‹ La genèseChapitre 27 sur 236 · DE I.A NATURE DIVINE · texte numérisé non relu

DE I.A NATURE DIVINE

8. — 11 n’est pas donné à l’homme de sonder la nature intime de Dieu. Téméraire serait celui qui prétendrait lever le voile (jui le dérobe à notre vue; il nous manque encore le sens qui ne s’acquiert que par la complète épuration de l’Esprit. Mais s’il ne peut pénétrer son essence, son existence étant donnée comme prémisses, il peut, par le raisonnement, arriver à la connaissance de ses attributs nécessaires ; car, en voyant ce qu’il no peut pas ne pas être sans cesser d’étre Dieu, il en conclut ce qu'il doit être.

Sans la connaissance des attributs de Dieu, il serait impossible de comprendre l’œuvre de la création; c’est le point do départ de toutes les croyances religieuses, et c’est faute de s’y être reportées comme au phare qui pou-

DIEU

vait les diriger, que la plupart des religions ont erré dans leurs dogmes. Celles qui n'ont pas attrilmé à Dieu la toute-puissance ont imaginé plusieurs dieux ; celles qui ne lui ont pas attribué la souveraine bonté en ont fait un Dieu jaloux, colère, partial et vindicatif.

9. — Dieu est la suprême et souveraine intelligence. L’intelligence de l'homme est bornée, puisqu'il ne peut ni faire ni comprendre tout co qui existe; celle de Dieu, embrassant l’infini, doit être infinie. Si on la supposait bornée sur un point quelconque, on pourrait concevoir un être encore plus intelligent, capable de comprendre et de taire ce que l’autre ne ferait pas, et ainsi de suite jusqu’à l’infini.

10. — Dieu est éternel, c’est-à-dire qu’il n’a point eu do commencement et n’aura point do fin. S’il avait eu un commencement, c’est qu’il serait sorti du néant; or le néant n’étant rien, ne peut rien produire; ou bien il aurait été créé par un autre être antérieur, et alors c’est cet être qui serait Dieu. Si on lu’ supposait un commencement ou une fin, on pourrait donc concevoir un être ayant existé avant lui, ou pouvant exister après lui, et ainsi de suite jusqu’à l’infini.

11. — Dieu est immuable. S'il était sujet à des changements, les lois qui régissent l’univers n’auraient aucune stabilité.

12. — Dieu est immatériel; c’est-à-dire que sa nature diffère de tout ce que nous appelons matière; autrement il ne serait pas immuable, car il serait sujet aux transformations de la matière.

Dieu n’a pas de forme appréciable à nos sens ; sans cela il serait matière. Nous disons : la main do Dieu, l’œil de Dieu, la bouche de Dieu, parce que l’homme ne con-

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