‹ La genèseChapitre 71 sur 236 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

La géologie est donc une science toute d’observation ; elle ne tire de conséquence que de ce qu’elle voit; sur tes points douteux elle n’affirme rien : elle n’émet que des opinions discutables dont la solution définitive attend dés observations plus complètes. Sans les découvertes de la géologie, comme sans celles do l’astronomie, la Genèse du monde serait encore dans les ténèbres de la légende.

Grâce à elle aujourd’hui, l’homme connaît l’histoire de son habitation, et l’échafaudage dos fables qui entouraient son berceau s’est écroulé pour ne plus se relever.

2. — Partout où existent dans les terrains des tranchées, des excavations naturelles ou pratiquées par les hommes, on remarque ce qu’on appelle des stratifications, c’est-à-dire des couches superposées. Les terrains qui présentent cette disposition sont désignés sous le nom de terrains stratifiés. Ces couches, d’une épaisseur très variable, depuis quelques centimètres jusqu’à 100 mètres et plus, se distinguent entre elles par la couleur et la nature des substances dont elles se composent. Les travaux d’art, le percement des puits, l’exploitation des carrières et surtout des mines ont permis de les observer jusqu’à une assez grande profondeur.

3. — Les couches sont généralement homogènes, c’està-dire que chacune est formée d’une même substance, ou de diverses substances qui ont existé ensemble, et ont formé un tout compacte. La ligne de séparation qui les isole les unes des autres est toujours nettement tranchée, comme dans les assises d’un bâtiment ; nulle part on ne les voit se mêler et se perdre l’une dans l’autre à l’endroit de leurs limites respectives, comme cela a lieu, par exemple, dans les couleurs du prisme et de l’arc-en-ciel.

A ces caractères on reconnaît qu’elles ont été formées successivement, déposées l’une sur l’autre dans des conditions et par des causes différentes; les plus profondes ont naturellement été formées les premières, et les plus superficielles postérieurement. La dernière de toutes, celle qui se trouve à la surface, est la couche de terre végétale qui doit ses propriétés aux détritus des matières organiques provenant des plantes et des animaux.

Les couches inférieures, placées au-dessous de la couche végétale , ont reçu en géologie le nom de roches, mot qui, dans cette acception, n’implique pas toujours l’idée d’une substance pierreuse, mais signifie un lit ou banc d’une substance minérale quelconque. Les unes sont formées de sable, d'argile ou terre glaise, de marne, de cailloux roulés, d’autres de pierres proprement dites, plus ou moins dures, telles que les grès, les marbres, la craie, les calcaires ou pierres à chaux, les pierres meulières, les charbons de terre, les asphaltes, etc. On dit qu’une roche est plus ou moins puissante, selcn que son épaisseur est plus ou moins considérable.

4. — Par l’inspection de la nature de ces roches ou ' couches, on reconnaît à des signes certains que les unes proviennent de matières fondues et parfois vitrifiées par l’action du feu ; d’autres de substances terreuses déposées ' par les eaux; quelques-unes de ces substances sont restées désagrégées comme les sables; les autres, d’abord à l’état pâteux, sous l’action de certains agents chimiques ou autres causes, se sont durcies' et ont acquis à la longue la consistance de la pierre. Les bancs de pierres superposés annoncent des dépôts successifs. Le feu et l’eau ont donc eu leur part d’action dans la formation des matériaux qui composent la charpente solide du globe.

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