‹ La Genèse de la Science des CristauxChapitre 37 sur 60 · Voir pour détails D. Mornet · texte numérisé non relu

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témoignage de leur origine ». Il ne faudra pas hésiter, «en regardant les pierres figurées de ce point de vue, d’exclure de ce genre les stalactites de toutes sortes, les pierres de Florence, certaines agathes, quelques ardoises ramifiées et une infinité d’autres ».

Mais ces pétrifications d'animaux ou de végétaux sont faites de matières minérales. Comment se sont-elles formées ? Comme les autres minéraux, quoique dans les circonstances spéciales ; leur matière est tantôt-du caillou, tantôt du cristal, de la terre, ou du métal, ete. « Le suc pierreux est chargé des parties plus ou moins grosses, pesantes, ténues ou déliées, en sorte qu'elles ne font que

s'appliquer seulement sur la surface des corps qu’elles rencontrent, ou bien elles en pénétrent l’intérieur, en passant à travers leurs pores sans que leur configuration naturelle en soit dérangée. »

Quand, donc, Barrère voudra établir la classification des pierres figurées, il ne pourra se’ dispenser de rappeler que les cristallisations régulières comme elles, leur sont chimiquement analogues. « On pourrait créer d’autres classes de pierres qui approchent en quelque sorte des pierres figurées qu'on ne doit cependant point rappeler à une même origine; ces classes comprendraient les pierres taillées à facettes, les pierres figurées extérieurement, les pierres veinées et variées avec quelque sorte de régularité. »

Les recherches nombreuses qui suivirent et qui contribuèrent à séparer définitivement la paléontologie de la minéralogie sont en dehors de notre sujet ; nous n’avons pas à parler du labeur incessant des savants, qui laissant aux oisifs les stériles discussions de principes, s’appliquèrent à reconstituer patiemment avec les documents incomplets et mutilés que sont les pétrifications, l'aspect des êtres successifs qui nous ont précédé sur le globe ; cet effort rejoint les théories de la formation de la Terre qui étaient alors en vogue ; il aboutit vers 1775 aux célèbres

Epoques de la Nature. Buffon fait la synthèse, en un langage splendide, des travaux de ces devanciers en même temps qu'il indique clairement la marche des progrès à venir. Un fait est désormais acquis à la Science ; c’est que les coquilles fossiles et la plupart des figurations sont les restes d'animaux ou de plantes dont il ne reste plus qu’à déterminer l'espèce, et qui n'intéressent pas en conséquence la science des cristallisations. Les minéralogistes qui l'ont compris sont restés systématiquement au seuil de cette nouvelle voie qui s’écartait de la leur ; ils n'interviennent que pour lutter contre certaines conceptions surannées qui en voyant dans les pierres figurées un intermédiaire entre la vie et la cristallisation, menaçaient de prolonger quelques dangereuses confusions.

Bertrand n’a-t-il pas prétendu dans ses Usages des Montagnes (1) que si « les fossiles ressemblent aux animaux ou aux végétaux, ils n’en furent cependant jamais : ils ne devaient pas en être, mais ils furent faits pour être et demeurer fossiles, et faire comme le point de réunion entre le règne minéral et les autres règnes».Ilne tient pas comme établies ces hypothèses conjecturales qu'il abandonne sans peine à qui pourra les attaquer et qui voudra les renverser. L'adversaire ne se fait pas attendre ; Guettard (2) démontrera que ces théories fantaisistes supportent à peine l'examen ; il les détruit par son œuvre. Et plutôt que de s’appesantir à justifier le bien-fondé de ses recherches, il poursuit ardemment son but et découvre de nouvelles empreintes... (3) Le dictionnaire oryetologique de Bertrand paru peu après, attribue sans discussion aux fossiles étrangers à la Terre une origine organisée, qui les distingue des fossiles naturels de Ja Terre, tels que le cristal de roche, les minerais et les stalactites, créés malgré leur régularité par le seul jeu des’ forces naturelles.

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