructification, la coloi'ation sont subordonnées à des causes matérielles, telles que la chaleur, l’électricité , la lumière, l’humidité, etc. Il en est de même des animaux. Los astres se forment par l’attraction moléculaire, et se

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meuvent perpétuellement dans leurs orbites par l’effet de la gravitation. Cette régularité mécanique dans l’emploi des forces naturelles n’accuse point une intelligence libre. L’homme remue son bras quand il veut et comme ilveut, mais celui qui le remuerait dans le même sens depuis sa naissance jusqu’à sa mort, serait un automate; or les forces organiques de la nature , considérées dans leur ensemble, sont en quelque sorte automatiques.

Tout cela est vrai ; mais ces forces sont des effets qui doivent avoir une cause, et nul n’a prétendu qu’elles constituent la divinité. Elles sont matérielles et mécaniques; elles ne sont point intelligentes par elles-mêmes, cela est encore vrai ; mais elles sont mises en œuvre, distribuées, appi'opriées pour les besoins de chaque chose par une intelligence qui n’est point celle des hommes. L’utile appropriation de ces forces est un effet intelligent qui dénote une cause intelligente. Une pendule se meut avec une régularité automatique, et c’est cette régularité qui en fait le mérite. La force qui la fait agir est toute matérielle et nullement intelligente; mais que serait cette pendule si une intelligence n’avait combiné, calculé, distribué l’emploi de cette force pour la faire marcher avec précision? De ce que l’intelligence n’est pas dans le mécanisme de la pendule, et de ce qu’on ne la voit pas, serait-il rationnel de conclure qu’elle n’existe pas? On la juge à ses effets.

L’existence de l'horloge atteste l'existence de l’horloger; l’ingéniosité du mécanisme atteste l’intelligence et le savoir de l’horloger. Quand on voit une de ces pendules compliquées qui marquent l’heure des principales villes du monde, le mouvement des astres, qui jouent des airs, qui semblent, en un mot, vous parler pour vous don-

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