CHAPITRE IV
lAgbndbs fabulbusss.
LA. LÉOEMDB DU BÀBI-P0UBA.1TA.
Nous avons déjà donné dans « la Bible dans Tlnde * une de ces légendes poétiques. Rappelons-la en deux mots , car elle a été copiée servilement par les auteurs de la genèse hébraïque.
Adhima et Hé va, créés par Brahma, furent placés par lui dans rtle de Ceylan, avec défense de quitter sans sa perknission cette splendide contrée. Adhima, tourmenté par le désir de parcourir la terre qu'ils habitent, entraîne sa femme à sa suite, et va faire une excursion sur la grande terre de Tlndouslan qu'ils apercevaient de leur Ile.
Un pont naturel de rocher entre Ceylan et la grande terre leur offre un passage tentateur.
A peine ce désir est-il accompli, malgré les résistances d'Héva qui craint de désobéir au Seigneur^ que le pont qu'ils venaient de traverser s'écroule^ et les deux voyageurs se trou* vent nus sur une terre sablonneuse et stérile, qui de leur île cependant leur était apparue couverte de végétation et d'ani-' maux de toutes espèces.
Tout cela n'était qu'un mirage que le chef des rakchasas — >
démons, — jaloiu de Tœuvre de Brahma, avait suscité poar les engager à la désobéissance.
Adhima se désolait, Héva invoque le Seigneur, et Brahma pardonne à Thomme en faveur de sa compagne , qui ne Ta suivi que par amour, et n'a pas, après la faute, désespéré du créateur.
Mais le Dieu leur annonce qu'ils ont perdu le paradis de délices où il les avait placés, qu'ils devront travailler la terre et souffrir pour reconquérir le ciel , et en môme temps il leur promet d'envoyer Vichnou, la seconde personne de la trinité, s'incarner dans le sein d'une vierge, pour venir purifier la race humaine de la faute commise par ses premiers pères.
Tel est le résumé très-succinct de cette belle légende, que les émigrations d'esclaves et de parias qui ont peuplé les contrées dites sémitiques ont défigurée à plaisir.
De là l'invention de la pomme et du serpent^ et la faute attribuée à l'initiative de la femme, pour légitimer l'esclavage imposé à leurs mères par les grossiers habitants de l'Euphrate ec du Jourdain.
On nous fait encore agenouiller devant ce passé^là! Les siècles prochains ne pourront faire accorder la grandeur scientifique du siècle de la vapeur et de Télectricité avec l'absurdité des fétiches religieux qu'il conserve.
Voici la l^ende du Hari-Pourana :
Le Hari-Pourana est un poëme en l'honneur de .Vichnou, seconde personne de la trimourti, qui jouit d'une réputation d'antiquité égale à celle des Védas et de Manou.
Dans cet ouvrage Vichnou est considéré comme le principe créateur manifesté du Dieu suprême, et spécialement le père des êtres animés.
DESCENTE DB YICHNOV SUR LA TCRIS.
Création de l'homme et de la femme.
c sublime esprit crâatenr, daigne aooorder le pardon de leurs péchés, la puriûcation de leurs souillures à tous œux qui dans le monde t'offirent en ce moment lé sacrifice et prononcent ton nom.
f Tu es d*une nature spirituelle, tu es la lumière par excel- /ence, tu n'ea point sujet aux misères et aux passions hu-* maines.
« Tu es étemel, tn es tont*pmssant, tu es la pureté même, ta es le refuge des créatures et leur salut, tu possèdes toutes les sciences, tu es fessenoe du Yéda^ tn es la figure de la vérité et de la prière.
c C'est à loi qa*on doit adresser tons les sacrifices» ta disposes de tons les Inens du ciel et de la terre, tn conserves tout et peux tout détruire en on instant.
t Le bonheur et le malheur, la joie et la douleur, respék'ance et la crainte» tout est entre tes mains, tout dépend de leî, tu es l'objet de tous les vœux des hommes » et tu es en môme temps le prestige qui leur fascine la voe, qui lee attire vers l'infini.
c Tu exauces leurs prières et satisfais leurs désirs. Tu les
combles de biens et fais réussir toutes leurs entreprises. Tu les purifies de leurs fautes et leur accordes une place au swarga.
« Tq es présent dans les trois mondes. Tu as trois espritSi trois corps, trois Visages, et le nombre trois bit ton essencOf Écoute ces chants excellents que j'adresse à Vichnou.
Invocation à la dieàsê Nùrt a«
c Je t'adore, ô déesse. Tu es l'essence la plus pure de Brahma. Tu es la mère du monde. Tu es la créatrice, la conservatrice et la destructrice de toutes choses.
Invocation à Veau lustraU.
« Ëau consacrée par les cinq parfums et la prfère, tu ês pure, que tu proviennes de la mer, des fleuves, des étangs ou des puits, purifie mon corps de toute souillure.
« Ainsi qu'un voyageur fatigué par la chaleur trouve du soulagement à IWbre d'un arbre, ainsi puissé^je trouver eu toi, eau sacrée, le soulagement de mes maux et la purification de mes péchés.
« Eau consacrée, tu es Tessence du sacrifice, le germe de la vie ; c'est dans ton sein que dont ëclos tous les germes, quô se sont formés tous les êtres.
1. N8ri est la vierge im:nortelle, môre des dieux et des hommes, elle îdprétfenM ïê prinaif^éOiènB «Hsiiflé dai» Tiliattce divinr^e SurayHm*bbOttTft, l'Être existani oar lui-môm.'.
800 LA GBNÈSB DE L'HUMÂNITS.
c le t'invoque avec la même confiance que celle d*an enfant; qui» à la vue de quelque danger, va se jeter entre les bras d'une mère qui le chérit tendrement Purifie-moi de mes péchés, et purifie tous les hommes avec moi.
« Eau consacrée ! dans le temps du Pralaya-Chao-Brahma, la sagesse suprême, Swayambhouva ^ l'être existant par ses seules forces, existait sous ta forme. Tu étais confondue en lui.
f Tout à coup il parut sur les vagues immenses qui sillonnaient rinfini^ et il se créa une forme pour se révéler et sépara les terres d'avec les eaux qui, réunies en un seul lieu, formèrent le vaste océan.
a L'être irrévélé, Brahma, qui se reposait dans le vague de l'éther immense, lira de sa propre substance Brahma aux trois visages qui créa le ciel, la terre, l'air et les mondes infélîeurs.
« Eau consacrée, tu es le réservoir de là vie, la source de tout ce qui existe, et c'est dans ton sein que Brahma s'étend pour se reposer dans Tinfini quand vient la grande nuit d6 la nature.
Invocation à la terre,
« terre, tu es notre mère à tous, tu protèges le laboureur qui te déchire le sein avec sa charrue. Tu fournis en abondance
la nourriture de tous les êtres. Fille de Vichnou, écoute les chants excellents que j'adresse à ton père.
Invocation aiut mondes supérieurs,
c Adoration au swarga-loca^aubouhou-Ioca, aubouvahaloca, au mhahaha-Iocai au djavaha-Ioca, au japaha-loca et au sattia-loca K
Invocation aux mondes inférieurs,
c Adoration au magdala-loca, au saladala-loca, au bachadalaloca, au soundala-loca^ au vedala-loca, à Tadala-loca et au pattala-loca K
Invocation au sohil.
c Aum ^ 1 Adoration au soleil :
« Je t'adore, ô sublime lumière de Dieu» œil de la vérité suspendu à la voûte des cieux I
« Je t'adore, 6 toi que les sages ont toujours regardé comme le signe suprême de la puissance céleste.
« Je t'adore, 6 toi i|ui es la vie, la force, la vertu, la vérité, le Védaj la prière et la figure de l'être suprême.
i. Dl?i6ions du swarga on ciel *- loca en Bamscrit lieu* a formé le latin loeus.