‹ La genèse de l'idée de temps [microform]Chapitre 2 sur 28 · KANTIENNE · texte numérisé non relu

KANTIENNE

I. — L'étude de Guyau sur la genèse de ridée de temps est une importante modification delà théorie évolutionniste. A l'opposé des opinions généralement admises dans l'école évolutionniste, Guyau ne fait point dépendre la perception de Tétendiie de cell^,de la durée; il admet, sinon la priorité (mm perception de l'étendue, tout au moins la simultanéité primitive des deux représentations. C'est là un point sur lequel il était utile d'insister. Les kantiens, eux, ont l'habitude d'opposer la question préalable à la plupart des

j INTRODUCTION

recherches de genèse, quand elles concerneni les notions qu'ils prétendent a priori en tani que lois nécessaires de la représentation même. Nous croyons avec Guyau, contrairement à l'opinion de Kant et même de Spencer, que le ' temps n'est pas une « forme nécessaire de toute représentation » , ni o pHori, ni a posteriori. En effet, on peut très bien concevoir qu'un animal eût des représentations sans aucune représentation du temps. Il pourrait avoir des affections de plaisir etde douleur uniquement présentes, il pourrait avoir des perceptions spatiales uniquement présentes; il pourrait se figurer tout sous forme d'étendue tangible ou visible sans mémoire proprement dite, en vivant dans un présent continuel sans passé et sansavenir. Que cetanimal se heurte à un objet te se blesse, la vue de l'objet, en reparaissant, ressuscitera l'image de la douleur, et l'animal fuira sans avoir besoin de concevoir une douleur comme future, ni l'image actuelle de la douleur comme ett succession par rapport a une douleur ;)assée. Non seulement on pourrait supprimer chez l'animal toute représentation même confuse de succession, pour le réduire à des coexistences d'images spatiales (non jugées d'ailleurs coexistantes); mais

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