UN MOT SUR LE TOURANISME
Les peuples dits tonraniens doivent leur existence à la linguistique.
La science allemande les a mis au monde un beau jour pour résoudre un problème philologique. Maisles nouveaux venus auront quelquepeineàfaire leur chemin. Après avoirreconnu des langues, comme le chinois^ dans lesquelles la racine est invariable, et les mots tirent toute leur force de leur position dans le discours; d'autres, comme les langues indo-européennes et sémitiques, dans lesquelles racines et désinences subissent également l'altération phonique ; rencontrant d'autres langues, dans lesquelles les mots se forment de deux racines^ dont Vune reste invariable, et V-autre remplit le râle de simple désinence,la.ng\ies^B.vlées dans tout le sud de Flnde, concurremment avec le sanscrit, sur les plateaux de T Asie centrale, dans la Malaisie et une partie de TOcéanie polynésienne; les gens qui prétendent refaire Thistoire de l'humanité par l'histoire des racines et des radicaux, ont donné le nom de Ton-* raniens aux peuples en possession de ce dernier parler.
Nous faisons d'autant moins de difâcnlté d'admettre Torigine commune de tous ces peuples parlant actuellement dea langues identiques au point de vue lexique, de Test de la mer Caspienne au cap Comorin et à Ceylan, et de Java aux grou-
pes polynésiens, à Siam et aux peuplades de Test du Gange, que la position même qu'ils occupent les réunit tous au nord et au sud, à Touest et à Test autour du grand foyer producteur, rinde ! Mais ni l'histoire ni l'ethnographie ne peuvent accepter le nom de Touraniens qu'on prétend leur donner, encore moins pourrions-nous admettre qu'il y a des traditions touraniennes^ des conceptions touraniennes, des civilisations touraniennes... Ces prétendus Touraniens, fabriqués pour expliquer un langage différent par une race différente, sont tout simplement des Indo-Asiatiques. Que seront ces différences fort explicables de langage, lorsque nous aurons démontré qu'il n'est pas une seule dos traditions de ces peuples qui ne soit née sur les bords du Gange?
Toutes les populations du sud de l'Inde qui parlent la langue tamoule, rangée parmi les langues touraniennes, sont de pure race indoue^ plus pure même que celle du nord croisée de sang mogol; leurs savants et leurs brahmes parlent sanscrit de toute antiquité ; les types, les mœurs^ les coutumes^ les croyances religieuses, les livres sacrés sont les mômes sur les bords du Kavery et sur les rives du Gange. Nous aimons à croire qu'on n'accusera pas la civilisation indoue d'être d'origine touranienne.
Le touranisme est une invention d'hier qui prétend désigner l'état social des populations pastorales de l'Asie, opposé à l'état social des populations agricoles de la même contrée.
Les inventeurs de cette curieuse expression n'ont sans doute pas réfléchi que les peuples ne naissaient point fatalement pasteurs ou agriculteurs, mais qu'ils devenaient l'un ou l'autre, suivant les contrées où ils portaient leurs pas et étaient souvent l'un et l'autre, comme dans l'Inde, quand la nature du sol prêtait à cette double manière de vivre. Au surplus, presque tous les peuples de l'Asie ont à leur origine mené ces deux existences.
Donc, au point de vue ethnographique, il n'y a pas de civilisation touranienne.
Au point de vue historique, nous savons seulement que les anciens peuples de la Médie appelaient très*vaguement du nom de Touran les contréies situées à Test de la mer Caspienne. Le Zend-Avesta en fait mention comme de pays arides et désolés, habituel séjour de l'esprit du mal.
Est-ce bien là qu'il faut faire naître la nation qui, suivant quelques assyriologues, aurait initié les Chaldéens à la vie civilisée ?
Le Touran des anciens serait la Tartarie actuelle. Il faut avoir parcouru ces steppes stériles^ où pendant de longs jours les caravanes qui vont de Kachgar à Bokhara et à Khiva ne rencontrent que quelques touffes d'herbes rabougries et des chacals affamés ; où pas un monument, pas une ruine, pas un souvenir ne vient accuser un passé de quelque grandeur, pour comprendre l'absurdité de cette hypothèse. De temps à autre, le voyageur rencontre des tas d'ossements blanchis d'hommes et d'animaux, ce sont les cimetières des caravanes qui transportent le thé, le musc et les soyeuses étoffes de la Chine.
Bien qu'on ne voyage là que dans la saison favorable, il est rare que les voyageurs soient à l'arrivée en môme nombre qu'au départ.
L'été, ces plaines sont une mer de feu .
L'hiver, elles ressemblent à un vaste linceul l...
Quant à la question de linguistique, cause de toutes ces in« ventions de peuples de races différentes pour expliquer des parler différents, nous n'en voulons pour le moment dire qu'un mot, nous réservant de la traiter spécialement dans un ouvrage sur VOrigine des langiASS.
Nous pensons, et nous donnerons nos preuves,
1® Que les premières langues parlées par les hommes primitifs furent monosyllabiques et à racines invariables. Les
ChiadSi le directe de la noavelle Groinée, et quelques idiomes des populations sauvages de l'Afrique, nous en ont conservé das exemples plus ou moins per&cUonoés^
3» Que ces langues numoayUdnque^ en s» iramsibniianf progressivement, sont devenues», pour nou» serviv dé l'expresàon que la sdenca a consacoée, dt$ Um§uu^a§gkuin4mtes^ c'est-à-dire unissant deux racines pour fionnsF im mot» dbnir l'une reste iavaniable» et l'anire tomba à râakdftsimple d&inence, comme. les kngnea tamoule, teiinga et. kanam dana rinde.
3« Que cealangnesâflgffiimafuafypar lesod eflet dfone noovellQ trans fo r m atîoii pix^graasiva également» ont formé lu langues à flexion^ dans lesquelles>et la racine df un mot et ses désinences sont solettes également à Paitécaaon phonique» comme lealangnes sanscrites et. béhcalqnesi;.
Ces trois modes de parler» au lieu d'indiquer dea racer ditféranteS) n'accusent pour nous que trois degife prograssi& de civilisation parconnis par la race blanche^ U S" a des rameanx en setard. qui sont lestés aux langnesF monogyluUquu ou agglutinantes*
L'étude des traditions primitives auxquell^ noos allons nous livrer», démontrera l'exactitude de cette anertioué.
Noos pouvons affirmer également que le langage humain n'a pas terminé ses évolutions^ les siècles prochains ventmt nos idiomes se transformer d'après des. méthodes, plus simples» plus scientifiques et plus rationnelles..., à condition tontelois que les linguistes purs qui vanlent enfermer roii<a émission d$ pensée par L son dans un moule, ni plus ni moins qn'one brique» continuent à ne s'occuper du langage que quand il anra étédéé: