CHAPITRE PREMIER
LES CONCEPTIONS INDOUBS ET CHALDÉENNSS.
ZTA.US BT ILON.
Les conceptions et traditions primitives des Indous, contenues dans leurs livres sacrés» traitent ainsi que noos l'ayons dit:
1* De rÊtre suprôme et de la matière ;
S"" De la création en général et de l'homme ;
3^ De la chronologie ;
40 Des devoirs des hommes dans les trois états d'adolescent, de père de famille et d'anachorète*
60 De la conduite des rois et des classes sopérienres.
Nos précédents ouvrages contiennent, sur les trois premiers points, des études assez complètes pour que nous n'ayons qu'à rappeler les principes qui s'en dégagent et signaler à nouveau quelques textes.
C'est surtout dans la question des devoirs, de la conduite
de l'homme aux trois époques de sa vie que doos verrons rinde s'élever à des hauteurs philosophiques que ne connurent pas les autres peuples de l'antiquité. On dirait que chaque colonie qui, par émigration ou infiltration, reçut Tiqfluence de l'Inde, ne regut pas en même temps les forces nécessaires pour profiter des notions transmises.
La conception indoue sur la grande cause première, la ma* tière et la création, est, nos lecteurs le savent, simple et grandiose tout à la fois. Zyaus-Brahma-Swayambhouva, l'être existant par lui-même, qui est tout et dans tout^ que l'esprit seul peut percevoir, qui échappe aux organes des sens, qui est sans portée visible, éternel, Tâme de tous les êtres, et que nul ne peut comprendre, est la réunion de toutes les forces physiques et matérielles, intellectuelles et morales, de l'universalité des êtres.
De même que le dernier des êtres organisés a ses heures de vie active et ses heures de repos, le grand Tout, TÊtre universel^ a ses jours et ses. nuits produisant des périodes d'actions et des périodes de repos, appelées créations et dissolutions.
La création est le jour de Dieu.
Le chaos est sa nuit.
Et l'éternité voit éclore constamment et se succéder ces révolutions périodiques, pendant lesquelles Dieu agit et se repose.
Les Indous sont arrivés à cette idée par la croyance qu'une loi unique gouverne l'univers, que l'infiniment petit est dirigé par les mêmes règles, les mêmes aptitudes, les mêmes sensations que rinfiniment grand, que l'atome est une représentation exacte du tout. Voyant donc que tout ce qui agit et produit se repose, répare ses forces, les vieux philosophes des bords du Gange ont soumis la nature entière à cette loi.
Lorsque Brahma s'éveille, la création commence.
Lorsqu'il se rendort, la vie cède au chaos ; à l'heure du ré«veil, le germe primordial se manifeste de nouveau.
« Le souverain maître devient moitié mâle et moitié femelle,
et, s'unissant à cette partie femelle, il engendre Viradj. »
(L'univers.)
(Mànou, liv, I, sloca 32.)
La partie mâle reçoit le nom de Nara (esprit père) ; la partie femelle, celui de Nari (esprit mère). Le produit né de cette union est appelé Viradj (c'est-à-dire le germe matériel et spirituel de tous les êtres). Nari, c'est la vierge immortelle, la mère universelle — la nature *. De là, la trinité initiale, émanée d'un seul être. Les trois dieux s'absorbent en un seul, malgré leurs fonctions diverses.
Brahma-Nara, le père.
Brahma-Nari, la mère.
Brahma-Viradj, le ûls.
Avant l'union des deux principes qu'il renferme en lui^ Brahma avait créé les eaux, ce qui lui fait donner dans la théolo^e indoue le nom de Narayana, celui qui se meut sous les eaux.
c Les eaux ont été appelées nâràs, parce qu'elles étaient la
production de Nara — l'esprit divin. — Ces eaux ayant été le
premier lieu de mouvement (ayana) de Nara, il a été en
conséquence nommé Narayana , celui qui se meut sur les
eaux, i
(Manou, liv. I, skca 10.)
Le Dieu germe primitif, Zyaus, Swayambhouva ou Brahma, eut fort peu d'autels dans Tlnde; ^n culte élevé, philosophi-