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CHAPITRE IL

LES SACREMENTS RELIGIEUX. — LES DEVOIRS DES ADOLESCENTS, DES PÈRES DE FAMILLE, DES VIEILLARDS QUI DOIVENT SE PRÉPARER A LA TRANSFORMATION SUPRÊME DE LA MORT.

(D'après Ifanon, les Védas et les commentaires brahmaniques.)

Noas prions nos lecteurs de lire avec le plus grand soin ces pages curieuses; constitution de la famille, éducation des en-' fants, devoirs des professeurs et des pères de famille, sacrements, cérémonies mortuaires, toute la civilisation antique est dans les trois livres de Manoq dont nous allons donner la tra*duction.

£■ UVRB DK8 8A0RS1CENT8 BBLIOIStTX ET DX8 DXTOIBâ DE8

AD0LB8CKNT8, DS MAITOU.

« Seigneur, dirent les maharchis ^ à Manou absorbé dans sa pensée, dites-nous maintenant quels sont les devoirs que les hommes vertueux doivent accomplir.

i. Saints personnages arriytfs à an tel état de sainteté qu'ils n'avaient plas à craindre de transmigrations inférieares.

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!3d LÀ GENÈSE DE L'HUMANITÉ.

c Manou répondit :

« Écoutez quels sont les devoirs que le Véda prescrit aux hommes vertueux qui veulent devenir inaccessibles aux passions exaltées de haine ou d'amour. Que ces devoirs soient gravés dans vos cœurs.

a L'amour du moi n^est pas ce qu'il y a de plus mf^ritoire, cependant rien dans ce périssable univers ne peut se soustraire à ce penchant. N'est-ce pas pour sa propre perfection et son propre bonheur qu'on étudie la sainte Écriture, et qu'on accomplit les actes prescrits par les Livres saints ?

« De Tespérance naissent le travail et la prière : toute peine a pour mobile Pespoir d'un salaire, les pratiques de dévotion et les bonnes actions n'ont d'autre but qu'une récompense.

« OÙ a-t-on vu un acte accompli par un homme qui n'en avait pas la volonté? Quoi qu'on fasse, le désir est le premier pas de l'exécution.

« En observant les devoirs prescrits par les Livres saints, l'homme conquiert l'immortalité dans l'autre monde, et dans celui-ci, il réalise la somme de bien qu*il lui a été donné de concevoir.

f La loi est extraite du Véda. Dans le silence de la parole sainte, il faut l'appuyer sur la coutume et la conduite des honnêtes geiis; en cas de doute, le juge suprême c'est la conscience.

c Quel que soit le devoir enseigné par Manou^ ses prescriptions émanent de la sainte Écriture ; car la science divine c'est Manoa.

a Que le sage étudie avec soin et respectueusement cet ensemble complet de lois, et s'inclinant devant raulorité de la révéLition, qu'il ne cherche pas à discuter ses devoirs.

c Sachez que l'homme qui s'incline devant les prescriptions de la divine srouti — révélation — et de la smriti — tradition, — acquiert de la gloire en ce monde et une félicité par*

faite dans Tautre.

€ L'ensemble de la révélation^ c'est le Véda ; l'ensemble de la tradition, c'est Manou. Ni l'un ni Tautre ne doivent être contestés en rien, le devoir procède d'eux, et non d'autres.

« Quiconque dans les trois premières castes adopte l'opinion des livres sceptiques, repousse ces deux origines fonda-mentales de la loi et du devoir, doit être chassé de la compagnie des gens de bien ^ comme athée et contempteur des Livres saints.

« Le Véda^ Manou j la coutume des sages et la conscience sont les quatre sources de la loi et du devoir.

« La connaissance de la coutume suffit à ceux qui ne recherchent ni renommée ni puissance, mais ceux qui désirent

i. Littéralement excommunié.

18$ LA GENÈSE DE L'HUMâN1T£,

connaître les devoirs pour les enseigner aux autres, doivent étudier la révélation qui est le Véda,

c Lorsque la révélation contient des préceptes différents, les sages les observent tous, et les reconnaissent comme loi.

« Il est dit dans le Véda que le sacriflce de chaque jour < doit être offert après le. lever du soleil , avant son lever, lorsqu'on ne voit ni le soleil, ni les étoiles j cela signifie qu'il peut être offert en tout temps.

C Celui seul qui, depuis sa conception jusqu'à sa mort, a reçu tous les sacrements, assisté à toutes les cérémonies et récité toutes les prière3 ordonnées, peut étudier et enseigner la loi .

« Entre les deux rivières sacrées de Cavery et de Godavery, est un pays aimé des dieux qui a reçu le nom de Brahmâvarta*.

€ La coutume et la tradition anciennes que les populations primitives de cette contrée ont conservées, sont déclarées pures.

C Couroukchetra, Matsya et le pays de Pantchala qui recevra aussi le nom de Gavya-Goubja (montagne de la vierge),

i. Le Bacriflce à la création symbolisaDt Faction de Christna, qui est censé s'immoler perpétuellement pour la conservation de l'univers.

t. Les brahmes du nord nomment ces deux rivières SaraâwaU et Gangea.

TRADITIONS INDOUES ET CHALDfiENNES. 130

Sourasenaca aussi appelé Madoura, forment la contrée de Brahmarchi située près da celle de Brabpavarta.

ff C'est de la bouche môme du brahme ^ qui naîtra dans ce pays que tous les hommes sur la terre apprendront leurs de« voirs.

f Toute la région comprise entre Lanka — l'île deCeyIan — et les monts Hiraavat — Himalaya, — de la mer occidentale à la mer orientale, — c'est-à-dire tout Tlildoustan, -«est nommée par les dieux Aryâvarta — pays des hommes honorables.

c Tout lieu où la gazelle noire bondit dans les plaines, où les jeunes chevreaux suivent des mères à toisons rouges, est propice aux sacrifices et aimé des dieux.

« Le pays des Mlétchas, — étrangers, barbares — est sté* rile pour le sacriûce et la prière.

c Les hommes des trois premières castes ne peuvent s'établir qu'en Aryâvarta, mais Timpur soudra, quand il est poussé par les nécessités de la nourriture, peut s'établir eo tous lieux.

C L'origine de la loi, qui dirige cet univers, nous a été ainsi exposée. Écoutez maintenant quelles sont les lois qui con<cernent les sacrements, et les devoirs imposés aux trois

4. Prophétie appliquée par les brahmes à la naissance da rédempteur Christna

classes honorables qui seules sont soumises à l'étude du Véda et à Tobservance des préceptes sacrés K

/ « Les sacrements — sanscaras, •— les sacrements qui puri-

' ^^ fient les corps des dwidjas — deux fois nés, — savoir, ceux

de la conception et de l'ondoiement à la naissance, et ceux qui

enlèvent toute impureté pour la vie présente et la vie future,

doivent être accomplis selon le rite ordonné par TÉcriture.

% ,.^, « Par les offrandes au principe éternellement pur dont le

feu est le symbole^ on purifie le fœtus le quinzième jour de la conception.

c Par l'eau, principe éternel de vie, on purifie l'enfant à sa naissance.

c Par l'huile, principe pur des végétaux, on renouvelle la purification dans la période de l'adolescence.

c Tels sont, avec l'investiture du cordon sacré, es sacrements que doit recevoir le dwidja.

c Par l'étude de la sainte Écriture, une conduite pieuse, l'offrande du sacrifice au principe pur, l'étude des trois sciences secrètes, les oblations aux pitris — esprits en communication avec les hommes, — par l'accomplissement des devoirs du mariage, la procréation d'un fils et les ablutions so-

i. Ces trois castes sont ceUe des brahmes — les prôtres; celle des xchatrias — les roU et les chefs ; celle des vaysias — les commerçants et agriculteurs. Limpur soudra, dont on ne daignait pas s'occuper, c'était le prolétaire.

TRADITIONS INDOUËS ET GHALDËENNES. 14i

lennelles, le dwidja prépare son absorption dans Parabrabma — la Grande Ame.

Avant la section du cordon ombilical, Tenfant doit être ondoyé par Teau lustrale, puis on place sur sa langue du sel^ du miel et du beurre clarifié avec une spatule d'or, et on ré- ^^ '^ ^ ] *^ cite les prières consacrées. .^^j ■>,

« Que dans le premier jour lunaire propice, dans les douze jours qui suivent sa naissance^ et sous l'influence d'une étoile favorable, le père donne un nom à Tenfant.

c Que le nom d'un brahme exprime la vertu, celui d'un xchalria la puissance, celui d'un vaysia le travail , celui d'un soudra, l'esclavage et l'abjection.

xy « Qu'un second nom leur soit donné , pour le brahme exprimant le bonheur, pour le guerrier la vaillance^ pour lé inarchand la richesse, pour le soudra l'obéissance.

3*^ c Le nom d'une femme doit se prononcer facilement , être suave, mélodieux , plein de charmes . et composé de syllabes favorables, et terminé par des voyelles longues qui doivent tomber en cadence, comme des prières de bénédiction.

'J y ' « Dès le quatrième mois, l'enfant doit être élevé en plein ah*, sous l'action bienfaisante du soleil, et dès le sixième mois^ on doit l'accoutumer à manger du riz, telle est la règle que les familles doivent suivre comme la meilleure.

2 r < 1)6 la première à la troisième année, suivant les prescrip-

tions de la sainte Écriture, on doit procéder pour le dwidja à la cérémonie de la tonsure qui doit être faite d'après le mode consacré.

a Dans la huitième année de la naissance, doit avoir lieu la ^ C cérémonie de TOupanyana ou initiation par l'investiture du cordon et de la ceinture, pour un brahme, dans la onzième pour un xchatria, dans la douzième pour un vaysia.

« Lorsqu'un brabme est destiné à étudier de bonne heure la science divine, il peut recevoir Tinvestiture à Tftge de cinq ans; le xchatria appelé à commander de bonne heure , à six ans; le vaysia qui peut promptement s'initier aux afiEaires commerciales, à huit ans. Mais nul ne peut étudier, commander, commercer avant d'avoir reçu l'investiture.

i/v l ^^^'^^^; -.*^ ^ ^^ brahmes jusqu'à seize ans, les zehatrias jusqu'à

vingt-deux, les vaysias jusqu'à vingt-quatre peuvent encore recevoir i'inveslUure, et l'initiation de la sàvitri.

c Quiconque dans les trois classes n'a pas reçu ce sacrement (sanscara) dans le temps qui leur a été assigné, est déclaré in* digne de l'initiation, chassé de sa caste et excommunié (vratyas).

c Que le brabme et les gens de bien , môme dans la plus grande détresse, n'aient aucune relation d'alliance ou de famille

avec des hommes qui n'ont pas reçu les sacrements prescrits; qu'il se garde de leur enseigner l'Écriture sainte.

« Les brahmatcharis — élèves en théologie --* M doivent porter pour vêtements que des peaux de gazelles noires, de cerf, de bouc, ou des tissus de chanvre, de lin ou de laine* suivant leurs situations.

c La ceinture d'un brahme doit se composer de trois cordons de moundja ^, dont chacun doit être tressé de neuf fils. Le xchatriaa pour ceinture la corde de son arc, faite de mourva*, le vaysia ne porte que trois ûls de chanvre.

c Le cordon sacré porté sur la poitrine, est composé pour le brahme de trois fils de coton, le xchatria ne porte qu'un fil de chanvre, et le vaysia un fil de laine.

« Il a été présent :

Que le brahme porte um bftton de nilva > ou de palàsa ^ i Que le guerrier porte un bâton de vata ^ ou de kadira ^ ; Que le marchand se contente d'en porter un en pilon ^ ou en oudoumbara ^.

« Le bâton du brahme doit s'élever jusqu'à ses cheveux , celui du xchatria à ses épaules, celui du vaysia à la poitrine.

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