LE NARÂMÉDHÀ^ OU SACRIFICE DE LÀ CRÉATION
Chaque matin, après avoir fait ses ablutions la face tournée du côté du soleil levant, le brahme doit offrir le sacrifice du Naramédha, ou sacrifice au germe créateur. Et voicitles prières qu'il prononce en consacrant les pindas — gâteaux — de l'offrande :
c Adoration à Vichnoul
« Adoration à Vichnou, souverain maître et conservateur de cet univers, dispensateur des grâces célestes. « Adoration à Vichnou!
c Adoration àBrahma!
« Adoration à Brahma qui a créé les huit millions quatre cent mille espèces de ci calures vivantes, dont la dernière est l'homme.
c Adoration à Brahma I
« Adoration à Siva I
c Adoration à Siva qui préside aux transformations et aux
i. Ce sacrifice est aassi appelé sarya-wedha, on sacrifices à tontes les forces de la nature.
350 liA GENESE D^ L'HUMANITÉ.
modifications continuelles des êtres, qui assiste les hommes a leur mort et les conduit au swarga.
c Adoration à Siva !
c Adoration à Ghristna I
c Adoration à Ghristna qui s'est incarné dans le sein d'une vierge mortelle pour venir gouverner les hommes, leur enseigner la bonne loi et ramener le règne du bien sur la terre.
« Adoration à Ghristna!
c Adoration au Germe universel I
c Adoration au Principe universel de la vie, d'oAsont émanés tous les êtres, c Adoration au Germe oniversd !
c Adoration à la Fleur de Lotus!
« Adoration à la Fleur de Lotus qui a été la première manifestation de Swayambhouva, TÊtre existant par lui-même sur la terre.
c AdoratioQ à la Fleur de Lotos!
« Adoration à Hyranyagfaarba!
t Adoration à Hyranyagharfoa. à celui qui est s<Mrti de Ut matrice d^or et dont Fesprit flottait sor les eaux — naryana. c Adoration àllyranyagharba!
c Adoration à l'infini !
« Adoration à rm&m que nul ne peut comprendre^ et qoi est rempli par la pensée du Grand TouL • Adoration à l'infini t
LA LÉGENDE DE LA GENÈSE DANS L'INDE. 35i
c Adoration aux éléments !
« Adoraiion aux éléments, au feu, à l'eau, à l'air, à Téther, au temps, aux saisons, an cycle actuel, c Adoration aux élémeatsl
« Adoration à la vie I
a Adoration à la vie qui se perpétue d9Q9 la mort; la xport est la naissance suprême.
c Adoration à la vie I
C Adoration au fluide Ayasa !
« Adoration au fluide Ayasa; c'est par ce fluide pur, que Vichnou conservateur lance sur l'univers, que la nature est en communication constante avec la divinité.
« Adoration au fluide Ayasa I
c Adoration à Nari I
c Adoration à Nari, la mère des dieux et des hommes, la vierge immortelle, épouse du divin Pouroucha -*- mâle céleste — qui a produit Viradj.
« Adoration à Nari i
« Adoration au Djambou*Dwipa ^.
« Adoration au Djambou-Ûwipa, qui est la première terre sortie des eaux, et sur laquelle se trouve situé le mont Mé rou 3 *~ Maha-Mérou — qui a sauvé la race sacrée lors du
I. Le continent indou dans la mythologie brahmanique. t, Montaigne où s'est arrêtée l'arche de Vuivaswaia, lors da déluge. Un des pics élevés d9 l'IiioialiAytt.
grand pralaya. — Ce mot est pris ici dans le sens de déluge, c Adoration au Djambou-Dwipal
€ Adoration au Djambou-Vruekcha f
« Adoration au Djambou-Vruekcha, à l'arbre qui a mille yodjanasde hauteur et autant d'étendue, aux pieds duquel les quatre grands fleuves qui arrosent la terre sacrée prennent leur source.
« Adoration au Djambou-Vruekcha I
« Adoration au pays Dravida t
<t Adoration au pays Dravida , dans lequel habitent les hommes vertueux qui parlent la langue arava-tamoul. « Adoration au pays Dravida.
« Adoration aux huit points du monde !
« Adoration à Indra à Test, qui porte le Vadjira , à qui le rouge est dédié et dont l'emblème est Téléphant.
« Adoration à Agni au sud-ouest, qui porte le Gheky à qui le violet est dédié et dont l'emblème est le bélier.
« Adoration à Yama au sud, qui porte le Danda à qui l'o« range est dédiée et dont l'emblème est Tibis.
ce Adoration à Neiritia au sud-est^ qui porte le Kontah à qui le jaune est dédié et dont l'emblème est le buf&e.
« Adoration à Varouna à l'ouest, qui porte le Patcha à qui le blanc est dédié et dont Temblème est le crocodile.
c Adoration à Vahya au nord-ouest, qui porte le Danajah à qui le bleu est dédié et dont l'emblème est la gazelle.
« Adoration à Kouvéra au nord, qui porte le Trissoula à qui
rose est dédiée et dont Temblème est le cheval.
LÀ LÉGENDE DE LÀ GENÈSE DANS L'INDE, m
c Adoratioa à Isania au nord-est, qui porte le Kadga, à qui le vert est dédié et dont l'emblème est le taureau ^. « Adoration aux tiuit points du monde 1 »
c Pouniâ-Avatchana.
« Évocation de la vertu. »
Après ces adorations à tous les créateurs et à toutes les choses créées^ le brahme termine ce sacrifice par la consécration des pindas et révocation de la vertu.
Pour les pindas — gâteaux sacrés — il s'exprime ainsi :
« Vichnou,vous qui vous êtes incarné dans le sein de la vierge Devanaguy, et qui avez vécu parmi nous sous le nom de Christna, daignez descendre sur Tautel et purifier cette offrande.
« Faites que ces pindas sacrés soient pour tous ceux qui en mangeront la nourriture des forts. »
n distribue alors aux assistants les gâteaux qu'il a con* sacrés.
Pour révocation de la vertu, l'officiant s'y prend de la ma* nière suivante :
Après avoir purifié l'autel avec un peu d'eau pure, le visage à demi tourné du côté de TOrient , il place à l'endroit qu'il vient de sanctifier une feuille de bananier, et sur cette feuille un grand vase en cuivre rempli d'eau filtrée avec soin. Il jette alors dans cette eau une poignée de sel précédemment lavé et blanchi, ainsi qu'une pincée des cinq parfums, un peu de safran en poudre, et il récite l'invocation suivante :
1. Toutes les armes dont il est ici question sont des écussons fantad« tiques, symboles d'astronomie, que nous n'aYODs pu déchiffrer.
c Eau lustrale, devenes aussi propice que l'eau sacrée du Gange , soyez l'asile de la vertu , et purifiez ce que vous toocherez de toute souillure. »
Ceci fait, le brahme jette sur les assistants^ avec une sorte d'épongé fixée à un manche de bois de sandal» quelques gouttes de cette eau lustrale; le sacrifice est terminé.
Et comme pour l'eau du salagrama, la vente de l'eau de purification commence.
Ce sacrifice ne s'o£flre ainsi que pour les castes vulgaires; le sarvaméda, qui est aussi un sacrifice à la création^ est plus élevé et plus philosophique; nous en avons rendu compte dans la BibU dans l'Inde. U est réservé aux seuls brahmes.