‹ La Genèse de la Science des CristauxChapitre 8 sur 60 · MR EE · texte numérisé non relu

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mélanges analogues ; mais on n’en doit pas conclure que ces corps contribuent à La formation des pierres : « un philosophe, au contraire, doit rejeter ces principes étrangers dès lors qu'il est sensible que sans leur concours

l'eau la plus commune dans un état de repos, quoique à Ja vérité, cette eau ne soit pas entièrement dénuée de tout

sel, se change en pierre d'elle-même ».

Borrichius est tellement sûr de ce qu'il avance, que toute autre conclusion, dit-il, choquerait jusqu'à Ia « vraisemblance ». Dès lors, ayant prévenu toutes les objections, il lui faut expliquer comment l'eau se convertit en pierres. « Gette eau ayant pénétré dans la terre, tend toujours à descendre soit par son propre poids, soit à cause de la pression de l’air. Si elle ne rencontre qu'un passage étroit, elle filtre goutte à goutte ; les molécules dont ses gouttes sont composées se rapprochent, et étant d’ailleurs toutes égales et d’une surface polie, se lient aisément les unes aux autres ; de cette sorte, si les gouttes d’eau ne sont pas poussées trop promptement par celles qui se succèdent, où si la chaleur de l’eau ne forme pas obstacle à leur coagulation, elles passent aisément de l'état de fluide à celui de solidité. »

Mais; observerons-nous, la glace est aussi une eau congelée et nous la voyons souvent se résoudre en eau ; y aurait-il donc une colle qui unit les différentes parties de l'eau pour qu'elles restent dures ? Nous pourrons nous dispenser de cette hypothèse si nous nous souvenons, comme Borrichius, que les surfaces polies de même nature s'unissent très facilement ; et alors nous. eomprendrons que plus l’eau sera chargée de matières hétérogènes, moins la pierre qui résultera de sa condensation sera compacte. La grande transparence et la blancheur du diamant ainsi que sa dureté montrent qu'il n’est formé que d’eau sans aueun autre mélange. « C’est pour cette raison que sa substance est plus ferme et plus solide que celle des autres pierres précieuses de différentes couleurs ; dans celles-ci les parties hétérogènes qui forment les couleurs

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empèchent que leurs molécules ne soient intimement unies ; le diamant, au contraire, étant parfaitement pur, . n’a rien qui ne nuise à l'exacte liaison de toutes les parties.

« ILest indifférent, une fois que l’on a compris cela, de rechercher la figure exacte des particules de l’eau ; elles sont soit crochues, soit autrement conformées. C’est une chose évidente (et cela suffit à justifier l’hypothèse) que les surfaces de ces molécules se lient aisément, et que par là elles se trouvent nécessairement disposées à prendre une forme plane. » Tout ceci est très clair, direz-vous, mais la preuve expérimentale manque ; vous voudriez savoir quand et où, il est possible d'observer la transformation de l’eau en eristal ? Borrichius a prévu votre question ; il n’a jamais institué d'expériences précises à ce sujet ; mais « il est fort tenté de croire qu’un industrieux imitateur de la nature pourrait réussir à changer l’eau en pierre dans la grotte qu’il aurait lui-même Pres à cet effet ». |

Voici encore une objection. Comment se fait-il que dans tant de grottes et cavernes naturelles l’eau distille sans se pétrifier ? Ce ne peut être, répond Borrichius, que parce que la lapidification peut éprouver différents obstacles. L'eau coule peut-être trop vite, les ouvertures par lesquelles elle suinte sont peut-être trop grandes, ou encore, un violent courant d'air ne s'opposérait-il pas à la formation des pierres ?..

Cette théorie que Fan ne peut réfuler victorieusement est-elle valable pour toutes les productions minérales ? Les cailloux et terrains qui forment les montagnes proviennent-ils de la coagulation d’une grande masse d’eau primitive ? ou existent-ils tels quels depuis la création du monde ? À vrai dire, nous n’en savons rien : aucune de ces hypothèses n'étant invraisemblable.

Uontentons-nous d’avoir établi l'origine aquatique des Stalactites et des cristaux trouvés dans le fond des rivières et de formation récente ; ajoutons encore que les pierres et calculs qui s ne drert dans le corps humain

naissent d’une manière analogue, par la filtration de sucs organiques, dans des conditions spéciales mal connues... Les déductions précédentes sont done valables pour les cas particuliers les plus divers et laissent entrevoir à la pensée d'immenses horizons ; aucun savant toutefois ne les prendra comme base de ses travaux ; après comme avant Borrichius tous rechercheront aussi comment se sont formés et à quoi sont dus les corps cristallisés ; et

tous prétendront seulement donner des solutions vrai-

semblables à un problème éternellement discutable. Quelques savants s’exprimèrent d’une manière si abstraite et si indépendante des cas particuliers observables,

que leurs théories semblent n'être destinées qu'à satisfaire

les besoins intellectuels et verbaux d’un esprit avide de tout comprendre ; voici par exemple l'explication fournie par Mathias Tillingis sur la naissance des minéraux (1) : « Toutes les fois, dit-il, que l'esprit minéral lapidifique se trouve uni à une eau minérale très pure qui ne contient aucune -terrestreité, il se forme des pierres dont les qualités diverses sont relatives à la nature de l’esprit formateur ; car c’est de cet esprit que dérivent la couleur et la forme : l’eau minérale contient certaines parties fixes et onctueuses dans un état de dissolution; de l’union de ses deux principes, il résulte une concrétion pierreuse qui acquiert avec le temps la solidité et la dureté. » Le diamant lui-même, le plus dur de tous les corps, a la même origine que les métaux, les cailloux et les cristaux.

Muralt tire l'explication satisfaisante d’un fait, d’ Deer vations directes et superficielles (2) ; aux pieds de quelques glaciers formant les flancs de certaines montagnes du \Wallais, se trouve une roche cristalline dure et transparente ; la glace durcissant peu à peu, se change donc en pierre, dit notre auteur.

Curieux.de la Nalure, 1665.

LsP:°1660:

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Le Père Lana a essayé de connaître les conditions dans lesquelles les cristaux se forment (1) ; il ne croit pas que la rosée puisse d'elle-même se transformer en cristal ; il penserait plutôt que la vapeur d'eau rencontre dans l'atmosphère des exhalaisons nitreuses ; et que ces gaz se mélangeant etse coagulant d’une manière spéciale donnent des cristaux sexangulaires.

Charles Ohmb, à propos d’un stalactite ferrugineux trouvé près d'une mine de fer, laisse entrevoir sa théorie de la formation de ces corps (2). « Il a oui-dire à un de ses amis qui demeure près de la mine, que l'on voit de l'eau se filtrer à travers les parois des cavernes de cette mine, et que c’est cette eau qui se congèle en cette sorte de pierre » ; sans discuter la valeur générale de cette opinion, il s’en sert pour expliquer les propriétés particulières de ces cristaux, « A l'égard de la transparence de ces stalactites par exemple, je crois qu'elle provient de ce que les eaux dont elles sont formées, circulant plus longtemps sous terre, ou filtrant à travers des veines analogues à celles que prépare la matière des. pierres précieuses, acquièrent un degré de pureté et d'homogénéité que n’ont pas les stalactites opaques. »

Robert Boyle (3) pense que « tous les gemmes ont été ou fluides s'ils sont entièrement transparents, ou partiellement formés de matière fluides à l’époque de leur formation s'ils sont opaques » ; pour le démontrer, l’auteur considère leur diaphanéité, leur forme éxtérieure, leur structure et leur couleur due à des exhalaisons qui ne peuvent se mélanger qu'avec des fluides purs, ou déjà mélangés eux-mêmes à des particules hétérogènes ; il croit inutile d'invoquer « un principe géométrisant » pour expliquer la constance et la régularité de certaines pierres précieuses el spécialement du cristal de roche.

Venette qui croit que les pierres s’engendrent comme

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