‹ La genèse de l'humanité parChapitre 16 sur 42 · Ficus glomerata · texte numérisé non relu

Ficus glomerata

c Muni de son b&ton , et après avoir salaé le soleil , et fait une oblation au feu, que le novice se mette en quête de nourriture, suivant la règle prescrite.

c Le jeune brahme initié doit en demandant commencer sa requête par le nom de la personne à laquelle il s'adresse ; l'élève de la classe militaire doit mettre ce nom dans le milieu de sa phrase, et le vaysia à la fin.

c G*est de sa mère, de sa sœur, de sa tante ou de toute autre femme de sa famille qu'il doit recevoir ce qu'il lui faut pour la nourriture de la journée.

c Qu'il se rende au lieu de ses études, et ne prenne ses repas qu'après en avoir obtenu la permission de son gourou — maître professeur — et s'être auparavant purifié en faisant ses ablutions la figure tournée du côté de l'Orient.

C Celui qui mange en regardant l'Orient , se prépare une longue existence, toute de gloire, de science et de félicité, et obtient la récompense finale ^.

c Le dwidja doit prendre sa nourriture avec recueillement, et en honorant celui de qui tout émane, et le priant de lui accorder toujours le nécessaire.

i. Mahomet s'est inspiré de ces préceptes lorsqui'U a ordonné qae les principales fonctions religieuses, sacnfiC'es, ablutums, etc., se fidsent en regardant l'Orient.

TRADITIONS INDOUËS ET GHALDËENNES. U5

« La nourriture prise en honorant celui qui la donne aux ommes^ donne la force et la santé.

« Qu'il se garde de manger une trop grande quantité d'aliments; une nourriture trop abondante abrège l'existence , et est blâmée par les sages qui de tout temps se sont maintenus en santé par la sobriété.

« La sobriété rend la vertu facile, c'est lë meilleur aide dans raccomplissemeut des devoirs.

« Après son repas, que le brahme fasse l'ablution avec la partie de sa main que rÉcriture sainte a déclarée pure.

€ Qu'à trois reprises différentes, il avale de l'eau, et que par trois fois il s'essuie la bouche avec la partie pure de son pouce a» puis qu'il asperge d'eau sa tête et sa poitrine.

« L'eau qui asperge la tête et la poitrine du brahme le purifie; le xchatria est purifié par celle qu'il avale , le vaysia par celle qu'il prend dans la bouche, le soudra par celle qu'il touche du bout des lèvres s.

« Quand les vêtements, les peaui, la ceinture , le cordon » le bâton etl'aiguière du dwidja ne peuvent plus lui servir, il

i. Le catholicisme a conseryë ces pratiques dans certaines cérémonies. 2. C'est le seul cas où le Soudra est tiominé dans des pratiques reU<* gienses autrement que pour l'en exclure »

doit s'en procurer d'autres bénis par des prières, et puriflds par Teau lustrale.

« L'obtention du sacrement du késanta est fixée à la seizième année de la naissance pour les brahmes , à la vingtdeuxième pour les xchatrias et à la vingt-quatrième pour les vaysias. »

Nous ne pouvons nous livrer à tous les commentaires auxquels donnerait lieu chacune de ces strophes, pour mettre plus vivement en lumière ces mœurs curieuses'; ce sera l'objet d'une étude particulière sur Manou. Cependant nous ne pouvons nous empêcher de relever rapidement deux erreurs de William Jones et de Wilson, à propos du sacrement du késanta.

Suivant William Jones, le sacrement du késanta serait une cérémonie dans laquelle on coupe la chevelure ; selon Wilson, le késanta serait le devoir de donner Taumône.

Ni Tune ni l'autre de ces explications n'est d'accord avec le texte de Manou et la coutume indoue.

L'ablation de la chevelure, qui ne conservera que cette touffe que tous les Indous de caste portent au sommet de la tête, a lieu dans les trois ans de la naissance et non à Tépoque indiquée par Manou dans le texte qui nous occupe, et cette cérémonie se nomme tchaoula et non késanta.

Quant à l'obligation de donner des aumônes, la loi brahmanique y astreint tout individu, quels que soient son âge et sa caste, et il n'y a pas dans cet acte l'apparence d'un sacrement, c'est un devoir et non une cérémonie.

Pour les pundits ou brahmes savants qui vingt fois m'ont donné cette explication, le késanta est le sacrement qui couronne les études de la sainte Écriture pour les trois castes initiées.

Pour le brahrae c'est Tordination, c'est la prêtrise.

Pour le xchatria, c'est le droit de commander les provinces et les armées.

Pour le vaysia, c'est la consécration d^une émancipation toute particulière à l'Inde, et que nous appellerons l'émanci' pation commerciale.

Le Gis, tout en restant sous l'autorité du père de famille, en lui devant compte de ce qu'il peut amasser, acquiert cependant la liberté de commercer, de s'engager, d'acheter et de vendre en son nom.

Le késanta enfin, pour les trois castes, accordait une certaine émancipation, une certaine majorité restreinte à ceux qulTavaientreçu.

On va voir par les trois premiers slocas de la traduction que nous reprenons, que l'explication que nous venons de donner est beaucoup plus conforme à la pensée de Manou, que celle des deux indianistes que nous avons cités.

c Les mômes cérémonies doivent être accomplies pour les femmes, avec les prières aux différentes époques fixées depuis la conception et la naissance, mais les sacrements ne leur seront pas conférés.

f Le sacrement de mariage est dit par les sages remplacer, pour les femmes, tous les sacrements prescrits par l'Écriture sainte aux hommes des différentes classes, comme leur amour pour leur époux, le soin de leur famille, l'entretien du feu sacré leur tiennent lieu de toute étude sous un gourou et de toute science.

« Telle est la loi de l'initiation des dwidjas ; par celte initiation, ils reçoivent une nouvelle vie au bien, à la vérité, à la

science, c'est pour cela qu'ils sont appelés dwidjas — deux

fois nés.

c Écoutez maintenant quels sont les devoirs qui leur sont

imposés.

« Le gourou, après Tinitiation de brahmatchari, lui enseigne les devoirs de pureté et les bonnes mœurs, Tentretien du feu sacré et les sandbyâs du matin, de midi et du soir.

C Après avoir fait les ablutions prescrites et, le visage tourné vers VOrient, le brahmatchari doit, avant d'ouvrir le Véda, adresser ses respectueux hommages au Maître souverain de r univers.

a Pendant la lecture du Véda, il doit maîtriser ses sens et se tenir les mains jointes pour rendre hommage à la sainte Écriture ; qu'en commençant et terminant la lecture, il embrasse les pieds de son directeur, et ne commence ou ne s'arrête qu'en entendant le gourou lui dire : Holà I étudie, ou : C'est bien ! repose-toi.

« Qu'il prononce toujours, au commencement et à la fin de sa lecture du Véda, le monosyllabe sacré, Auai, qui renferme en lui le mystère de la trinité. Celui qui ne le fait pas oublie ce qu'il apprend aussi vite que les caractères tracés sur Veau s'effacent.

« Qu'il prononce ce mystérieux monosyllabe, invocation à la trimourli, que Brahma lui-même a exprimé de l'essence du Véda, la face tournée vers V Orient, pur de toute souillure, rete-

TRADITIONS INDOUES ET GUALDËENNES. i49

oant son baleine et tenant dans ses mains une tige de Therbe sainte du coosa.

« Du Véda ont été exprimée aussi les trois grands mots Bhoûr-Bhouva-Swar, Terre, Ether, Ciel, ainsi que l'invocation céleste de la sàvitri ^ dont le premier pada — verset -^ commence par Tad t

c Le brahme vertueux, qui possède la science de l'Écriture sainte, s'il veut parvenir au dernier degré de sainteté indiqué par le Véda, doit matin et soir répéter cette prière de la sàvitri précédée du monosyllabe sacré Aum et des trois vyàhritis^.

c En prononçant mille fois cette triple invocation, le dwidja se dépouille de ses pécbés comme un serpent de sa peau.

« Le dwidja qui, pendant trois années, répète sans cesse la triple prière qui forme la substance môme du Véda, et le monosyllabe sacré, s'élèvera jusqu'à la divinité, revêtu d'une forme immortelle, aussi léger que le vent.

i Tous les actes pieux qu'enseigne le Véda, prières, oblations, sacrifices, aumônes, offrandes sacrées, ne valent pas le mystique et éternel monosyllabe, symbole de Vitre existant par lui^-mêmey de Brabma, le seigneur des créatures.

« Le sacrifice de chaque jour et les quatre oblations du

1. Nous avons donné cette invocation dans la Bible dam VIndt, ::. Nom théologique des trois mots Bhoûr, Bhouva» Swar.

i30 LA GENÈSE DE L'HUMANITÉ.

foyer, répétés mille fois, ne valeat pas une seule invocation à Brahma par la sâvitri et le monosyllabe sacré.

c Le brahmatchari doit éviter que ses sens soient en rapport avec des objets qui leur plaisent, et s'ils se trouvent en rapport malgré lui, il doit s'habituer à les réprimer aussi facilement qu'un cavalier contient et dirige son cheval.

« Apprenez quels sont ces organes que les anciens pundits ont déclarés être au nombre de onze.

« L'ouïe, la sensation de la peau, la vue, le goût, l'odorat, les organes de la génération, la langue, la main, le pied et l'organe de la voix. Les cinq premiers sont nommés organes de l'intelligence ; les cinq derniers, organes de l'action.

c II en est un autre, le onzième, le plus grand de tous^ qui renferme en lui Tintelligence et l'action auquel tous les sens obéissent ; il s'appelle la conscience.

« Voulez-vous savoir, ô hommes sages, comment s'accomplit l'ofûce de la conscience : Lorsqu'un sillon doit être tracé dans les champs, le bœuf est attelé à la charrue. L*homme met la main au timon, et dit : va... le bœuf se met en marche, s'arrêtant ou continuant sa course, suivant la volonté de soa maître ; quand le sillon est terminé, l'homme seul juge si cela est bien, ni le bœuf qui transmet le mouvement à la charrue, ni la charrue ne peuvent apprécier leur œuvre.

c Ainsi la conscience humaine — ahnncara — seule a la conception, la volonté, la direction, le jugement ; les organes sont inconscients et irresponsables.

€ Quand la conscience exagère l'action des organes de la sensualité elle manque aux lois de sa propre existence, et se dégrade si elle en tempère le fonctionnement, elle progresse et monte au séjour de la perfection suprême.

« De même que le feu qui reçoit le beurre clarifié des sacrifices, ne fait que brûler avec plus de vigueur, de même les désirs que Ton cherche à satisfaire deviennent insatiables*

C L'homme vertueux est celui qui pouvant jouir de tous les plaisirs, y renonce volontairement; la renonciation est préférable à la jouissance.

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« Le meilleur moyen de soumettre ses sens toujours disposés à l'abus de la sensualité, est dans l'étude persévérante de rÉcriture sainte.

c Mais rétude des Védas, la pratique de la charité, les sacrifices pieux, les oblations, les donations les plus austères, ne procureraient jamais le bonheur éternel à Thomme qui se livre à toutes les jouissances d'un naturel corrompu.

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« L'homme vertueux n'est entièrement assuré d'avoir

dompté ses passions, que quand il voit, touche, entend, ressent, mange, sans joie ni peine.

c Si on ouvre la porte à une seule de ses passions, tout le travail accompli par l'homme pour acquérir la sagesse s'é* coule comme Teaù d*une outre percée.

c Mais rhomme qui n'est pas encore parvenu à Tâge des vanaprasthas^ doit se contenter de réprimer les exagérations de ses sens, sans se livrer à des austérités qui pourraient nuire à ses affaires de chaque jour.

« Dès l'aube, qu'il récite debout, les mains jointes, la face tournée vers VOrient, la sublime prière de la sâvitri exprimée du Véda, jusqu'au soleil levant, et qu'il la récite dans la même posture au soleil couchant, jusqu'à ce que les étoiles brillent aux cieux.

« La prière du matin efface tous les péchés commis volontairement ou involontairement pendant la nuit. La prière du soir efface tous les péchés commis volontairement ou involontairement pendant le jour.

« Quiconque ne fait pas la prière du soir debout, les mains jointes en signe de respect, et le visage tourné vers rOrient, et ne fait pas celle du soir dans la même posture, tourné du côté du soleil couchant, doit être, comme un impur soudra chassé de la compagnie des trois castes.

i. Anachorôta.

TRADITIONS INDOUES ET GHALDÉENNES. iU

ce Lorsque le dwidja se retire pour faire une retraite dans la forêt de trois^ sept ou neuf jours, près d'une source d'eau pure, maîtrisant les organes de ses sens, selon la règle prescrite, la prière de la sâvitri prononcée dans un recueillement parfait lui tiendra lieu d'étude de la sainte Écriture •

« Mais il ne suspendra pas la lecture des védanyas, ni les prières de chaque jour, ni les sacrifices pieux, ni les invocations sacrées qui accompagnent les oblations du feu.

« La prière du matin et du soir ne peut être suspendue, car elle a reçu des sages le nom de brahmasattra, loblaiion à Brahma : quant au sacrifice à la parole divine, qui est le Véda, il ne sera pas non plus laissé de côté, même dans les moments où la lecture de TÉcriture sainte doit être suspendue.

« La prière récitée par les hommes vertueux, selon le mode prescrit, pendant une année entière, fait monter au séjour des dieux et des esprits ses offrandes de lait caillé, de miel et de beurre clarifié.

« Le dwidja qui a reçu ^investiture par la cérémonie de Toupanayana doit, à partir de ce moment, alimenter le feu sacré, demander sa subsistance à Taumône, coucher sur la dure, et obéir à son directeur, jusqu'à ce qu'il ait terminé son noviciat.

f Tout brahrae gourou ne peut recevoir pour élève que

dix jeunes hommes, y compris son ûls, et il doit choisir les autres parmi les plus dociles, les plus studieux^ les plus purs, les plus vertueux, parmi tous ceux qui lui sont liés par le sang ou par l'amitié.

« Le brahmatchari — élève en théologie, initié — ne doit point prendre la parole sans y être convié, ni répondre à des questions déshonnêtes, et quelle que soit sa science, se con« duire en public comme s*il était ignorant ou muet.

ce Celui qui répond à une question déshonnète encourt le mépris des gens de bien.

« L'Écriture sainte, comme une graine que Ton ne confie pas à un terrain stérile, ne doit pas être enseignée aux hommes qui ne sont ni zélés^ ni vertueux, ni soumis, ni de bonne famille.

ce II est préférable pour le brahme gourou de supporter tous les malheurs, et même de mourir avec sa science que de l'enseigner à des méchants ou à des ingrats.

c IjQ souverain maître de toutes choses a dit au brahme : La connaissance de mes perfections est le plus précieux de tes trésors, ne me fais pas connaître aux pervers et tu pourras toujours mettre ta confiance en moi.

« Mais lorsque tu auras pour élève un brahmatchari, maître de ses organes, vertueux et pur, si tu le crois digne d'être le gardien d'un tel trésor, alors révèle-moi à lui.

€ Quiconque, sans en être digne, parvient à s'emparer de la connaissance des textes sacrés, est dit coupable de vol du Véda, et à sa mort il descend au naraca (enfer).

« Quel que soit le gourou qui ait initié le brahmatchari dans la science de la parole divine, et la connaissance de l'Être suprême, Télève doit considérer son maître comme son père spirituel^ et le saluer le premier entre tous, quel que soit le lieu où il le rencontre.

« Tout brahme qui pe connaîtra que la sàvitri, mais qui est maître de ses sens, pratique les austérités les plus méritoires et est connu comme un homme vertueux, se réunira plus vite au grand Tout que celui qui connaissant l'Écriture ne sait pas imposer de frein à ses passions.

« Le brahmatchari ne doit ni se coucher ni s'asseoir en présence de son professeur, et, s'il est couché ou assis, se lever immédiatement en signe de respect à son approche.

« La présence d'un vieillard doit inspirer de pieux sentiments aux jeunes gens, c'est en se levant et le saluant qu'ils montrent le respect qu'ils doivent avoir pour lui.

« L'adolescent qui salue avec respect les vieillards et se montre avide de prévenir leurs désirs, voit s'accroître quatre choses, la durée de sa vie, sa santé, sa science et sa réputation*

« Après le salut, que le brahmatchari qui aborde un vieillard prononce son nom en disant : C'est moi.

« Et qu'après avoir dit son nom il prononce rinterjection Bhauhî que les sages ont déclarée être la plus haute formule de respect pour les personnes à qui on s'adresse.

a Quand il reçoit à son tour le salut d'un brahme qu'il a abordé, ainsi qu'il est prescrit, il doit lui dire en prolongeant la finale de son nom, Tespace de trois aspirations : prospérité et longue existence à l'homme sacré.

« Le bramatchari, qui ne connaît pas les différentes formules de salutations qu'il doit employer selon les personnes et les castes, se ravale au niveau de Timpur soudra.

a II est prescrit de demander à un brahme s'il approche de son union intime avec la divinité !

« A un xchatria, s'il est en bonne sabté ;

a A un soudra, s'il n'est point malade, mais seulement quand la nécessité oblige à lui adresser la parole.

a Quand le brahmatchari sert d'aide à un sacriûce solennel , on ne doit pas rappeler par son nom, les hommes qui connaissent la loi doivent s'adresser à lui par l'interjection Bhauhî ou rappeler seigneur.

•Ar

« En parlant à une femme étrangère de bonne naissance,

mais qui ne lui est pas allié par le sang, il doit dire marna — madame.

• A ses oncles maternels et paternels, an père de sa femme, aux rilwidjs — prêtres célébrants — et aux gourous il doit le salut le premier quand même ils seraient plus jeunes que lui.

c II doit les mêmes égards à ses tantes paternelles et ma-^ ternelles, à la mère de sa femme .qu*à la femme de sou gou* rou.

c II doit se prosterner chaque matin devant sa mère et la femme de son frère aîné, mais il n'est tenu d'aller rendre ses devoirs à ses autres parents qu*au retour d*un voyage.

Qu*il n'oublie jamais de saluer sa mère en se prosternant matin et soir, car il doit vénérer sa mère entre toutes les

femmes.

« Entre les membres d'une même caste, Pégalité n'est pas détruite par une différence d'âge quelle qu'elle soit ; dix ans entre vaysias ne créent pas d'inégalité, cinq ans entre xchatrias, et trois ans entre brahmes versés dans le Véda n'en créent pas non plus, mais l'égalité n'existe plus après ces limites.

« Dans la même famille, il n'y a jamais d'égalité entre les divers membres, qui sont tous soumis au père et au frère aîné.

iS3 LA GfiNÈSE DE L'HUMANITÉ.

c Mais un brahme de dix ans et un xchalria de cent ans doivent être considérés comme père et fils, et c'est le brahme qui est le père.

c L*âge, la parenté, la richesse sont des titres de respect, mais la science, la vertu, la probité, la connaissance de la sainte Écritare« la répression des sens, l'action de rendre le bien pour le mal et de pratiquer Tanmône sont les seules qualités vraiment recommandables, celui qui les possède n't pas d'âge devant le maître de toutes choses.

c Si le brahmatchari rencontrait même un soudra qai, arrivé à sa dixième décade (cent ans), possédât toutes ces vertus, et les eût toujours pratiquées, il lui devrait le respect, car comme l'or mêlé de substances viles qui se dépouille dans la coupelle d'un orfèvre, le pur serait sorti de l'impur.

c n doit céder le passage aux vieillards qui ont dépassé leur neuvième décade, aux malades et à l'homme qui ploie sous le faix d'un fardeau, quelle que soit leur caste.

« n dmt toujours le céder aux brahmes qui ont terminé leurs études, à un xchatria qui a été initié, à une femme quel que soit son rang.

c Lorsque le brahme^ apiès avoir initié son élève, lui enseigne le Véda, les rites des sacrifices et les invocations mys-

térieuses aux esprits de la nature et taax pitris, il ajoute à son nom celui d'atcharya (instituteur.)

Le brahme qui^ dans le but d'assurer sa subsistance, enseigne quelques parties des Védas, Védangas, et mentrams i reçoit le nom de dupadyaya (sous-précepteur).

c Le brahme qui accomplit la cérémonie religieuse après la conception, l'ondoiement après la naissance, place sur la langue du nouveau-né le sel, le miel et le beurre clarifié, et plus tard le dirige dans ses études, est appelé gourou — directeur.

« Celui qui est attaché au service des saints et illustres personnages, pour entretenir le feu sacré, faire les sacrifices aux dieux, et les oblations aux esprits domestiques, et purifier les fautes dont on fait Taveu, reçoit le nom de ritwidj — chapelain, v

Ce texte, si curieux au point de vue des rapprochements qu'il permet de faire avec les usages du catholicisme, n'est point le seul dans lequel Manou ait parlé de la confession.

Voici deux autres slocas aussi concluants :

« Par un aveu fait devant tout le monde, par le repentir, par la dévotion, par la récil;alion des prières sacrées, un pécheur peut être déchargé de sa faute...

«c Suivant la franchise et la sincérité de l'aveu fait par un

1. Foftnules des sciences oceuUes. Ce mot est aussi pris dans le sens de prières.

homme qui a commis une iniquité, il est débarrassé de cette iniquité ainsi qu'un serpent de sa peau. »

(Manou, liv. Xr, sloca S26 et suivi]

Comme on le voit, les brahmes anciens avaient reçu quelques milliers d'années avant les bonzes de Rome le droit de confesser les gens.

On sait que, pendant les premiers siècles de TÉgiise, la con^ fession fut publique, jusqu'au jour où la révélation du péché de fornication d'un diacre, pour employer rexpression sacerdotale, fit abolir cet usage, rétabli depuis dans le secret des églises.

Nous poursuivons : les commentaires sur ce livre de Ma« nou, sur Téducationde la jeunesse, demanderaient un volume. Nous pensons avoir bientôt les loisirs de le lui consacrer.

« Tels sont les différents emplois permis aux brahmatcharîs qui ont terminé leur noviciat et qui ont conquis le droit d'instruire et de diriger leurs semblables.

* * a L*élëve ne doit jamais causer le moindre chagrin au brahme qui s*est imposé le devoir de l'élever, de lui faire connaître la sainte Écriture; il doit le vénérer comme un père et

une mère.

« Un gourou est dix fois plus vénérable qu'un sous-précepteur, que. cent instituteurs, il est l'égal du père. Mais uno mère est mille fois plus vénérable que le père,

« Les sages prétendent même que le gourou qui initie le brahmatchari dans la science divine, doit être préféré au père^ car la

TRADITIONS INDOUES ET CHALDÉENNES. 16i

naissance spirituelle qui ouvre le swarga — ciel — au dwidja est éternelle, tandis que la naissance en ce monde est fragile et périssable.

« L'union du père et de la mère par Tamour ne donne à l'enfant qu'une existence purement humaine.

c Mais la naissance qu'il reçoit par l'initiation aux livres sacrés, par Toupanayana, par la sâvitri est la seule véritable ; ni la vieillesse ni la mort ne sauraient l'atteindre.

« Il faut que l'on sache que le brahme qui procure à un enfant l'inappréciable avantage d'une seconde naissance par* la science des textes révélés doit être considéré comme son père spirituel.

f Le gourou qui enseigne le Véda et les devoirs prescrits, et qui procure ainsi la naissance spirituelle^ fût-il eofant, se-* rait regardé comme le père d'un vieillard.

«c Kavi, fils d'Angiras^ à peine âgé de douze ans, enseigna la sainte Écriture à ses oncles paterneb et à ses cousins déjà âgés. Et en leur enseignant, pour montrer lautorilé d'un maître, il leur disait : Enfants I...

« Ceux-ci furent se plaindre aux dieux de ce peu de respect, mais les dieux leur répondirent :

« L'enfant a bien parlé, la science des vérités divines l'a

let LA GENÈSE DE L'HUMANITÉ.

élevé m rang de précepteur, et I^ sages oot dit qae le titre de père lui était dû<

« Ce ne sontoi les cheveux blancs» ni les années, ni la caste, ni la famille qui rendent l'tiomme digne des respects de tous* L'ignorant âgé est un enfant, Tenfant instruit est un père.

« Il est grand parmi nous, celui qui connaît les Védas, les anges et le livre de la loi, ont dit les sages.

« La science et la vertu règlent seules la prééminence entre les brahmes^ le courage entre les xcbatrias, la richesse entre les vaysias^ Tltge entre les soudras.

« Un homme n'est pas vienx parce que sa tête grisonne, maiscelui qui, quoique jeune» est versé dans la connaissance du Véda, est regardé comoae un vieillard par les sages.

c Un brahme quia négl^ Tétodede TÉcrilure sainte» n'est pas plus utile sur la terre qu'un éléphant de bois ou la peau d'un animal gonfié d'air, tous trois oot la môaie valeur*

ce La femme ne conçoit pas d'un eunuque, mie vache d'un bœuf, la science est inutile à l'ignorant, le brahme qui ignore la sainte Écriture est comme la fettune stérile, il ne produit

pas de fruits sur la terre*.

i. Manon, Manava-Dliaraut-Sa$traé

t La science révétée ne doit être donnée qu'avec de douces 31 agréables paroles ; ce n'est pas en maltraitant les brahma- 3irchtis qu'on doit enseigner la parole de Dieu.

If Pour profiter de tous les biens que donne la connaissance du Véda, il faut être pur de cœur, de pensée et de parole.

« Que le brahmatchari fuie tout honneur mondain comme du poison, et qu'il recherche le mépris comme ramrita (ambroisie}.

c Délaissé de tous, quoique dans Tindigence, il s'endort avec la paix du cœur , et se réveille joyeux; il est heureux* tandis que celui qui recherche les honneurs meurt rongé par son orgueil.

t Le dwidja qui a été initié aux différents sacrements, et qui a appris les rites des sacrifices aux dieux domestiques "^ esprits — doit, sous la direction de son gourou^ se livrer peu à peu aux austérités méritoires, qui préparent à l'étude apprO' <oi>die des Védas.

ft Qu'il se soumette % ces austérités tout entier et s'impràgne de la lecture de la sainte Écriture, car e^est la dévotion la plus méritoire, la plus efficace qu'il soit recommandé au dwidja d'accomplir même le jour où il porte une guirlande de (leurs ^.

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