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Divisions de mondes inférieurs, entre le ciel et Tenfer

3. Anm, monosyllal^e sacré dont chaque lettre est l'image d'une des trois personnes de la trinlté A — U — M.

Brabma-Vichnou-Siva.

liO U ORNtSS OB VHQMANITË,

« Aum I Adoration au soleil.

Prière.

% Pieu polçil« Y0U9 êtes Yimn%e de celui qui existe par ses propres forces. Vous êtes Bralima à votre lever, Vichoou à midi et Siva à votre coucher. Roi du jour, vous brillerez dans l'air comme yne pierre préoieaao. Vous tXw l'image de la Trimourti, le témoin de toutes les actions qui se font sur la terre ; vous êtes rœil du monde, la mesure du temps ; c*est vous qui réglez le Jour et la nuit, les semaines^ les mois, les années, les cycles, les calpas, les yougas, les saisons, les ayanas, le temps des oblatipos et de la prière ; vous êtes le seigneur des neuf plaintes, vous absolvez les péchés de ceux qui vous invoquent et vous ofiFrent des sacrifiées; vous dissipez les ténèbres partout où vous vous montrez. Dans l'espace de soixante gadhias, vous parcourez sur votre char la grande montagne du nord qut a quatre-vingts dix millions cinq cent dix mille yodjanas d'étendue. Je vous loue et vous adore de tout mon pouvoir ; daignez me faire éprouver les effets de votre bonté et de votre miséricorde en m'accordant le pardon de tous mes p4ehéa et |e séjour d« la félimlé suprême après ma mort. — Cette prière est extraite par le poote du VManta- Sara, recueil d'invocations brahmaniques*

Invocatim au f^

I feu, écoutez cette parole excellente :

• Épargnes mes ennemis, mais br6Ie« eenz qui disent du mal des Véd939

« Le nombre de mes péchés est comparable au sablQ des rivages. Us rempliraient les gouffres profonds des mers.

« J*implore ta miséricorde, sois pour moi ua mo;«D de sala^ purifie-moi de mes soaillures.

c feui viens ici, j'ai besoin de toi pour le sacrifice. Image de l'esprit de l'éternel Brahma, viens par ta présence parifie*

les pindas ^ sacrés.

«0 fea, vous êtes la prière universelte ; c*est par votre flamme divine qu'elle monte aux pieds de Swayambhouva ; faites que par votre entremise tous les péchés que j'ai pu commettre par pensée, par paroles, et par actions me soient remis.

Invocation à Yichnou.

t L'homme qui est pur, ou qui est impur, ou qui se trouve dans une situation périlleuse quelle qu'elle soit, n'a qu'à invoquer Celui qui a les yeux du lis d*étang \ pour être par au dedans et au dehors, et être sauvé.

c Vichnoul

« Je vais chanter ta manifestation dans la nature visible, et la naissance de l'homme formé par tes mains. »

( — La première partie de cette invocation à Vicbnou passe dans Tlnde pour aussi efficace que la prière de la sàvitri, et le mystérieux monosyllabe Âum. En voici le texte original d'après le Nittia-Carma, ou rituel des cérémonies et prières brahmaniques.

Apamtraha pavitraha sarva vastam Gatopiva yasniaret pounkarikacham Sabahiabhiam tara Soitchihy.

i, Lm pindas sont des galettes de rix que le brabme oonaaere pendaa le sacrifice et qu'il fait manger aux assistants pour les purifier de leurs fautes.

a. La fleor du lotus dédiée & Vichaoo.

m LA GBNÈSE DB L'HUMANITÉ.

Les brahmes qui se vouent plus particulièrement au culte de Vichnou qu'à celui des deui autres personnes de la trinité, et qui pour cela sont appelés vichnouvistes — vichnavas — font vœu de réciter tous les jours cette prière pendant un certain nombre d'heures.

A cet effet, le jour de leur initiation^ en môme temps que le prêtre brahme leur répand sur la tête Thuile consacrée, ils prononcent à haute voix le vœu suivant :

t Aujourd'hui, jour de l'Oupanayana, voulant éloigner de moi tout danger, faire des progrès dans la vertu, et obtenir après ma mort les délices du swarga, je fais vœu de réciter rinvocation à Vichnou chaque jour, pendant une heure, au lever du soleil, et une heure au coucher. Je mérite les plus affreux tourments du naraca si je manque jamais à ce ser** ment. »

D'autres font vœu de prononcer cette prière cent fois la matinée et cent fois le soir. Us se servent alors du chapelet que tout brahme porte à sa ceinture, pour compter ses prières — .)

C'est par des invocations à la grande cause première, à Swayambhouva, le Dieu irrévélé, au soleil, à l'eau, au feu, aux mondes supérieurs et inférieurs, que tous les poètes indous préludent à leurs chants génésiques ; c'est après avoir invoqué le germe universel et toutes ces forces inconnues de la nature qui se développent par son influence, qu'ils abordent leurs

sujets.

Avant de continuer la traduction de ce curieux document du Hari'Pourana, nous demandons au lecteur la permission d'ouvrir une parenthèse pour dire quelques mots des poèmes indous en général.

Nous donnons à ces réflexions la forme du chapitre, aUn

qu'elles ne soient pas, eu égard à leur importance scientiûque considérable, noyées an milieu de matières. De telles erreurs ont cours en Europe sur les choses qui touchent à Tlnde, que nous saisissons avec empressement toutes les occasions qui se présentent de les signaler.

Nous ne savons quand la science officielle — celle qui élève en serre chaude au collège de France des indianistes académiqueSf qui soutiennent par exemple que Brahma n'a jamais eu d'autels dans Tlnde,-— nous ne savons, disons-nous, quand cette science voudra bien reconnaître que la civilisation de rinde est un fait^ qu'elle a conservé tous ses monuments religieux, littéraires, philosophiques et scientifiques^ que les brahmes savants des pagodes, et les castes élevées vivent encore comme au temps des Védas et de Manou, que par conséquent cette civilisation repousse les hypothèses ingénieuses et les inventions subtiles^ et qu'il n'est pas permis de faire là œuvre d'imagination, comme sur les briques assyriennes et tablettes iu palais d'Assur-Bhani-Pal,

L'Inde ne dort pas enfouie sous le sable. Mais ce que nous savons, c'est que l'on ne fera de Tiodianisme sérieux qu'en allant s'inspirer aux rives du Godavéry et du Gange de l'esprii de cette civilisation.

^4 LA GENÈSE D£ L'HUMANITK.

CHÀPITRB V

LBS P0SVS8 IND0U8.

Ce chapitre, noua Tavons dit« n'est qu'une parenthèse, nous le ferons le plus court possible, pour ne pas interrompre les récits légendaires du Hari-Pourana,

Les deux langues primitives de Tlnde ancienne sont le sanscrU^ langue sacrée, et son dérivé immédiat, le pcUi^ idiome vulgaire.

Les indianistes prétendent que le pâli ancien n'existe plus.

Les brabmes soutiennent que le paliy en tant que langue unique, n*a jamais existé.

Suivant eux le mot pâli doit se traduire ainsi : le parler des castes inférieures. Ce ne serait donc pas le nom d'une langue particulière, mais bien celui des nombreux idiomes nés du sanscrit que parlent depuis l'antiquité la plus reculée les différentes castes et tribus inférieures.

Au temps de Kapila, c'est-à-dire il y a plus de dix mille ans, le nombre de ces idiomes était supérieur à cent. La centralisation brahmanique et royale, les invasions en ont fait dispa< raître quelques-uns.

Il en reste encore dans VInde soixante et quinze l Au milieu de cette variété de langage, les croyances religieuses, les mœurs, les coutumes sont restées les mêmes pour tous les

peuptes, protégées d'an c6té par le pouvoir idigieux des brahmes^ et de l'autre par rinslitntion des castes.

Mais si la base n'a jamais été ébranlée, si les principes imposés par la domination religieuse n'ont pas varié sur le terrain orthodoxe* cette immobilité n'a pas été imposée à la poésie, et pourvu que le rapsode respectftt l'essence même de la divine srouti -<* révélation, -^ il lui était loisible de donner libre carrière à son imagination, et de célébrer comme il l'en** tendait Dieu, les esprits intermédiaires, les forces de la nature, les exploits légendaires des béros et les milliers de dieux inférieurs.

C'est pour cela que l'Inde possède des quantités innombrables de poëmes, sur las mômes matières, les mêmes faits, por* tant les mêmes titres, chantant les mêmes dieux, et qui^ iden* tiques et orthodoxes quant au fond, varient dans les détails et les développements poétiques.

Il y a dans l'Inde, nous Tavons déjh dit autre part, plu9 de douMê cents textes des Yédas^ et plus de trois cent cinquante textes de ManoUy sans compter le Wriddha-Manava que les brahmes n'ont pas encore voulu livrer parce qu'il commence par les deux slocas suivants i

€ Après avoir accompli les austérités les plus méritoires^les vertueux mabarcbis furent transportés face h facu devant le Beigoenr des créatures* et lui ayant dit : toi qui n'as pas eu de commencement et n'auras pas de fiQ« sagesse étemelle, daigne nous apprendre le «eoret des choses^ U Seigneur répondit :

« Écoutez, vertueux maharcbia, qui par vos austérités mé^ lîtoirea avez mérité de monter jusqu'à moi, je vais vous enseigner comment s'est formé le périssable de l'impérissable , et

d OÙ vient cet univers , mais sachez que la parole qui va éir$ dite ne pourra être révélée au vulgaire. »

Malgré d'étroites relations d'amitié , malgré Tautorité qui s'attachait à nos fonctions de magistrat » nous n'avons pas élé plus heureux que nos devanciers , et nous n'avons pu obtenir des brahmes autre chose que quelques fragments de cet antique ouvrage, que les pundits mettent au-dessus desVédas, car selon eux ces ouvrages ne seraient que le développement symbolique de la révélation primitive contenue dans le Wrid-^ dha-Manava,

Eh bien , tous ces textes des Védas et de Manou , de tous points semblables comme doctrines, diffèrent sensiblement dans le détail des faits, des cérémonies et surtout dans les épi* sodés héroïques.

Les autres ouvrages sacrés ou héroïques offrent entre eux des variantes plus sensibles encore.

C'est précisément dans ces variations innombrables, respectant toujours cependant, ainsi que nous venons de le dire, le principe môme des croyances, qu'il faut chercher le secret de ces nombreuses traditions qui se sont répandues dans le monde à la suite des émigrations indoues, traditions qui, en portant le même cachet d*origine, sont élevées ou vulgaires, suivant que les émigrants qui les ont apportées sur un sol nouveau, où elles se sont encore transformées, furent des xchatrias, des vaisyas, des soudras ou des esclaves.

Un seul pays, TÉgypte, fut colonisé par une émigration de brahmes et de xchatrias, vaincus dans des luttes d'ambition sous la direction de Manou- Véna , qui est le Manès ou Menés

de rhistoire; c'est ce qui expliqué que de tous les panthéons et de tous les gouvernements hiératiques de l'antiquité, ceux de rÉgypte ressemblèrent le plus aux conceptions religieuses et civiles de l'Inde,

LA LÉGENDE DE LA GENÈSE DANS L'INDE. Si?

II n'y a que les brahmes savants et les pundits qai ont pâli pendant on demi-siècle sur leurs innombrables manuscrits, ayant à leur secours les huit à dix dialectes savants qu'il faut connaître', qui soient capables de faire la lumière dans cette nuit profonde de ce mystérieux passé.

II faut aller leur demander leur science.

Que dire de l'indianisme officiel qui se contente d'un texte unique, qui n'est même pas complet^ des Védas, de Hanou, des Pouraoas , des Sastras et des quelques autres ouvrages qu'on étudie en Europe^ et qui dit, imprime et professe qu'il en possède assez pour juger l'Inde...

Si la bibliothèque d'Alexandrie avec ses neuf cent mUle VO" lûmes n'avait pas été brûlée, combien aurait-il fallu de siècles pour tout traduire et tout commenter. , .

Il n'y a pas qu'une seule bibliothèque dans l'Inde, il y en a autant que de pagodes.

Les brahmes évaluent à sept millions le nombre des manuscrits qui existent actuellement dans les temples de Ceylan et de rindoustan, sur toutes les tbranches des connaissances hu« inaines.

Combien faudra-t-il de générations d'indianistes sérieux pour dégager partout la légende, le fait fabuleux, les invocations, les prières qui encombrent tous ces ouvrages, et donner au monde l'esprit même de la science brahmanique !

L'œuvre sera pénible, longue, difficile, est-ce une raison pour ne la pas entreprendre?

Lorsqu'on a voulu étudier notre .histoire du moyen âge, l'appuyer par des documents sérieux, porter les investigations de la science sur les capitulaires de nos rois , déchiffrer des manuscrits qui ne datent que de quelques siècles... on a créé l'École des chartes. ?

Eh bien , la question que nous posons est celle-ci : cette École pourrait-elle étudier les antiquités de la France à trois

mille lieaesde distance sans voir nos monuments artistiques, nos vieux édifioes» sans compulser nos manuscrits originaux?

Il n'est pas un homme sensé qui oserait le prétendre. Pour-* quoi alors cette prétention d'étudier à trois mille lieues de rinde la plus colossale civilisation du monde ancien^ civilisation qui s*est mue et se meut encore au milieu d*ua monde, d'idées, de systèmes, de coutumes et de détails de toutes espèces, auxquels on ne peut être initié que sur le sol !

Et comment voulez-.vous traduire si vous ne possédez pas une science exacte de toutes ces choses qui sont l'essence même de la vie d'un peuple?

Un exemple entre mille :

Il y a dans l'Inde une prière célèbre qui se nomme la galcUry.

Une foule d'indianistes l'ont traduite, et pas un de la même manière.

Voici trois traductions empruntées à des indianistes diffé* rents... Nous ne voulons pas les nommer pour ne pas être accusé de faire des personnalités sans nécessité; nous ne sommes pas^ en effet, en présence d'un système que l'on peut attaquer en nommant l'auteur, mais bien en face d'une question fort délicate de savoir.

Première traduction»

« Adorons la lumière de Dieu, plus grand que vooSi 6 soleil 1 Cette lumière dirige notre esprit.

c Le sage considère cet astre comme une preuve suprême de la divinité. »

LA LËGfiNDB DE LA GENÈSE DANS L'INDE. 3i9

Deuxitme tradijtciiôn.

c Adorons la lumièro de ce soleil^ le Dieu de toutes choses qui dirige nos pss.

• Le sage voit dans cet ml suspendu à la voûte des cmx rimage de la nature. »

{Troisième traduction^

c Adoration au soleil dont la lumière éclatante est le seul Dieu qui dirige notre esprit.

c Que ce signe suprême nous conduise vers la vertu en ce monde, et vers la divinité en l'autre. »

Voici maintenant le texte de la galatry qui a donné lieu à ces traductions :

c Tat samtourou varaniam bhargo dwaniàh diimahi Zyo yona pratcho dayat. »

Il est facile de voir à la lecture de ces trois moroeaoz, sans •prendre parti pour l'un ou pour l'autre^ que chaque traducteur a fait sa version dans le sens des idées qu'il soutient d'après ses convicUons personnelles.

La première traduction émane d'un indianiste siHritualiste.

La seconde d'un matérialiste qui, pour étayer son système» veut à toute force prouver que les Indous adoraient la matiàrei et pour cela il fait le soleil seul Dieu de la nature.

Quant à la troisième version^ elle semble émaner d'un in^

différent, puisque, après avoir dans le premier couplet fait du soleil le seul Dieu qui dirige notre esprit, dans le second il en fait un signe gui conduit V homme à la divinité.

C'est un indianiste éclectique qui veut contenter tout le monde, aussi est-il juste de dire que c'est celui des trois qui a le plus mal traduit.

Nous n'attaquons pas, nous constatons.

Hé bien ! avec de pareilles traductions, ne sommes-nous pas fondés à dire, en face d'innombrables manuscrits que l'Inde ancienne nous a légués, en face surtout de leurs divergences nombreuses et des commentaires de toutes natures qui encombrent les véritables textes, que ce n'est pas ainsi qu'on reconstituera l'Inde ancienne, non pour les brahmes qui connaissent leur pays et n'ont nul besoin de notre science, mais pour l'Europe ?

Quand créera-t-on une école des chartes sanscrites, non au collège de France où l'on épelle l'immortelle langue des Védas, comme des élèves de huitième font du latin, mais dans le sud de l'Indoustan, où bibliothèques et traditions ont échappé à toutes les invasions?

Le distique que nous venoûs de donner a été traduit par nous de la manière suivante :

« Adoration à la lumière du soleil que l'Être suprême envoie

diriger nos actions.

« Ce signe est pour le sage l'image de la divinité, t

Nous n'avons pas la prétention d'affirmer que notre traduc* tion vaut mieux que les autres, nous disons simplement qu'elle a reçu l'approbation des brahmes, nos maîtres.

Le chant dont nous allons donner la suite est extrait du Hari-Pourana de la bibliothèque de la pagode de Chelambrum,

dans le Carnatic. Nous spéci&oûs ainsi, car l'expression de Hari-Pourana signifie chant, poème, en Thonneur de Vich- Dou, et toutes les pagodes possèdent des Hari-Pouranasqui, quoique identiques par le fond et la doctrine, diffèrent par les détails et les épisodes poétiques : l'un chante Vichnou créateur des hommes ; un autre, Vichnou conservateur ; un autre, Vichnou médiateur, mais tous conservent la môme légende génésique. Ces différences n'enlèvent rien à l'antiquité des unes et des autres ; de môme lès chants religieux du christianisme sont des plus variés sur les mêmes sujets sans cesser pour cela d'être orthodoxes.

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