‹ La genèseChapitre 24 sur 236 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Telle est l’image de la vie terrestre et de la vie d’outre-tombe, avant et après la révélation moderne ; celle-ci, semblable au second navire, nous apporte la bonne nouvelle de la survivance de ceux qui nous sont chers, et la certitude de les rejoindre un jour; le doute sur leur sort et sur le nôtre n’existe plus; le découragement s'efl’aco devant l’espérance.

Mais d’autres résultats viennent féconder cotte révélation. Dieu, jugeantriiumanitô mûre pour pénétrer le mystère de sa destinée et contempler de sang-froid de nouvelles merveilles, a permis que le voile qui .séparait le monde visible du monde invisible fût levé. Le fait des manifesüitions n’a rien d’extrahumain; c'eut l' humanité spiriluelle (jui vient causer avec l' humanité corporelle ci\m dire :

« Nous existons, donc le néant n’existe pas; voilà ce que nous sommes, et voilà ce que vous serez ; l’avenir est à vous comme il e.st à nous. Vous marchiez dans les ténèbres, nous venons éclairer votre route et vous frayer la voie; vous alliez au hasard, nous vous montrons le but. La vie terrestre était tout pour vous, parce que vous ne voyiez rien au delà; nous venons vous dire, en vous montrant la vie spirituelle : La vie terrestre n’est rien. Votre vue s’arrêtait à la tombe, nous vous montrons au delà un horizon .splendide. Vous no saviez pas pourquoi vous souffrez sur la terre ; maintenant, dans la souffrance, vous voyez la justice de Dieu ; le bien était sans fruits apparents pour l’avenir, il aura désormais un but et sera une nécessité; la fraternité n’était qu’une belle théorie , elle est maintenant assise gur une loi de la nature. Sous l’empire de la croyance que tout finit avec la vie, l’immensité est vide, l’égoïsme règne en maître parmi vous, et votre mot d’ordre est ;

CAliACTRIlES DE LA RÉVÉLATION SPIRITE

« Chacun pour soi ; » avec la certitude do l’avenir, les espaces infinis se peuplent <\ l’infini, le vide et la solitude ne sont nulle part, la solidarité relie tous les êtres par delii et en deçà de la tombe; c’est le règne de la charité, avec la devise : « Chacun pour tous et tous pour chacun. » Enfin, au terme de la vie vous disiez uii éternel adieu à ceux qui vous sont chers, maintenant vous leur direz :

« Au revoir ! »

Tels sont, en résumé, les résultats do la révélation nouvelle; elle est venue combler le vide creusé par l’incrédulité, relever les courages abattus par le doute ou la perspective du néant, et donner à toute chose sa raison d’étre. Ce résultat est-il donc sans importance, parce que les Esprits ne viennent pas résoudre les problèmes de la science, donner le savoir aux ignorants, et aux paresseux le moyen de s’enrichir sans peine? Cependant les fruits que l’homme doit en retirer ne sont pas seulement pour la vio future; il les cueillera sur la terre par la transformation que ces nouvelles croyances doivent nécessairement opérer sur son caractère, ses goûts, ses tendances et, par suite, sur les habitudes et les relations sociales. En mettant fin au règne de l’égoïsme, de l’orgueil et de l’incrédulité, elles préparent celui du bien, qui est le règne de Dieu.

La révélation a donc pour objet de mettre l’homme en possession de certaines vérités qu’il ne pourrait acquérir par lui-môme, et cela en vue d’activer le progrès. Ces vérités se bornent on général à des principes fondamentaux destinés à le mettre sur la voie des recherches, et , non à le conduire par la lisière; ce sont des jalons qui lui montrent le but : à lui la tâche de les étudier et d’en déduire les applications ; loin de l’affranchir du travail, ce sont de nouveaux éléments fournis à son activité.

CHAIMTRE II

Uiou.

Existence do Dieu. — De la tiatiiro divine. — La Providence. — La vue de Uieii.

EXISTENCE DE DIEC

1 . — Dieu étant la cause première de toutes choses, le point de départ de tout, le pivot sur lequel repose l’édifice de la création, c’est le point qu’il importe de considérer avant tout.

Il est de principe élémentaire qu’on juge d’une cause par ses effets, alore môme qu’on ne voit pas la cause. La science va plus loin : elle calcule la puissance de la cause par la puissance de l'effet, et peut même en déterminer la nature. C’est ainsi, par exemple, que l’astronomie a conclu à l’existence de planètes dans des régions déterminées de l’espace, par la connaissance des lois qui régissent le mouvement des astres ; on a cherché, et l’on a rouvô les planètes, qu’on peut en réalité dire avoir été découvertes avant d’avoir été vues.

2. — Dans un ordre de faits plus vulgaires, si l’on est plongé dans un épais brouillard, h la clarté difluse on juge que le soleil est sur l’horizon, quoiqu’on ne voie pas le soleil. Si un oiseau fendant l’air est atteint d’un plomb mortel, on juge qu’un habile tireur l’a frappé quoiqu’on ne voie pas le tireur. Il n’est donc pas toujours néces-

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