Avadana Sastra
TRADITIONS INDOUES ET GHALDAENNES. ii7
Nous avons vu^ daos le Deccan méridional et dans le Malssour, un exemple frappant de la facilité avec laquelle un langage se perd et un autre se forme. Dans ces deux contrées que nous avons parcourues avec la modeste charrette à bœufs des Indous, nous arrêtant auprès de chaque ruine, chaque temple, chaque village, nous avons remarqué les curieux faits suivants :
Chaque petit bourg ou aidée possède une caste de bergers, chargée de la garde des troupeaux de la communauté, c'est la caste couroubha^ subdivision de la grande caste des soudras.
Ces bergers, qui vivent constamment dans la forêt ou dans la jongle, n*ont que de loin en loin des relations avec les villes; ils sont arrivés à créer un langage à eux qui n'a aucune ressemblance avec le tamoul^ idiome qu'ils sont obligés de parler dans leurs relations avec les autres Indous.
Nous avons pu constater : }
1^ Que la plupart des enfants ne parlaient que ce langage que nous appelèrent couroubha du nom de la caste, et que quand ils étaient forcés de se servir du tamoul, c'était en soumettant la construction de leurs phrases et les mots mêmes aux modes et aux flexions de leurs patois, ce qui les rendait souvent incompréhensibles.
2<* Que les hommes faits avaient une tendance à abandonner la langue de leurs pères, pour perfectionner la nouvelle.
3<> Que dans les petits villages on parlait plus couroubha que tamoul, ce qui fait supposer que si ces populations émi« graient elles oublieraient rapidement cette dernière langue.
4^ Que ces bergers ne peuvent être considérés comme une race différente^ car historiquement ils appartiennent au soi et sont soudras, de plus^ il y a autant de patois couroubha que de provinces, et tous les bergers des provinces du Deccan, duGarnatic,.du Malagalam, du Maîssour, du Tandjaor et du Travencor qui parlent un patois différent, parlent également la langue nationale, qui est le tamoul.
il8 LA GENÈSE DE L'HUMANITÉ.
Noas n'avons pas le loisir d'insister*, voici cependant trois exemples empruntés an couroubha des montagnes da Maissour, qui montreront à quel point les règles de ce langage sont orimitives :
Guemah homme marié.
Rnah femme mariée.
Nah enfant.
Nisroth taureau.
Sroth vache.
Roth veau ou génisse.
Kalvah graine.
Lvah arbre.
Vah fruit.
La formation est la même pour les mots destinés à rendre des idées abstraites.
Ourda très-bon.
Bda bon.
Arba mauvais.
Rba moins mauvais.
Tous ces mots deviennent substantifs, adjectifs ou verbes, suivant leur place dans le discours.
Rnah arba guemah^ femme qui a un mauvais mari.
Guernah arba rnah, mari qui a une mauvaise femme.
Guernah arba nisroth, chef de famille qui a un mauvais taureau, etc..
Pour faire d'un substantif un verbe^ il suffit d'ajouter une s au mot. Le verbe n'a qu'un seul cas, l'infinitif, ainsi i
Am guernahs ana :
Moi marier demain. Je me marierai demain.
Curiosité singulière, cette phrase ainsi prononcée indique une femme qui parle^ car le mot guernahs, marier, renfermo
ridée du mâle : — Je prendrai mari demain. — Un homme s'exprimerait ainsi :
Am rnahs ana, je me marierai demain. Rnahs exprime l'idée du féminin : — ^ prendrai femme demain...
Nous prions k lecteur d'excuser ces curiosités philologiques ; il y aurait certainement une étude des plus intéressante^ ^ faire sur ces idiomes couroubha en formation, étude qui ^/ouverait surabondamment que des peuples de même origine peuvent parler des langues différentes...
Nous disions que la multiplicité des dialectes parlés dans rinde, en face de l'unité de croyances et de traditions, était une preuve de plus de la maternité de cette antique contrée .
M. Lenormand, un des adversaires les plus acharnés de ridée que nous soutenons, puisqu'il a inventé les accadestouraniens pour échapper à l'influence de l'Inde sur les civilisations chaldéennes, va nous fournir lui-même un argument victorieux contre ses propres opinions.
« La diversité des races d'hommes et des langages dans la Babylonie et la Chaldée est un fait qui a frappé tous les anciens, dit cet éminent ethnographe^ dans ses études accadiennes. Dans l'intérieur de Babylone même, il se parlait au temps du dernier empire chaldéen, des langues différentes qui, souvent, n'étaient pas comprises d'un quartier à l'autre. Aussi Eschyle appelle-t-il les habitants de cette ville, Tra(x{xix - Toç S)(\o<; « foule mêlée de toutes les origines. » Et tous les édits des rois de Babylone rapportés dans le livre de Daniel, commencent par ces mots : « On vous fait savoir, peuples, tribus, langues... » Le vaste commerce de Babylone et de la Chaldée, soit par mer, soit par terre, ainsi que les transplantations de captifs en grandes masses opérées par les rois conquérants, tels que Nabuchodonossor, avaient dû beaucoup contribuer à cette variété , dans le sang et dans la parole des habitants du pays. Des éléments étrangers formant, comme les
juifs, de véritables colonies avec leur religion, leurs lois civiles particulières et leur langage, étaient venus à la suite des événements guerriers, se juxtaposer, sur le sol des provinces inférieures du Tigre et de TEuphrate, à la population primitive du pays et aux tribus araméennes que les textes cunéiformes nous montrent déjà si développées dans la même cx)ntrée , au vni* siècle avant notre ère. Mais cette population était déjà mêlée dès les temps les plus anciens auxquels on puisse faire remonter les souvenirs. La tradition babylonienne voyait dans la réunion d'éléments ethniques différents en Chaldée et en Babylonie un fait primordial. « Il y eut à l'origine à Babylone, disait Bérose en se faisant le rapporteur de ces traditions, une multitude d'hommes de diverses nations qui avaient colonisé la Chaldée. » Les résultats du déchiffrement des inscriptions cunéiformes confirment le fait et attestent son extrême antiquité. »
Ainsi en Babylonie :
1<» D'après M. Lenormand et M. Quatremère qui établit le même fait, il se parlait des langues différentes qui n'étaient souvent point comprises d'un quartier à un autre;
2*" Eschyle appelle les habitants de Babylone , foule mêlée de Umtes les origines;
3*^ Au rapport de Daniel, les rois babyloniens étaient obligés de faire transcrire leurs édits en une foule de langues ;
4*^ D'après le chaldéen Bérose , mieux à même encore que nous d'expliquer les origines de son pays, les primitives traditions babyloniennes rapportent que la Chaldée c fut colonisèe » par une multitude d'hommes de diverses naXions.
8° Les inscriptions cunéiformes reconnaissent et confirment ce fait.
Ces divers points irrévocablement admis dans la science , il reste à résoudre cette question qui naturellement se pose :
d* où venait cette muUUude d*hommes de diverses nations^
TRADITIONS INDOUBS ET GHALDËENNES. 131
parlant des langues différentes^ qui ont colonisé la Chaldée ?
Nous avons vu que, pour la résoudre, certains savants inventent un peuple touranien appelé par les uns accadien, par les autres sumérien, invention que Tethnographie et l'his^ toire refusent énergiquement d'accueillir. Il est à remarquer de plus, que ce peuple fabuleux, de quelque nom qu'on le décore, ne saurait expliquer ni cette multitude d'hommes de diverses nations qui, selon fiérose, ont colonisé la Chaldée, ni ces idiomes^ si nombreux qu'ils n'étaient pas compris de quartier à quartier.
La seule solution rationnelle à tous les points de vue ethnographiques, que Ton puisse donner à ce problème, se trouvera à notre avis dans la réponse à la question suivante :
Quelles sont les croyances religieuses apportées par cette multitude d'hommes, parlant des langues différentes, qui ont colonisé la Chaldée ?
Il est clair que si nous venons à rencontrer en Chaldée -Babylonie autant de systèmes religieux différents que nous avons pu y constater de langages, nous serons réduits, non à inventer des Accadiens ou des Sumériens pour nous tirer d'affaire, mais à reconnaître que cette multitude de tribus, de foules mêlées, qui, selon Eschyle, Daniel et le prêtre chaldéen Bérose, ont colonisé la Chaldée , provenaient des lieux les plus différents, et peut-être l'étude de ces théogonies particulières pourra-t-elle nous conduire jusqu'au berceau de chacune de ces tribus.
Si, au contraire, nous nous trouvons en présence d'un système religieux, un, complet, grandiose même, renfermant dans son sein tout un ensemble de connaissances astronomiques avancées, et si systèmes religieux et astronomiques ne sont, jusqu'à la plus complète évidence, que des copies serviles des systèmes indous... ne serons-nous pas en droit de dire que ces peuplades qui ont colonise} la Chaldée^ parlant des idiomes diffé-
m LA GENÈSE DE L'HUMANITË.
rents^ mais possédant des croyances religieuses et scientifiqoes de tout point identiques, sont issues d'une patrie commune, et que cette patrie est llnde ; Tlnde qui seule a offert au monde le spectacle extraordinaire d'une immense agglomération d'hommes soumise à la même autorité, aux mêmes lois, possédant les mômes croyances religieuses, les mêmes traditions astronomiques, les mêmes préjugés, les mêmes coutumes, les mômes mœurs ; Tlnde qui, ses annales en font foi, depuis i'an 12000 avant notre ère, n'a cessé de fidre rayonner de tous les côtés du globe ses fils, que les luttes des prêtres et des rois et les révolutions serviles forçaient à émigrer sous d'autres deux !
La question de la pluralité des systèmes religieux des Ghaldéo- Babyloniens doit être écartée tout d'abord; il est constant que la Cbaldée eut un système unique que nous allons étudier.
Qu'on nous permette d'en emprunter la description à l'adversaire que nous combattons, M, Lenormand.
Nous pourrions l'exposer nous-même, tel qu'il résulte des textes anciens et des travaux de l'assyriologie moderne, mais nos arguments en auraient une valeur moins décisive.
c Les Ghaldéo-Babyloniens, adonnés d'une manière toute spéciale à l'astronomie, lurent dans l'ensemble du système sidéral et surtout planétaire la révélation de l'Être divin. De même que les peuples syro-phénicîens, avec les religions desquels la leur a la plus étroite parenté, ils considérèrent les^ astres comme les vraies manifestations extérieures de cet Être divin, et ils en firent dans leur système religieux l'apparence visible des bypostases émanées de la substance de l'Être absolu, qu'ils identifiaient avec le monde son ouvrage. Seulement, sous sa forme définitive^ leur religion classa ces émanations dans une échelle philosophique et savante, résultat d'un
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très-paissant effort de pensée, aaquel la Syrie et la Phénicie n'offrent rien d'analogue.
« Le Dieu suprême, le premier et unique principe d*où dérivent tous les autres dieux, était lion, dont le nom signifie le Dieu par excellence^ ^ simple traduction du Zyaus indou.
« C'est le un et le bon que les philosophes néoplatoniciens disent avoir été la source commune de tout dans la théologie des Ghaldéens, et en effet on trouve le premier principe appelé le Dieu un dans quelques documents de l'époque très-tardive où, le langage philosophique s'étant complètement formé dans les écoles sacerdotales, on disait : Qu'au commencement de l'Abîme — Apsa — et de la mer primordiale — Tamti — était né Fêtre existant <— Auv Kinuv, — adoré sous ce nom par Nabuchodonossor. Mais ceci appartient à un développement philosophique tout à fait récent : dans la religion des âges classiques du bassin de TEuphrate, la conceptioD d'IIon était trop compréhensi ve, trop vaste^ pour recevoir une forme extérieure bien déterminée, et par conséquent les adorations du peuple ; à ce point de vue les Grecs lui trouvèrent une certaine analogie avec leur Chronos auquel ils l'assimilèrent.
« En Gbaldée, il ne parait pas qu'aucun temple lui ait été spécialement dédié, bien que Babylone lui dût son nom de Bab-Ilon. Pendant longtemps même on ne distingua pas nettement la personnalité de lion; son rôle et sa qualification de Dieu un furent d'abord donnés à Anou, Paneien des dieux^ premier personnage de la triade suprême, qu'on regarda en* suite comme émanée d'Uon. »
— M. Lenormand commet ici une erreur que nous devons relever. La personnalité A* lion n'est entourée d'aucune obscurité. Ilon^ c^est le dieu irrévélé, le dieu type, le dieu par excellence, c(»nme le Zyaus indou ; Anou, c'est lion manifesté, lion créateur, chef de la triade. Il n'y a donc pas de confusion
de qualification, c'est le môme dieu dans deux états différent^.
Nous poursuivons notre citation :
« Au-dessous d*llon, la source universelle et mystérieuse, venait une triade composée de ses trois premières manifestations extérieures et visibles, qui occupait le sommet de l'échelle des dieux, dans le culte populaire :
Ânoa,
Nouab,
Bel.
c Anou, rOannës des Grecs, le chaos primordial, le dieu Temps et Monde, xp^^? ^^ x<S(r{iLoc à la fois, la matière incréée, issue du principe fondamental et unique de toutes choses.
« Nouah, rintelligence, nous dirions volontiers le verbe, qui anime la matière et la rend féconde, qui pénètre l'univers, le dirige, le fait vivre^ est en même temps le roi de Télément humide, en un mot, V esprit porté sur les eaux. »
N'est-ce pas la trinité indoue^ avec le Nara-Aysna de Manouy V esprit qui flottait sur les eaux? M. Lenormand aurait dû faire ces comparaisons ; à chaque problème Tlnde lui eût donné la clef, cela lui eût évité de faire revivre une civilisation accadienne qui n'a jamais existé.
« Bel, enfin, est le démiurge ordonnateur de l'univers organisé.
« C'est la grande triade signalée chez les Chaldéens par Damascius, qui en désigne les personnages sous les noms d'Ea — Anna — Enou.
« Ces trois personnifications divines, égales en puissance et consubstantieiles, n'étaient pas placées sur le même degré
TRADITIONS INDOUES ET GHALDÉENNES, il5
d'émanation, mais regardées, au contraire, comme issues les unes des autres :
c Nouah d'Anou et Bel de Nouah. d
— Ainsi dans l'Inde, Timmortelle déesse Nari est issue de Brahma qui divise son corps en deux parties, Tune mâle et l'autre femelle, et Viradj est issu de Nari.
« A chacun des dieux de la triade suprême correspondait
une divinité féminine, qui en était le dédoublement, la forme
passive, et, pour me servir de l'expression mêm.e contenue
dans plusieurs inscriptions^ le reflet. » — Ici M. Lenormand,
qui semble éviter systématiquement toute comparaison avec
rinde, nous évite cette unique fois la peine de la réflexion, car
il ajoute : < C'est ainsi que dans l'Inde la trimourti (trinité mâle) se reproduit dans la sakti-trimourti, triade féminine,
Ana, Belît et Davkina répondaient à Anou, Bel et Nouah ; mais la distinction de ces trois personnages femelles est beau* coup moins claire que celle des trois dieux mâles. Us se confondent les uns avec les autres, et en réalité ils se réduisent à un seul, la déesse Bélit, que les invocations au cycle des grands dieux mentionnent toujours à l'exclusion des deux autres. Bélit est le principe féminin de la nature, la matière humide passive et féconde dans le sein de laquelle se produit la génération des dieux et des êtres. »
— N'est-ce pas le cas de rappeler la parole plus scientifique de Manou : «L'eau s'élève vers le soleil en vapeurs, du soleil elle descend en pluie, de la pluie naissent les végétaux et des végétaux les créatures. »
« Une inscription de Sargou II, l'assyrien, dit : Qu*elle triture comme le fard les éléments du monde, »
— L'Inde, avec pins de poésie encore, dira :
c Un sourire de Nari et la nature entière s'est éveillée. . .
(Vinc^Snati.)
c Les principales qualifications de Bélit sont celles de :
Déesse souveraine.
Dame de Tablme d'en bas,
Mère des dieux.
Reine de la terre,
Reine de la fécondité.
c Gomme l'humidité primordiale d'où tout est sorti, elle est Tamti, la mer, comme déesse chthonienne et infernale ; elle est Allât ou Oum-Ourouk, la mère de la viUe d^Erech^ la grande nécropole de la Ghaldée. Enfin, dans le monde des étoiles, elle se manifeste sous le nom d'Istar. »
«- La fiction indoue se continue : Bélit la déesse souveraine, c*est Nari la mère immortelle, et il n'est pas hors de propos de rappeler ici les litanies de Nari, que nous avons données dans rfKsfptre des Vierges :
Nari — vierge immortelle.
Brahmy — mare universelle.
Hyranya — matrice d'or.
Paramatina — âme de tous les êtres.
Sakty — reine de l'univers.
Lakmy ^ lumière céleste.
Manama — fécondité perpétuelle.
Agasa — fluide pur.
Ahancara — conscience suprême.
Ganya — chaste vierge.
Taumatra — réunion des dnq éléments.
Trigana ~ les trois qualités (vertu, richesse, amour.")
Ganyabàva — virginité étemelle, etc...
TRADITIONS INDOUËS Et GHÂLDËËNNËS. m
« Après la première triade, continue M. Lenormand, représentant la genèse du monde matériel, émané de la substance de Têtre divin, la série des émanations se continuait et produisait une seconde triade, dont les personnages, abandonnant désormais le caractère général et indéterminé de ceux de la première, prenaient une physionomie décidément sidérale et représentaient des corps célestes déterminés, ceux dans lesquels les Ghaldéens voyaient les manifestations les plus importantes de la divinité. C'étaient, pour les citer dans leur ordre hiérarchique, Sin, le dieu lune, fils de Bel ; Samas^ le soleil, fils de Nouah; enfin Bin, dieu de l'atmosphère, de ses phénomènes, des vents» de la pluie et du tooaerre, fils d'Anou. »
— Il y aurait beaucoup à dire sur la manière dont ces traditions chaldéennes sont expliquées... par exemple :
Il n'est pas exact de dire que la première trinité ou triade repréiente la genèse du monde matériel. La première triade, émanation directe de lUm, Têtre irrévélé, le germe primordial, représente Vêtre^ la vie dans leur acception la plus universelle, d'où doivent sortir tous les dieux et demi-dieux, tous les esprits, tous les germes spirituels et matériels, tous les XBOndes, toutes les créatures, tout ce qui est et tout ce qui sera... Ce sont les triades suivantes ou triades manifestées, qui représentent spécialement la genèse du monde matériel... Mais nous avons hâte de terminer citations et commentaires.
M. Lenormand nous donne ensuite la liste des douze grands dieux, telle que nous Font laissée Diodore de Sicile et Bérose, dieux qui, d'après ces écrivains anciens, présidaient aux planètes, aux douze mois de Tannée et aux douze signes du zodiaque.
AnoU} Bel»
iîB LA GENÈSE DE L'HUMANINË.
Nouah,
Belit.
Sin,
Samos,
Bin,
Adar,
Hardook,
Nergal,
Istar,
Nebo.
-— Il est inutile que nous insistions, le rapprochement avec les douze grands dieux de Tlnde et leurs fonctions dans Tunivers se fait de lui-même, l'origine brahmanique de ces traditions est indéniable.
a Ce sont ces dieux qui presque seuls sont nommés dans les inscriptions comme étant Tobjet d'un culte public, officiel et général dans tout le pays, et dont les appellations entrent dans la composition de la plupart des noms propres, mais audessous de ces grands dieux, la théologie et la mythologie de Babylone et de l'Assyrie admettaient des dii wiworw, représentant des ordres inférieurs d'émanations qui paraissent, du reste, n'avoir jamais été distribués aussi régulièrement que ceux du sommet de la hiérarchie. 11 y avait là tout un peuple qui resta assez confus et en grande partie relégué dans les cultes locaux. Ce sont des divinités mineures de ce genre que le récit cosmogonique de Bérose introduit aux côtés de Bel, exécutant ses ordres et l'aidant dans son œuvre de démiurge...
c II y avait aussi un certain nombre de dieux locaux, de fleuves et de villes, dont l'adoration n'est jamais devenue générale dans le pays... C'est aussi dans la tourbe confuse des dii minores qu'on relègue les dieux antiques de Vdge purement
accadien^ dont le culte est complètement tombé en désuétude par la suite.
< Mais il faut mettre à part entre les dieux groupés au-dessous du cycle suprême, comme des puissances et des émanations inférieures, la nombreuse série des personnifications stellaires, représentant les mansions célestes et Tarmée entière du ciel, constellations ou étoiles envisagées isolément. Elles correspondaient aux conceptions astrologiques et apotélesmatiques, qui, depuis une époque fort ancienne, avaient pénétré la religion cbaldéo-babylonienne plus qu'aucun autre système religieux du monde antique... Toutes n'étaient pas comptées au nombre des dieux proprement dits, et on regar* dait beaucoup d'étoiles comme animées seulement, sous les ordres des grands dieux, par des êtres surnaturels, contiouant toujours plus bas la chaîne des émanations, participant encore de l'esseDce divine, mais se rapprochant de l'humanité, par suite se mêlant davantage à elle et à ses destinées.
c Daus cette nouvelle sphère^ on rangeait les quatre classes de génies protecteurs, le Sed, Alap ou Kiroub, taureau à face humaine, le Lamas ou Nirgal^ lion à tête d'homme, TOustour, d'apparence entièrement humaine, et le Nattiga à tête d'aigle, dont le prophète Ézéchiel a adopté les types comme ceux des quatre êtres symboliques qui> dans ses visions^ supportent le trône de Jéhovah. »
— Ces figures symboliques sont sculptées dans toutes les pagodes de l'Inde.
« Au-dessus étaient les anges ou esprits, divisés en deux groupes : les Igili ou esprits célestes, les Amon-naki, ou esprits terrestres. Une tablette de la bibliothèque de Ninive compte sept dieux magnifiques et suprêmes, cinquante grands dieux du ciel et de la terre, trois cents esprits des deux et six cents esprits de la terre. »
Nou«t devons ajouter que ces dieux, anges et esprits, en engendraient d'autres à l'infini jusqu'à Thomme, qui était au der** nier degré des esprits et au premier des animaux, et ainsi s'établissait^ en Ghaldée comme dans Tlnde^ ces séries innombrables d'êtres qui, parties d'IIon, l'ôtre irrévélé, le grand Tout, le germe primordial, remontaient jusqu'à lui.
Tel fut ce système religieux chaldéo-babylonieo apporté, qu'on ne l'oublie pas, par cette foule de peuplades mêlées, «d[fiL[i.txToc éf^Xoc, parlant des langues différentes, qui, suivant tous les écrivains de l'antiquité, et notamment le prêtre chaidéen Bérose^ étaient venus coloniser la Chaldée.
Il ne nous reste plus qu'à présenter le tableau des deux panthéons, indou et chaldéen, pour que la conclusion, qui déjà se présente d'eile-même, devienne plus frappante enom :
niKu
Unique^ eiistaQt par loi^même» Urévélé, germe primordial, grand toaté
Dans rinde : En Chaldée :
Zyaus ou Brahma. lion.
DIBD
Unique, diyisattt son corpe en deux parties, Tane mâle et l'antre femelle,
pour créer.
Dans rinde : En Chaldée :
Brahma ou Nara, le père. Anou, le père.
Nari , la mère universelle. Nouah, la mère universelle.
paoDOiT
De l'union du dieu pore et de la déesse mère.
Dans l'Inde : En Chaldée :
Virad], le fils. Bel, le fils.