‹ La genèseChapitre 28 sur 236 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

naissant, que lui, il se prend pour terme de comparaison do tout ce qu’il ne comprend pas. Ces images o(i l’on représente Dieu sous la figure d’un vieillard à longue barbe, couvert d’un manteau, sont ridicules; elles ont l’inconvénient de rabaisser l’être suprême aux mesquines proportions de l’humanité ; de là à lui prêter les passions de l’humanité, à en faire un Dieu colère et jaloux, il n’j a qu’un pas.

13. — Dieu tout-jiumant. S’il n’avait pas la suprême puissance, on pourrait concevoir un être plus puissant, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on-» trouvât l’être qu’aucun autre ne pourrait .surpasser en puissance, et c’est celui-là qui serait Dieu. Il n’aurait pas fait toutes choses, et celles (lu’il n’aurait pas faites seraient l’œuvre d’un autre dieu.

14. — Dieu est souvej'ainemont juste et bon. La sagesse providentielle des lois divines se révèle dans les plus ])ctites choses comme dans les plus grandes, et cette sagesse ne permet de douter ni de sa justice ni de sa bonté. Ces deux (lualités impliquent toutes les autres; si on les supposait bornées, ne fût-ce que sur un point, on pourrait concevoir un être (]ui les posséderait à un plus haut degré, et qui lui serait supérieur.

L’infini d’une qualité exclut la possibilité de l’existence d’une qualité contraire qui l’amoindrirait ou l’annulerait. Un être infiniment bon ne saurait avoir la plus petite parcelle de méchanceté, ni l’être infniment mauvais avoir la plus petite parcelle de bonté ; do môme qu’un objet ne saurait être d’un noir absolu avec la plus légère nuance de blanc, ni d’un blanc absolu avee la plus petite tache de noir.

Dieu ne saurait donc être à la fois bon et mauvais, car

DIEU

alors, ne possédant ni l’iino ni l'autre de ces qualités au suprême degré, il ne serait pas Dieu ; toutes choses seraient soumises au caprice, et il n’y aurait de stabilité pour rien. Il ne pourrait donc être qu’infiniment bon ou infiniment mauvais ; s’il était infiniment mauvais, il ne ferait rien de bon; or, comme ses œuvres témoignent de sa sagesse, de sa bonté et de sa sollicitude, il en faut conclure que, ne pouvant être à la fois bon et mauvais sans cesser d’être Dieu, il doit être infiniment bon.

La souveraine bonté implique la souveraine justice ; car s’il agissait injustement ou avec partialité dans une seule circonstance, ou à l’égard d'une seule de ses créatures, il no serait pas souverainement juste, et par conséquent ne serait pas souverainement bon.

15. — Dieu est infiniment parfait. Il est impossible de concevoir Dieu sans l’infini des perfections , sans quoi il ne serait pas Dieu, car on pourrait toujours concevoir un être possédant ce qui lui manquerait. Pour qu’aucun être ne puisse le surpasser, il faut qu’il soit infini en tout.

Les attributs de Dieu étant infinis, ne sont susceptibles ni d’augmentation ni de diminution , sans cela ils ne seraient pas infinis, et Dieu ne serait pas parfait. Si l’on ôtait la plus petite parcelle d’un seul de ses attributs, on n’aurait plus Dieu, puisqu’il pourrait exister un être plus parfait.

16. — Dieu est unique. L’unité de Dieu est la conséquence de l’infini absolu des perfections. Un autre Dieu ne pourrait exister qu’à la condition d’être également infini en toutes choses; car s’il y avait entre eux la plus légère différence, l’un serait inférieur à l’autre, subordonné à sa puissance, et ne serait pas Dieu. S’il y avait entre eux égalité absolue, ce serait de toute éternité une

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