‹ La Genèse de la Science des CristauxChapitre 23 sur 60 · Articles dans le J. P. et À. D.S · texte numérisé non relu

Articles dans le J. P. et À. D.S

Achard (1) aura pour but d'arriver à reconstituer par des travaux de laboratoire un grand nombre de pierres remarquables. Bergmann (2) qui a pourtant étudié de près la structure et la formation des corps cristallisés, qui a observé patiemment les clivages du spath d'Islande, qui a signalé le premier l'existence d’un polyèdre primitif limité par ce clivage (3), Bergmann refuse de faire de la forme cristalline un caractère spécifique des minéraux: il ne la considère que comme une résultante des conditions dans lesquelles les différentes pierres prennent naissance et croit qu’elle pourra nous renseigner sur l’histoire de leur formation. Sage (4) ne nie pas l'importance de la cristaliographie, il le témoigne à l’occasion ; mais il prétend que la minéralogie chimique se passe de tout secours étranger. Allons-nous voir quelques naturalistes refuser de prendre la science des cristaux en considération ; celle-ci par tous les moyens s'impose à l’attention publique.

… Demeste (5), le disciple de Romé de l'Isle, tente de coneilier encore les diverses parties de la science, en distinguant d'une manière catégorique les cristaux salins, les cristaux * pierreux, les cristaux sulfureux et les cristaux métalliques. Mais cette classification n’est qu’une façade qui cache l'indépendance absolue de la cristallographie ; pour en assurer l’unité, il prétend à nouveau qu'un principe salin, qu'il n’essaie pas de spécifier, est nécessaire pour déterminer la forme cristalline des différents minéraux, et qu’un jour, l'analyse plus précise mettra le même sel en évidence dans tous les cristaux de même forme ; quoi qu'il en soit de cette opinion, une longue étude où toutes Les variations de cristallisation du spath calcaire sont ramenées géométriquement à ne représenter que destroncatures du rnomboèdre primitif, montre du moins que les modi-

HÉSI PA178.

. Sciagraphie, 1792.

. Opuscules, 1780.

. Minéralogie, 1772.

Et & © NN

fications de la forme d'une même espèce n’empêchent pas cette forme cristalline d’être un caractère spécifique.

4. Werner (1), tout à fait indépendamment de Romé de l'Isle, publie son traité des Caractères extérieurs des fosiles. Letitre seul de l'ouvrage indiquele programme de l’auteur qui dédaigne pour des raisons expérimentales les caractères intérieurs ou chimiques, que l'on ne peut connaître qu'après une longue et minutieuse analyse détériorant les échantillons observés, et ne donnant pas dans l’état actuel de la science des renseignements suffisamment précis pour définir complètement un corps. De même, il est impossible, sauf pour quelques cas rares, comme celui des minerais de fer attirés par l’aimant, de reconnaitre un minéral par la manière dont il se comporte avec les autres corps qu'on lui présente ; nous ne devons considérer ces particularités physiques que comme des indications utiles non susceptibles de généralisation. Les caractères empyriques que les connaisseurs tirent de la manière dont les cristaux se présentent, du milieu dans lequel on les ramassent, s'ils peuvent permettre de faire des conjectures et d'éliminer un grand nombre d'hypothèses, ne permettent pas de connaître un corps par ses propriétés essentielles !

Le savant préférera donc les caractères extérieurs qui se présentent dans toutes les espèces de fossiles et dans tous les individus ; qui indiquent certainement les différences éssentielles des différentes espèces ; qui peuvent être connus et exactement déterminés ; dont la recherche facile n’exige. pas beaucoup de ne et enfin que lon’ peut découvrir sans décomposer les fossilles.

Parmi ces caractères extérieurs nous devons distinguer d'abord ceux qui frappent la vue, ensuite ceux que l’on observe par le toucher, enfin ceux que l’on ne découvre que par l'ouïe ; les premiers sont les plus importants ; les autres ne servent que de contrôle, ou de vérification.

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