THÉORIES DE LA TEKUE
chant partout simultanément sous l’influence d'une ternpjrature uniforme, changeant partout de caractùre à mesure que la température se modifie. Un tel état de choses est inconciliable avec la formation de la terre par l’adjonction de plusieurs mondes différents.
Si ce système eût été conçu il y a un siècle seulement, il aurait pu conquérir une place provisoire dans les cosmogonies spéculatives purement imaginaires, et fondées sans la méthode expérimentale ; mais aujourd’hui, il n’a aucune vitalité, et ne supporte même pas l’examen, parce qu’il est contredit par les foits matériels.
Sans discuter ici le libre arbitre attribué aux planètes, ni la question do leur âme, on se demande ce que serait devenue la mer, qui occupe le vide laissé par la lune, si celle-ci n’eût pas mis de mauvaise volonté ii se réunir avec ses sœurs; ce qu’il adviendrait de la terre actuelle, si un jour il prenait fantaisie à la lune de venir reprendre ' sa place et en expulser la mer.
G. — Ce système a séduit quelques personnes, parce qu’il semblait expliquer la présence des différentes races d’hommes sur la terre, et leur localisation ; mais puisque ces races ont pu germer sur des mondes séparés, pourquoi n’auraient-elles pu le faire sur des points divers d’un même globe? C’est vouloir résoudre une difficulté par une difficulté bien plus grande. En effet, avec quelque rapidité et quelque deitériié que se soit faite Vopêvation^ cette adjonction n’a pu se faire sans secousses violentes ; plus elle a été rapide, plus les cataclysmes ont dû être désastreux; il semble donc impossible que des êtres simplement endurmü du sommeil cataleptique aient pu y résister, pour se réveiller ensuite tranquillement. Si ce n’étaient que dos germes, en quoi consistaient-ils? Cora-
lUO CHAPITliE VIII
ment des êtres tout formés auraient-ils été réduits à l’état de germes? 11 resterait toujours la rjucstion de saA'oir comment cos germes se sont développés à nouveau. Ce serait encore la terre formée par voie miraculeuse, mais par un autre procédé moins poétique et moins grandiose que le premier; tandis que les lois naturelles donnent de sa formation une explication bien autrement complète, et surtout plus rationnelle, déduite de l’expérience et de l’observation (1).
(1) Quand un jiar<nl système so lie à toute nue cosmogonie, on se donuinde sur quelle base rationnelle peut reposer le reste.
I.a concordance que l'on prétend élalilir, par ce système, enire la Genèse biblique et la science, est tout à fait illusoire, puisqu'il est eonlredit par la science même. D’nn autre cèté, toutes les croyances issues du texte biblique ont pour pierre angulaire la création d’un couple unique d’où sont sortis tous les hommes. Otez cette pierre, et lotil ce qui est bâti dessus s’écroule. Ür ce système, donnant à riinmanilé une origine multiple, est la négation de la doctrine qui lui donne un père commun.
L’auteur de la lettre ci-dessus, homme do grand savoir, un instant séduit par cette théorie, en vit biontùt les ciHés vulnérables, et no tarda pas â la combattre avec les armes de la science.